Une assemblée de chacals de S. Craig Zahler / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Après avoir tiré un trait sur leurs jeunesses de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du “Gang du grand boxeur” mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif. Mais un fantôme ressurgi du passé annonce qu’il compte s’inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes. La mort dans l’âme, les quatre anciens amis n’ont plus qu’à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu’ils avaient pu imaginer…

Avec ce roman, j’ai totalement repoussé mes limites en matière de littérature. Par pure curiosité, je me suis retrouvée avec ce western entre les mains. J’ai entendu beaucoup de bien de la maison d’édition Gallmeister et notamment chez le Rouquin bouquine. Ma première incursion dans cet univers m’a beaucoup plu, je dois l’avouer. Tous les codes du genre sont réunis : une bande de repris de justice, une confrontation armée sous haute tension, des décors à la Sergio Leone, des détails vestimentaires typiques et de belles chevauchées au cœur des grands espaces américains. Je me suis plutôt amusée avec cette lecture.

Dès les premières pages, le lecteur s’attend à un face à face lors d’un mariage qui aura lieu sous peu. L’auteur brode donc autour de cet événement à venir et fait monter la tension petit à petit. Ceci nous laisse le temps d’apprendre à connaitre les différents personnages qui se retrouvent après plusieurs années d’éloignement. A ma grande surprise, je me suis attachée à ces repentis assez facilement. Leur passé les a rattrapés malgré leurs efforts pour rentrer dans le rang. A noter, des détails parfois un peu gores de châtiments, d’actes de torture ou de blessures font également partie du genre. Je vous rassure, ce ne sont que quelques passages en minorité.

Ma lecture m’a plu. J’ai suivi cette histoire avec intérêt. Je me suis attachée aux quatre repentis et à leur entourage. Ces derniers apprennent à leur dépens que le passé n’est jamais loin. S. Craig Zahler a réuni tous les codes du western pour nous permettre un dépaysement et une plongée au cœur des grand espaces américains.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Gallmeister.

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Une colonne de feu de Ken Follett / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu’il connaissait va changer à tout jamais… Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu’il voulait épouser, Margery Fitzgerald. L’accession d’Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l’Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France ou la séduisante Marie Stuart – considérée comme l’héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l’un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent…

Depuis le temps que j’entendais parler de Ken Follett et de sa célèbre série de Kingsbridge, je ne pouvais décemment pas passer à côté de son dernier né. Ce dernier se lit tout à fait comme un one-shot même si quelques références facilement discernables aux tomes précédents sont faites. Je me suis plongée avec plaisir dans les 900 pages de cette fresque historique assez impressionnante. Ken Follett nous fait découvrir toute une génération de personnages, témoins et participants de luttes politiques, de tractations matrimoniales, de stratégies d’espionnages et de guerres de religion dans l’Europe du XVIe et XVIIe siècle. Nous rencontrons Mary Tudor, Elizabeth Ire, Marie Stuart, Catherine de Medicis, la terrible famille de Guise et bien d’autres noms très connus de l’Histoire. L’ensemble est ambitieux mais réussi.

Les différents personnages que nous suivons à tour de rôle nous apportent différents points de vue concernant chaque situation et chaque endroit. Le terrible massacre de la Saint-Barthélémy est surement la scène qui m’a le plus fait frémir. L’horreur et le déchaînement de haine sont très bien décrits par l’auteur. Le récit est entrecoupé de moments plus doux notamment lorsqu’une romance pointe le bout de son nez. Ce roman est un vrai page-turner. Le lecteur suit des personnages attachants dans la réalisation de l’œuvre de toute une vie auprès d’un monarque. D’autres protagonistes sont au contraire franchement détestables. A noter que le style de Ken Follett m’a semblé assez classique sans vraiment de démarcation ni d’originalité.

Cette fresque historique m’a beaucoup plu dans son ensemble. Nous sommes introduits dans les rouages de tractations politiques, d’espionnages, de guerres de religion dans l’Europe du XVIe et XVIIe siècle. C’est aussi l’histoire de toute une génération porteuse d’idées et au service des puissants. La plume assez passe-partout de Ken Follett est compensée par son talent de conteur.

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Fanny

Le jour d’avant de Sorj Chalandon / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : « Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

Le jour d’avant est ma première rencontre avec Sorj Chalandon. J’ai beaucoup aimé toute la première partie de ce roman. La mine, ses codes et sa terminologie bien particulière m’ont passionnée. Le principal protagoniste, Michel Flavent, est instantanément attachant. Nous découvrons la fosse 3 Saint-Amé de Lens-Liévin à travers ses yeux de façon émouvante et édifiante. C’est toute une époque, toute l’activité d’une ville et tout un monde qui nous sont donnés à voir. Le premier rebondissement est excellent et bien porté. Ensuite, j’ai eu l’impression de m’embourber. A mon sens, la seconde partie est moins intéressante et la beauté de ce roman se perd dans les trop longues scènes d’un jugement.

Sorj Chalandon met en scène une quête de vérité et de réhabilitation. C’est aussi le récit d’un cheminement cérébral qui fait d’un mensonge une canne pour aider à continuer à vivre. La relation entre Michel et son grand frère Jojo est bien traitée et analysée. Nous sommes témoins d’un lien fort et unique. J’ai adoré les différentes scènes de leur complicité. J’ai très facilement ressenti une certaine revendication de la part de l’auteur ainsi qu’un engagement qui rehausse un peu plus le tout. En décrivant les diverses défaillances de sécurité à Liévin, il rétablit la mémoire et redonne une voix aux 42 victimes de cette catastrophe minière trop vite oubliée.

J’ai beaucoup aimé l’immersion dans le monde et toutes les spécificités de la mine et du travail de mineur. L’intrigue principale m’a intéressée ainsi que le principal rebondissement franchement inattendu. Par contre et à mon sens, le roman s’embourbe sur la fin et notamment lors du procès du protagoniste qui ne m’a pas passionnée ni touchée.

Lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2017.

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Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull de Claire Barré / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : « Je pars pour le Dakota du Sud. Direction Amsterdam, puis Minneapolis, ou un troisième avion m’emmènera à Rapid City, ville située aux pieds des Black Hills, en plein territoire indien. Là-bas, une voiture de location m’attend. Je vais conduire jusqu’à la petite ville de Deadwood, pour y rejoindre l’hôtel que j’ai réservé en ligne, il y a quelques mois. L’établissement s’appelle le Mineral Palace Hotel & Gaming et possède son propre casino. Alors que l’avion décolle, mon esprit continue à s’interroger, à revenir en boucle sur tous les curieux événements qui m’ont poussée à entreprendre ce voyage. » Quand Sitting Bull apparaît mystérieusement dans sa cuisine, Claire, scénariste parisienne et mère de deux enfants, cherche à décrypter le sens de cette vision… Sa quête la conduit d’abord chez une chamane russe, puis auprès d’Ernie LaPointe, l’arrière-petit- fils du célèbre chef indien.

Ce livre de la rentrée littéraire m’a très rapidement fait de l’œil. Son titre ainsi que son pitch m’ont tout de suite donné envie de plonger entre les pages de cet ouvrage. Mon intuition ne m’a pas fait défaut puisque ce fut un coup de cœur. Claire Barré nous fait part du jour où sa vie à basculer. En effet, la vision de Sitting Bull dans sa cuisine va l’amener à découvrir sa prédisposition pour le chamanisme. Nous la suivons dans son parcours spirituel. Elle apprivoise ce don et apprend à s’en servir. En parallèle nous assistons à son émouvante rencontre avec le descendant de Sitting Bull, Ernie Lapointe, lors d’un voyage aux États-Unis.

Claire Barré m’a tout simplement bouleversée. Je ne suis pas du tout portée spiritualité ou religion mais avec des mots simples elle a réussi à susciter mon intérêt quant à son cheminement. Sa rencontre avec Ernier Lapointe et sa femme Sonja est franchement touchante. C’est l’occasion pour elle de rappeler l’horreur qu’ont vécu les indiens d’Amérique mais aussi d’évoquer la façon dont la tradition ainsi que les croyances ont survécu à ce massacre. Claire Barré porte un discours qui remet en perspective nos modes de vie et nos schémas de pensée. Elle m’a ouvert les yeux et fait réfléchir sur bon nombre d’éléments.

J’ai l’impression de ne pas avoir réussi à transmettre dans cet article ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre qui a remué pas mal de choses en moi. Par contre, je ne peux que vous inciter à découvrir pourquoi Claire Barré n’a pas écrit de film sur Sitting Bull car la raison est pleine de sens.

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  • Ciel d’acier de Michel Moutot
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Fanny

3 romans, 3 avis, 1 billet / Rentrée littéraire 2017

Je manque cruellement de temps pour tout chroniquer individuellement mais je souhaitais tout de même vous parler de ces trois découvertes littéraires réalisées il y a quelques semaines. Je vous laisse découvrir tout ça!

Une apparition de Sophie Fontanel

Et si arrêter la teinture et laisser pousser ses cheveux gris et blancs apportaient un vrai renouveau? C’est l’idée folle qu’a poursuivi Sophie Fontanelle. Pendant plusieurs mois, elle voit les cheveux blancs prendre le dessus sur sa teinture qu’elle entretenait obsessionnellement jusque là. Elle nous partage ses pensées lors de ce parcours, le regard d’autrui mais aussi l’envie qu’elle suscite chez d’autres femmes. Tout ceci sans pour autant porter de jugement mais plutôt comme un modèle à suivre pour se libérer d’un certain carcan. Le côté mondain (on croise Inès de la Fressange ou encore Arielle Dombasle) est surement ce qui m’a le moins plu. Ceci n’apporte rien à la réflexion intéressante et dans l’air du temps que Sophie Fontanelle développe dans son livre.

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Les maison des Turner d’Angela Flournoy

J’étais plutôt enthousiaste lorsque j’ai commencé ce livre. Dans son premier roman, Angela Flournoy nous plonge dans la vie d’une famille nombreuse afro-américaine. Le contexte me plaisait et le fait de faire intervenir le plus âgé et la plus jeune de la fratrie (qui compte treize frères et sœurs) m’a paru intéressant. J’avoue avoir assez vite décrochée avec  l’impression d’avoir survolée les 200 premières pages. L’ensemble m’a assez vite paru assez long et manquer d’un but. Depuis mon déménagement il y a un peu plus d’un mois, impossible de le reprendre. Le manque de temps et d’enthousiasme m’a clairement fait passer à autre chose. Je n’aime pas ce sentiment d’inachevé mais parfois il est impossible de passer au delà de ce blocage.

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Neverland de Timothée de Fombelle

Avec ce livre biographique pour adulte, Timothée de Fombelle s’essaie à un nouvel exercice. En un peu plus d’une centaine de pages, il part à la recherche de son enfance. Il nous partage ses souvenirs, ses sensations mais aussi ses sentiments. C’est l’occasion de faire remonter les nôtres souvent bien enfouis mais qui ne demandent qu’à refaire surface. Il nous présente l’enfance comme une bouée à laquelle se raccrocher dans nos vies d’adulte. Je dois dire que cette idée est assez réconfortante. Mon seul regret est qu’il s’agit d’un récit tellement intime que cela nous empêche parfois de totalement saisir son contenu. En effet, Timothée de Fombelle se livre complétement grâce à cette poésie qui lui est propre.

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Fanny

La serpe de Philippe Jaenada / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Un matin d’octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n’est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l’unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l’arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d’un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l’enquête abandonnée. Alors que l’opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s’exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.

Ma découverte de Philippe Jaenada avec La petite femelle s’était soldée par un coup de cœur il y a deux ans. Depuis, je trépignais d’impatience de pouvoir me plonger dans un nouvel ouvrage façonné de sa patte. La serpe n’a pas déçu mes espérances. L’auteur nous propose de rouvrir le dossier d’un fait divers se déroulant dans un château de Dordogne. Il dépoussière complétement le genre en y apportant sa touche si reconnaissable et si personnelle. En effet et comme à son habitude, il agrémente son récit d’anecdotes drôles et personnelles, il fait des apartés concernant les deux autres personnages ayant fait l’objet d’un livre (Bruno Sulak et Pauline Dubuisson) et il se raconte sur les différents lieux clés de son enquête.

A chaque fois, Philippe Jaenada me bluffe par son flair, sa maîtrise de l’art délicat du recoupement et son sens de la psychologie. Les archives, qu’il manie avec un regard neuf, n’ont aucun secret pour lui. Il nous propose même une solution qu’il déduit grâce à son cheminement et à ses déductions. Il insuffle beaucoup d’humanité et de tendresse, qu’il nous transmet, dans ses personnages. J’ai d’ailleurs découvert un protagoniste central de cette affaire, Maurice Garçon, grand avocat et connu pour sa verve. Au moment où son récit s’essouffle un peu (vers le fin, je vous rassure), Philippe Jaenada a su rattraper mon attention avec un chapitre 20 de haute volée. Il m’a émue et m’a fait frissonner.

Une nouvelle fois, Philippe Jaenada m’a totalement convaincue. Il est clairement passé maître dans l’art de rouvrir des dossiers judiciaires et de manier les archives en y instillant sa grande humanité et son sens de la psychologie qui ne sont plus à prouver. Pour l’avoir rencontré par deux fois, je peux vous assurer que l’homme qui se cache derrière ces briques est d’une gentillesse et d’une simplicité touchantes. A découvrir sans tarder!

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Fanny

Summer de Monica Sabolo / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ? Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.

J’ai lu ce roman d’une traite lors d’un voyage en train et je crois que c’était le meilleur moyen pour m’immerger dans ce récit. Le présent et le passé se mélangent dans chaque chapitre. Nous sommes parfois un peu perdus dans la chronologie. Mais pour le coup, j’ai vraiment eu l’impression d’entrer dans les rouages psychologiques et brumeux de Benjamin. Ce dernier perd pied suite à la disparition soudaine et inexplicable de sa sœur, Summer. S’en suit une descente aux enfers entre interrogations, culpabilité et secrets de famille. Les souvenirs du jeune homme se greffent à des songes. Ils refont surface à la manière de visions révélatrices. Malgré tout, la réalité et la vérité n’ont de cesse de se dérober jusqu’à la chute de cette histoire.

La disparue, pauvre petite fille riche un brin capricieuse, n’est pas un personnage des plus attachants mais j’avoue ne pas m’y être attardée. Les héros sont bien ceux qui restent et qui subissent la perte. Monica Sabolo dresse un roman assez intéressant et immersif. Elle entretien un relatif suspens en donnant des informations au compte-gouttes. La chute n’est pas des plus foudroyantes mais a le mérite de mettre en avant un phénomène souvent méconnu et tabou mais qui concerne des milliers de personnes. Le contexte du bord du lac Léman et de son eau à la fois scintillante et insondable m’a beaucoup plu et d’autant plus que j’y ai passé un weekend il y a peu. Les descriptions ont fait ressurgir mes souvenirs et mes impressions concernant ce superbe lieu.

Dans l’ensemble, j’ai adhéré à ce roman. Le personnage de Summer, la disparue, n’est pas le plus réussi. Cependant, j’ai apprécié suivre la descente psychologique de Benjamin comme sa remontée. Le contexte du lac Léman se prête très bien à cette histoire. J’ai particulièrement apprécié ce mélange de souvenirs, de songes et de visions révélatrices.Vous aimerez aussi découvrir :

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Tu seras ma beauté de Gwenaële Robert / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Lisa, une professeure de sport au physique parfait, ne perd pas de temps en grands discours. C’est une femme directe. Mais lorsqu’elle rencontre, lors d’un salon du livre, Philippe Mermoz, séduisant auteur à succès, elle pressent que sa seule beauté ne suffira pas. Elle demande à Irène, une collègue de français à l’apparence ordinaire, éprise de littérature, d’écrire à sa place quelques lettres destinées à le charmer. Irène accepte, se prend au jeu, et voilà que ses jours monotones, un peu tristes – un mari notaire, un enfant qu’elle n’arrive pas à avoir –, s’en trouvent profondément bouleversés. La correspondance s’intensifie, devient intime, se prolonge. Jusqu’à ce que Lisa, perdant patience, décide de retrouver l’écrivain pour une nuit… Irène sombre dans le désarroi. Peut-elle continuer à vivre comme avant ?

Pour son premier roman adulte, Gwenaële Robert ne s’attaque pas à l’exercice le plus simple. En effet, avec Tu seras ma beauté, elle nous propose une réécriture moderne du célèbre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. N’ayant jamais eu l’occasion de lire le roman original, j’ai parcouru un résumé détaillé avant de commencer ma lecture afin de me remémorer l’histoire. L’autrice nous propose ici un véritable hommage à la littérature ainsi qu’à l’écriture. Au fil des pages, on ressent une certaine nostalgie envers les relations amoureuses épistolaires. Gwenaële Robert signe une romance contemporaine joliment menée.

L’autrice reprend les éléments principaux de la pièce d’Edmond Rostand. Cependant et à première vue, cette réécriture me semble plus gentillette et surement moins tragique que la pièce d’origine. Malgré tout, je lui ai trouvé un charme certain et notamment grâce au personnage d’Irène et de ses pensées. On retrouve bien entendu des références à quelques dialogues de Cyrano de Bergerac. Le titre du roman fait d’ailleurs parti d’une strophe pleine de sens et qui regroupe tout l’enjeu de l’histoire originale mais aussi de ce roman-ci. Le seul bémol à mon sens réside dans la description du personnage de Lisa qui est beaucoup trop stéréotypé à mon gout.

Le premier roman adulte de Gwenaële Robert est plutôt réussi. C’est un bel hommage à Cyrano de Bergerac mais aussi à la littérature et à l’écriture en général. A mon sens, il ne manque plus que davantage de subtilités dans les descriptions de certains personnages pour optimiser tout le potentiel de l’autrice. Je continuerais de suivre les parutions de cette dernière, c’est certain!

Merci Gwenaële de m’avoir fait parvenir votre dernier roman.

Sortie le 24 août 2017.

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