La poursuite de l’amour de Nancy Mitford

Résumé de l’éditeur : Désireuses de conquérir leur destin, deux jeunes aristocrates anglaises aspirent à l’amour comme elles s’éprendraient d’un rêve. Tandis que l’une se précipite vers le mariage avec fougue, la seconde guette patiemment l’élu qui viendra bouleverser sa vie. Dans le trouble de l’avant-guerre débute alors un long apprentissage sinueux et passionné, à jamais universel.

Suite à mon excellente lecture de Ces extravagantes sœurs Mitford d’Annick Le Floc’hmoan, j’ai toute de suite voulu lire ce roman phare de Nancy Mitford. J’ai découvert un récit riche et plus profond qu’il n’y parait. Le contexte de la Guerre d’Espagne et de la Seconde Guerre mondiale (il est question de Dunkerque, de la capitulation de la France et de bombardements) est en toile de fond. Nous faisons la connaissance de Fanny (la narratrice) et Linda, deux jeunes filles de l’aristocratie britannique. Une naïveté forgée par leur éducation se dégage d’abord d’elles. Elles rêvent d’amour parfait et ne sont pas préparées à affronter la réalité. Elles vont apprendre à leur dépens qu’elle est souvent beaucoup plus compliquée. Éclairée de ce qui a précédé, la chute de cette histoire est d’une mélancolie saisissante.

Je suis très heureuse d’avoir lu la biographie très détaillée d’Annick Le Floc’hmoan avant de m’attaquer à l’œuvre de Nancy Mitford. Elle m’a permis de relever tous les détails autobiographiques. Ils sont très nombreux dans certains personnages, certaines situations et dans les convenances de la vie aristocratique et mondaine britanniques. Nancy est pleine de surprise car sans que l’on s’y attende un certain cynisme et une ironie font leur apparition. Son ton est parfois mordant. On se rend vite compte qu’elle pose un regard assez dur sur sa classe sociale et sur sa propre éducation.  Au fil des pages, les multiples facettes de ce roman lui font gagner en profondeur. La poursuite de l’amour contient des scènes très drôles (celle du labrador dans un bateau est excellente).

J’ai beaucoup aimé ce roman. Derrière l’humour et la plume acérée de Nancy Mitford, se cache la réalité bien moins reluisante de grandir au sein de l’aristocratie britannique. Fanny et Linda font leur entrée dans le monde sans grande connaissance de ce qu’est d’être adulte dans leur sphère sociale. C’est un roman finalement profond et empreint d’une certaine mélancolie sur la fin.

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Fanny

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Avec vue sur l’Arno de E. M. Forster

Résumé de l’éditeur : Miss Bartlett ne s’en remet pas : pour son premier voyage à Florence, sa jeune cousine Lucy devait bénéficier d’une chambre avec vue. Comment la tenancière de leur pension a-t-elle pu si cruellement les décevoir ? Tandis que la jeune fille et son chaperon accusent ce terrible coup, M. Emerson et son fils George, également pensionnaires, ont l’impertinence de proposer leurs propres chambres, qui, elles, ont vue sur l’Arno. Son éducation prévient Lucy contre les Emerson, mais son instinct lui suggère que le mal n’est pas grand… Avec finesse et humour, E. M. Forster livre ici une délicieuse satire des préjugés et convenances ridicules qui contraignent les affinités naturelles. Au monde terne et étriqué de la bienséance, côté cour, s’oppose l’évasion promise par cette fameuse vue. Le récit du combat intérieur que mène Lucy pour dépasser ce confinement et affirmer ses désirs est une ode délicate et sensible à la liberté.

J’avais hâte de pouvoir découvrir ce grand classique de la littérature britannique contemporaine. Je ne regrette pas une seconde d’avoir ouvert ce roman tant il m’a plu par bien des aspects. L’histoire s’ouvre à Florence où nous faisons la connaissance de la jeune et vive d’esprit Lucy Honeychurch accompagnée de son chaperon, Charlotte Bartlett. Dans une première partie, E. M. Forster laisse le lecteur se faire sa propre idée à propos de l’héroïne. Il insinue beaucoup et pousse le lecteur à lire entre les lignes. Il donne ensuite les tenants et les aboutissants de la pensée de Lucy. Cette dernière est pleine de réflexion et d’observation sur sa condition de femme de l’époque édouardienne encore très empreinte de toutes les convenances et de la rigidité de l’ère victorienne.

E. M. Forster n’hésite pas à utiliser l’ironie pour décrire son temps, ses convenances parfois désuètes et le face à face entre l’ancienne et la nouvelle génération. C’est avec humour qu’il nous décrit diverses situations et fait intervenir des personnages truculents mais aussi détestables pour certains. J’ai beaucoup aimé suivre le glissement de la psychologie de Lucy imposée par son éducation vers une émancipation. Elle découvre son libre-arbitre et sa capacité à réfléchir par elle-même malgré toutes les barrières que son entourage tente de dresser autour d’elle. C’est une héroïne à la fois moderne mais aussi très humaine de par ses peurs. Je tenais également à noter les très belles descriptions de l’Italie qui m’ont complétement immergée dans ce beau pays.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman qui nous dépeint une héroïne et une époque finement analysées par l’auteur entre l’Italie et le Royaume-Uni. Suivre Lucy permet de se rendre compte de la difficulté d’être une jeune fille puis une femme au début du XXe siècle. Avec vue sur l’Arno a beaucoup de charme et mérite vraiment d’être lu.

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Fanny

Des period dramas en pagaille! #7

Howards end (4 épisodes, 2017, BBC)

Il s’agit d’une adaptation d’un roman d’E. M. Forster. N’ayant pas lu l’œuvre en question, je ne pourrais pas dire si elle est fidèle mais toujours est-il que j’ai passé un très bon moment. Cette mini-série est élégante et franchement réussie. Le suspens autour de la demeure d’Howards end est bien entretenu. On ne la découvre pas tout de suite, ce qui la rend d’autant plus attrayante. L’ambiguïté du personnage de Henry Wilcox est toujours présente. Il est parfois un peu difficile à cerner. Cependant, j’ai été très heureuse de retrouver une nouvelle fois Matthew Macfadyen sur le petit écran. Les deux actrices choisies (Hayley Atwell et Philippa Coulthard) pour jouer les deux sœurs Schlegel sont parfaites. Leur complicité est flagrante et touchante. Comme souvent avec les period dramas britanniques, il faut noter les costumes et les décors très réussis.

The last post (Saison 1, 6 épisodes, 2017, BBC)

J’ai découvert cette nouvelle série de la BBC sur le forum Whoopsy Daisy que je fréquente assidument. Bien que ce ne soit pas un coup de cœur, il s’agit tout de même d’un très bon visionnage. Nous sommes introduits dans une base militaire britannique du Yémen en 1965. Nous découvrons la vie civile (maritale et familiale) mais aussi militaire qu’y mène toute une équipe de la Royal Military Police. La tension s’intensifie d’épisode en épisode. Les négociations et autres discussions avec les terroristes nous sont dévoilées. C’est aussi la difficulté du cadre militaire et sa rigidité qui nous sont montrées. Le cadre spatio-temporel m’a beaucoup plu car je ne le connaissais pas du tout. J’ai beaucoup aimé le personnage de Jessie Buckley (Honor) qui se rend compte qu’être épouse d’un militaire est loin d’être une partie de plaisir et encore moins en mission dans une zone de conflit.

The marvelous Mrs Maisel (Saison 1, 8 épisodes, 2017, Amazon)

Quelle agréable surprise que cette nouvelle série signée par les créateurs de Gilmore Girls! The marvelous Mrs Maisel se déroule dans le New-York des années 50 au sein d’un couple juif. Du pilote jusqu’au dernier épisode, tous les détails sont soignés : les dialogues, la mise en scène, les décors intérieurs (mention spéciale pour la reconstitution d’un grand magasin) et extérieurs, les costumes. Des clins d’œil aux comédies musicales, au théâtre mais aussi au stand up sont à noter. Les réalisateurs ont su apporter un style et une identité bien particuliers à l’ensemble. Cette série contient son lot de scènes très drôles avec une répartie assez incroyable. Des références à Gilmore Girls sont aussi très facilement détectables. Nous suivons l’émancipation de Miriam avec beaucoup d’intérêt et ce n’est pas une mince affaire! Son père est également un personnage très attachant.

A venir dans de prochains numéros

         

Fanny

Quelques souhaits littéraires (et bloguesques) pour 2018

    

    

Je vous retrouve aujourd’hui avec un article afin de vous faire part de quelques orientations que j’aimerais suivre pour l’année 2018. Ce ne sont pas des résolutions car je ne les tiens jamais. Il s’agit plutôt d’un chemin que j’aimerais suivre. C’est parti!

  1. Lire davantage en anglais. Grâce à mes nombreux visionnages de films et séries en version anglaise sous-titrée en anglais, j’ai fait beaucoup de progrès dans la lecture de cette langue. Je lis déjà quelques romans par-ci par-là mais j’aimerais aller plus loin. Vous devriez donc voir passer davantage de livres dans la langue de Shakespeare au cours des mois à venir.
  2. Reprendre mon challenge personnel d’un Agatha Christie par mois dans l’ordre chronologique. J’ai laissé tomber en septembre 2017 par manque de temps. Je compte reprendre ce mois-ci avec le 9e roman de la Reine du crime : Le train bleu.
  3. Réussir les challenges auxquels je me suis inscrite sur le forum Whoopsy Daisy. J’aime beaucoup participer à ce genre de défi là-bas. Le forum permet d’échanger directement et de s’encourager. Pour l’année 2018, je me suis inscrite à un challenge autour des Miford, un second autour de Virginia Woolf et ses amis et un troisième autour de la maison d’édition Persephone Books (niveau Miss Pettigrew avec 3 livres).
  4. Reprendre la rédaction d’articles autour des period dramas. J’ai fait l’amer constat qu’aucun n’était paru en 2017. Au vu des likes et des commentaires, ce sont des posts qui vous ont beaucoup plu en 2016. Je vais donc reprendre du service. Le numéro 7 de « Des period dramas en pagaille! » est d’ailleurs déjà prêt.

J’espère que vous serez encore nombreux à suivre mes aventures littéraires cette année!

Fanny

[Les photos sont de moi. Les filtres Instagram sont magiques!]

Tops / flops – Bilan de l’année 2017

La tempête rugit dehors. Les vacances donnent du temps pour soi. Je vous propose de faire le point sur l’année 2017. Cette dernière a apporté son lot de petits bonheurs et de grands malheurs. La vie est souvent faite comme ça. Malgré tout, il faut aller de l’avant et voir le positif. Il y en a eu pas mal, et heureusement! Un superbe séjour en Suisse, des ballades au bord du canal, des sorties en tout genre, des retrouvailles en famille, l’obtention d’un concours de la fonction publique, un déménagement et bien d’autres choses encore. Je ne suis jamais vraiment prête à affronter une nouvelle année mais advienne que pourra!

Maintenant, place au tant attendu tops et flops de l’année 2017! J’espère vous faire découvrir quelques ouvrages.

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Contrairement à l’année dernière où mon classement contenait une majorité d’auteurs francophones, les auteurs anglo-saxons ont eu la part belle en 2017. Cette année, des ouvrages m’ont bousculée et fait réfléchir comme L’immeuble Christodora de Tim Murphy, Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull de Claire Barré ou encore Brooklyn follies de Paul Auster. D’autres m’ont embarquée dans de belles aventures avec notamment le premier tome du Paris des merveilles de Pierre Pevel ou encore Frenchman’s creek de Daphne du Maurier. J’ai également suivi le destin de beaucoup de jeunes filles dans Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh, Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, Si j’avais su que tu deviendrais si belle, je ne t’aurais jamais laissée partir de Judy Chicurel, Lettres choisies de la famille Brontë et Avec vue sur l’Arno d’E. M. Forster. Cette année, j’ai surtout découvert la fratrie Mitford avec Ces extravagantes soeurs Mitford de Annick Le Floc’hmoan, La poursuite de l’amour de Nancy Mitford et Rebbelles Honorables de Jessica Mitford. Le cru 2017 me laisse un goût agréable d’accomplissement.

flops littérature

                        

Avec 80 lectures au compteur pour l’année 2017, il est impossible de passer à côté de quelques déceptions. La porte du ciel de Dominique Fortier m’a laissée totalement indifférente. L’appel de Portobello road de Jérôme Attal m’a ennuyée. Pourtant quel coup de cœur j’avais eu avec l’un de ces romans (Les jonquilles de Green Park) en 2016! Miniaturiste de Jessie Burton et Deux sœurs d’Elizabeth Harrower m’ont laissé un goût d’inachevé. Fait très rare chez moi, je n’ai pas réussir à terminer deux romans. Il s’agit de La maison des Turner d’Angela Flournoy et Captive de Margaret Atwood.

BD

              

Le constat est encore une fois sans appel pour l’année 2017 : je lis toujours peu de bande dessinée et autre roman graphique. Je suis pourtant certaine que je passe à côté de jolies pépites. Quatre ouvrages ont tout de même su retenir mon attention, ce qui n’est pas si mal. Les deux tomes de Culottées sont excellents et inspirants. J’ai beaucoup apprécié les dessins et l’humour du roman graphique sur Agatha Christie. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le voyage dans la station spatiale internationale de Thomas Pesquet en 2016 et 2017. Je ne pouvais donc pas passer à côté de Dans la combi de Thomas Pesquet signé Marion Montaigne. Quel régal! J’ai appris autant que j’ai ri.

period drama

              

    

Le visionnage de period-dramas à, encore une fois, jalonner mon année 2017. Je souhaitais vous présenter les six qui se démarquent vraiment. To walk invisible m’a permis de mettre des images sur le quotidien des sœurs Brontë et de leur entourage. J’ai retrouvé avec grand plaisir mon enquêteur britannique préféré, Endeavour Morse, pour une quatrième saison de haute volée. Decline and fall est à mourir de rire. Quel bon moment et quelle pépite! Cette adaptation m’a donné envie de découvrir le roman d’origine d’Evelyn Waugh. Anne with and E m’a beaucoup plu. Cette petite fille est si attachante et si vive. Je ne présente plus Dunkerque, film à grand succès et qui a fait beaucoup parler de lui. Il a d’ailleurs fait mouche me concernant. Coup de cœur parmi les coups de cœur, The marvelous Mrs Maisel (par les réalisateurs de Gilmore Girls) a été une vraie surprise et un délice de bout en bout. Je ne peux que vous la conseiller!

Je vous souhaite une merveilleuse année 2018. Quelle soit pleine de découvertes en tout genre et d’épanouissement. Quant à moi, je vous dis à très vite pour toujours plus d’échange!

Fanny

Bilan de mes lectures : DECEMBRE 2017 ~ Lectures à venir : JANVIER 2018

Pour bien finir l’année 2017, je n’ai lu que de très bons livres. Je ne me vois pas faire autrement que de donner des coups de cœur à tout le monde tellement chaque titre m’a touchée d’une certaine manière. En décembre, j’ai suivi l’éveil de la conscience de Lucy entre l’Italie et le Royaume-Uni, j’ai découvert la plume décapante de Nancy Mitford, j’ai suivi les aventures humaines de Nathan et Tom, j’ai lu Jessica Mitford me raconter sa vie et ses convictions et j’ai plongé dans l’univers toujours plus sombre d’Harry Potter.

Nombre de livres lus : 5

Nombre de pages lues : 2339


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Avec vue sur l’Arno d’E. M. Forster, éd. Robert Laffont, 368 p.

Ce roman nous dépeint l’éveil du libre arbitre de Lucy mais aussi de sa conscience à l’encontre de son éducation et de son extraction sociale. C’est aussi le face à face entre deux générations qui se joue. L’auteur insinue beaucoup et pousse le lecteur à lire entre les lignes. Un roman au charme certain entre l’Italie et le Royaume-Uni.

5/5

La poursuite de l’amour de Nancy Mitford, éd. 10/18, 256 p.

Ce roman nous propose de découvrir le passage brutal de l’enfance à l’âge adulte de deux jeunes filles de bonne famille britannique. L’humour de l’ainée de la fratrie des Mitford est décapant. Certaines scènes sont franchement drôles. Il y a beaucoup de Nancy et de sa famille dans ce livre, ce qui le rend d’autant plus touchant.

5/5

Brooklyn follies de Paul Auster, éd. Babel, 363 p.

Je suis tellement heureuse d’avoir retrouvée mon auteur favori. J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire. Une fois les personnages et le contexte bien mis en place, je me suis tout simplement régalée. A travers ces pages, on ressent toute l’humanité de Paul Auster mais aussi son amour pour son quartier, Brooklyn.

5/5

Rebelles honorables de Jessica Mitford, éd. Les belles lettres, 312 p.

Quelle vie, mais quelle vie! Jessica est surement la personne que j’admire le plus au sein de la fratrie des Mitford. C’est une femme aux convictions fortes et au parcours extra-ordinaire. Elle nous raconte son histoire avec humour et recul. Les dernières pages sont déchirantes. Une femme inspirante et un modèle à suivre!
5/5

Harry Potter et l’Ordre du Phénix de J. K. Rowling, éd. Folio junior, 1040 p.

Quel régal de retrouver cette bulle et cet univers si familier! L’oppression mais aussi la lutte contre celle-ci se mettent doucement en place. La tension toujours latente de ce tome le rend encore plus sombre que les précédents. Plein d’élément se noue et se joue ici. Vivement la suite!
5/5

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN JANVIER

         

    

Je vous souhaite un très bon mois de janvier et une belle année 2018!

Fanny

Je te dois tout le bonheur de ma vie de Carole d’Yvoire

Résumé de l’éditeur : Dans un récit inédit, vivant et abondamment illustré, Carole d’Yvoire raconte les premières années et la rencontre de deux êtres fascinants : Virginia Stephen et Leonard Woolf, dont l’union sera symbolisée en 1917 par la naissance de la maison d’édition Hogarth Press. Sont ainsi célébrés dans ce texte émouvant une période activité artistique foisonnante et ceux qui, face au tragique, choisissent l’affirmation de la vie, d’une « vie intense et triomphante ».

Dès sa sortie, ce livre a rejoint ma bibliothèque. Cela fait longtemps que je souhaitais en apprendre davantage à propos de Virginia Woolf notamment grâce au forum Whoopsy Daisy. Pour quelqu’un ayant une grande connaissance du sujet, ce livre n’apportera pas forcément beaucoup d’élément. Me concernant, je partais pratiquement de zéro. Carole d’Yvoire propose un ouvrage permettant d’aborder facilement Virginia et Leonard Woolf. En un peu plus de 150 pages, c’est une belle biographie mais aussi une analyse fine du couple Woolf qui se déroulent sous nos yeux. Elle rétablit également la vérité face aux exagérations et aux fantasmes que Virginia Woolf a suscité.

J’ai beaucoup appris et notamment sur Leonard. Le récit de ses premières années d’adulte à Ceylan m’ont passionnée. Leur union n’était pas si évidente que cela et pourtant, ils vont savoir surpasser les difficultés pour s’entendre. Carole d’Yvoire s’arrête volontairement assez rapidement après leur mariage. Elle fait également un petit point sur le succès de la Hogarh Press, maison d’édition et imprimerie du couple. Les différentes photos, reproductions de tableaux ou images sont une vraie valeur ajoutée et aident à se représenter les différents membres du Bloomsbury group. L’objet-livre est superbe. C’est un bel écrin à cet hommage à Virginia et Leonard.

Comme vous l’avez compris, cet ouvrage m’a convaincue de bout en bout. J’ai beaucoup aimé découvrir ce couple. Pour ne rien gâcher, Carole d’Yvoire propose une analyse fine en parallèle de la biographie pure. Le Père-Noël m’a apporté le journal intégral de Virginia Woolf. Il n’y a plus qu’à se plonger dans les 1500 pages de ce récit!

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Duras, Beauvoir, Colette. Trois filles et leurs mères, biographies romancées de Sophie Carquain
  • Lectures intimes de Virginia Woolf
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Fanny

Une bonne école de Richard Yates

Résumé de l’éditeur : Septembre 1941, Connecticut. À la Dorset Academy, un campus sélect tout de vieilles pierres et de pelouses géantes, on entend former les fils de la haute bourgeoisie – parents et enseignants répètent à l’envi que c’est une « bonne école ». Pourtant, à son arrivée à l’internat, William Grove découvre l’envers du décor : lui, le fils nerveux d’un couple divorcé, se retrouve projeté dans un climat de « libido à l’état pur », ou les garçons les plus populaires règnent en maîtres. Même les professeurs ressemblent à des lions en cage – en particulier Jack Draper, invalidé par la polio, témoin impuissant de la liaison qu’entretiennent au grand jour sa femme et le prof de français. Et puis il y a Edith Stone, le fantasme de tous les élèves, qui est prête à vivre son premier amour…

C’est toujours avec enthousiasme que je commence un Richard Yates. Une bonne école est son avant-dernier roman. Dès les premières pages, celui-ci m’a déroutée et surprise. Nous sommes introduits dans un pensionnat pour garçons perdu dans la campagne américaine. L’auteur nous dépeint un portrait au vitriol, réaliste et parfois cruel de ces établissements où les rivalités, les humiliations et les petits ou grands drames sont courants. L’ambiguïté réside dans la nostalgie qui transparait parfois. Ceci est surement du à une forte part d’autobiographie car il faut savoir que Richard Yates a fréquenté une institution semblable dans le Connecticut.

Le lecteur assiste presque à un huis-clos où les élèves sont livrés à eux-mêmes et doivent faire leurs armes. C’est parfois un peu violent, glauque et inquiétant. Les professeurs sont à la fois à la traine et franchement névrosés. Ils ne semblent pas vraiment à la hauteur de la fragile réputation de cette école. Le monde extérieur et la Seconde Guerre mondiale font quelques incursions. Ce conflit parait d’abord lointain et irréel. En touchant certains élèves, il finit par devenir le sujet de toutes les conversations. Les éléments autobiographiques sont très nombreux. On les reconnait notamment en William, le principal protagoniste.

Ce court roman est assez particulier et différent de ce que j’ai pu lire précédemment avec Richard Yates. J’ai ressenti un réel intérêt à son égard mais il m’a laissée perplexe par son ambiguïté latente. J’ai surement oublié de parler de plusieurs éléments mais j’avoue que mon ressenti reste flou. Je serait curieuse de connaitre d’autres avis pour en discuter.

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Vous aimerez aussi découvrir d’autres romans de Richard Yates :

  • Un dernier moment de folie, nouvelles oubliées
  • Un destin d’exception
  • Un été à Cold Spring

Fanny

Captive de Margaret Atwood

Résumé de l’éditeur : 1859. Grace Marks, condamnée à perpétuité, tourne lentement en rond dans la cour d’un pénitencier canadien. À l’âge de seize ans, elle a été accusée de deux meurtres horribles. Personne n’a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné trois versions des faits, elle s’est murée dans le silence : amnésie ou dissimulation ? Le docteur Simon Jordan, jeune et prometteur spécialiste de la maladie mentale, veut découvrir la vérité. Il obtient l’autorisation de rencontrer Grace, de la faire longuement parler… Avec lui, la prisonnière va dévider le terrible fuseau de ses souvenirs : son enfance irlandaise, l’agonie de sa mère sur le bateau qui les emmène au Canada, ses emplois de domestique, la mort de sa seule amie… À écouter ce récit, Grace ne semble ni démente ni criminelle, et pourtant, que sont ces troublants rêves qu’elle cache à Jordan : cauchemars, hallucinations ou réminiscences d’actes monstrueux ?

Margaret Atwood a le vent en poupe ces derniers mois grâce notamment à La servante écarlate. Avec Captive, j’ai souhaité découvrir un autre de ses romans peut-être un peu moins connu. Je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, je suis ressortie frustrée de cette lecture et un brin déçue. Le sujet est, en soi, très intéressant. Margaret Atwood reprend un fait divers canadien de la première moitié du XIXe siècle. Deux points de vue nous sont proposés. D’abord celui de Simon Jordan, jeune médecin et chercheur sur la maladie mentale, puis celui de Grace Marks, accusée de deux meurtres et enfermée dans un pénitencier. Une relation, parfois ambiguë, se noue entre les deux personnages principaux.

Le sujet, le cadre spatio-temporel et les personnages sont, de prime abord, passionnants. Malheureusement et très vite, la lassitude m’a envahie. L’ensemble est monotone malgré l’alternance de deux points de vue, la division en plusieurs parties et l’utilisation de différents schémas (la coupure de presse, la déposition, le récit pur, etc.). Généralement, j’aime les longs romans mais celui-ci m’a paru interminable. D’ailleurs, j’avoue avoir lu les 150 dernières pages en diagonale pour connaitre le destins de nos deux protagonistes. Je suis déçue car c’est tout à fait le genre de roman qui pourrait provoquer un coup de cœur chez moi ou tout du moins m’apporter un bon moment de lecture. C’est donc un rendez-vous manqué avec Margaret Atwood.

Le sujet, le contexte et les personnages sont intéressants. Malheureusement, l’ensemble m’a paru long et monotone. Je ressors donc déçue de cette lecture qui promettait pourtant beaucoup. La servante écarlate m’attend gentiment dans ma pile à lire. J’espère adhérer à l’élan général qui entoure ce roman.

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Vous aimerez aussi découvrir :

  • 10 jours dans un asile de Nellie Bly
  • Harriet d’Elizabeth Jenkins
  • La cuisinière de Mary Beth Keane

Fanny

Bilan de mes lectures : NOVEMBRE 2017 ~ Lectures à venir : DÉCEMBRE 2017

Avec un peu de retard (mieux vaut tard que jamais), je vous retrouve avec le bilan de mes lectures du mois de novembre. J’ai beaucoup lu. Le froid et le mauvais temps sont propices à se blottir sous un plaid pour parcourir un livre. C’est toujours un réconfort lorsque les journées raccourcissent de pouvoir s’évader par ce biais. Le mois dernier, j’ai donc vécu la terreur chez les Mintz, j’ai appris à connaitre Virginia et Leonard Woolf, j’ai vu le passé rattraper des repentis, j’ai été témoin de la vie dans un pensionnat américain pour garçons, j’ai écouté l’histoire de Grace et j’ai plongé au cœur du voyage spatiale de Thomas Pesquet.

Nombre de livres lus : 9

Nombre de pages lues : 2507


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Fais-moi peur de Malika Ferdjoukh, éd. l’École des loisirs, 382 p.

Quel bonheur de retrouver la fantaisie de Malika Ferdjoukh! Cette dernière possède un vrai don pour faire passer des messages tout en distillant un humour si singulier. Nous sommes introduits dans un thriller jeunesse où la chaleureuse maison des Mintz est la proie d’un personnage glaçant et antisémite. Un très beau roman plein de sens.

4,5/5

Je te dois tout le bonheur de ma vie de Carole d’Yvoire, éd. Le livre de poche, 224 p.

J’ai beaucoup aimé ce bel objet-livre qui renferme une biographie et une fine analyse du couple Woolf. Carole d’Yvoire s’arrête volontairement rapidement après leur mariage. Elle rétablit la vérité face aux exagérations et fantasmes que Virginia Woolf a suscité. Les différentes photos, reproductions de tableaux ou d’images sont une vraie valeur ajoutée

5/5

Une assemblée de chacals de S. Craig Zahler, éd. Gallmeister, 365 p.

Ce western fut une parenthèse hors des sentiers battus pour moi. Je dois dire que ma lecture m’a plu. Je me suis attachée aux quatre repentis et à leur entourage. S. Craig Zahler a réuni tous les codes du western pour nous permettre un dépaysement sous haute-tension et une plongée au cœur des grand espaces américains.

4/5

Le château des étoiles, Tome 1 : La conquête de l’espace de Alex Alice, éd. Rue de Sèvres, 64 p.

Ce premier tome est très sympathique. Il pose déjà des jalons assez précis pour la suite de l’histoire. Entre humour et sérieux, le lecteur y trouve tout à fait son compte. Les dessins à l’aquarelle sont superbes. Ils donnent une vraie identité à cette série et sont tellement beaux à regarder.
4/5

Save me Pythie, Tome 5 d’Elsa Brants, éd. Kana, 176 p.

Ce dernier tome est une vraie déception. J’ai adoré les quatre précédents opus avec lesquels je me suis beaucoup amusée. La chute est un peu expéditive et aurait mérité d’être un peu plus approfondie à mon sens. Je n’ai pas retrouvé l’humour et l’espièglerie si particuliers à Elsa Brants. Dommage!
2/5

Les mémoires de Vanitas, Tome 1 de Jun Mochizuki, éd. Ki-Oon, 242 p.

Des personnages attachants, une bonne dose de mystère, du rythme et un peu de fantastique, voilà le contenu de ce manga. Ce premier tome est assez épais et permet déjà de bien entrer dans l’histoire. Jun Mochizuki a su insérer de l’humour notamment par le biais du personnage de Vanitas.
4/5

Une bonne école de Richard Yates, éd. Robert Laffont, 216 p.

Ce roman paru en 1978 est tout en nuance et en ambiguïté. Richard Yates oscille sans cesse entre nostalgie des pensionnats américains pour garçons et critique au vitriol de ces institutions. La Seconde Guerre mondiale est toujours en toile de fond. La part d’autobiographie est très importante.
4/5

Captive de Margaret Atwood, éd. Robert Laffont, 630 p.

Ce roman de Margaret Atwood est une déception.  Le sujet, le contexte et les personnages sont passionnants. Les études sur la psychologie sont en plein boom en cette fin de XIXe siècle. Malheureusement, l’ensemble est trop long et franchement monotone. J’avoue avoir lu les 150 dernières pages en diagonale.
2,5/5

Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne, éd. Dargaud, 208 p.

J’ai tout simplement adoré cette bande-dessinée. Il faut dire que je n’en attendais pas moins de Marion Montaigne. Cette dernière possède le talent de nous faire découvrir un sujet scientifique, ici l’entrainement puis le voyage sur la station spatiale internationale de Thomas Pesquet, avec beaucoup d’humour mais aussi d’informations.
5/5

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN DÉCEMBRE

    

     

Je vous souhaite un très bon mois de décembre et de très belles fêtes de fin d’année!

Fanny