Des period dramas en pagaille! #8

Little women (3 épisodes, 2017, BBC)

J’ai regardé cette mini-série il y a quelques semaines. J’ai passé un très bon moment. Chaque actrice m’a paru très bien interpréter la sœur March (et ses caractéristiques propres) qui lui était attribuée. Maya Hawke est particulièrement remarquable dans sa façon de jouer une Jo tellement attachante, indépendante et en avance sur son temps. Elle sort du lot et m’a fait forte impression. Quel talent! Les autres sœurs ne sont pas en reste. J’ai aimé redécouvrir la douceur de Meg, le fort caractère d’Amy et la timidité maladive de Beth. J’ai apprécié le style assez simple et épuré de l’ensemble qui rehausse un peu plus le charme de cette histoire. La moral m’a paru édulcorer comparé au livre pour se concentrer davantage sur les personnages, les rebondissements et la vie aux États-Unis pendant la guerre de Sécession, ce que j’ai apprécié. J’avoue avoir un attachement particulier pour ce récit car mon papa me le lisait lorsque j’étais petite (en relisant le roman bien plus tard, je l’ai trouvé très moralisateur). Cette adaptation m’a aussi rappelé de bons souvenirs.

Darkest hour avec Gary OldmanKristin Scott Thomas et Lily James (2018)

Pour sa dernière apparition sur grand écran, Gary Oldman a fourni un travail d’acteur impressionnant afin de porter le rôle d’un mastodonte de l’Histoire, Winston Churchill. Il est méconnaissable (à part ses yeux), même les gros plans ne montrent rien du maquillage. Clementine est également bien campée par Kristin Scott Thomas, élégante, clairvoyante et possédant une place importante de conseil et de soutien. Le seul bémol du casting réside à mon sens en Lily James que ne crève pas l’écran et surjoue un peu. On nous présente un Churchill humain, attachant et drôle avec des choix franchement difficiles à faire. Ce film permet de découvrir les origines des réparties les plus connues du vieux lion et de les remettre dans leur contexte. La tension monte de minute en minute. On se prend facilement au jeu (même si tout n’est pas historiquement tout à fait respecté) de suivre Winston Churchill dans son quotidien, dans son accession au 10 Downing Street et dans ses tentatives pour sortir les soldats anglais de la poche de Dunkerque et de ne surtout pas plier devant le fascisme. L’esthétique est assez travaillé et agréable à regarder.

Goodbye Christopher Robin avec Domhnall Gleeson, Margot Robbie et Will Tilston (2017)

Ce film retrace l’histoire de la création de Winnie l’Ourson par Alan Milne. Je ne connaissais pas du tout ce dernier, j’ai donc suivi ce récit avec beaucoup d’intérêt. Domhnall Gleeson (Alan Milne), Margot Robbie (Dorothy Milne) et le tout jeune Will Tilston (Christopher Milne) jouent tous très bien et forment une famille souvent discordante. On découvre un Alan Milne souffrant de troubles post-traumatiques suite à sa participation à la Première Guerre mondiale. Son difficile rapprochement avec son fils va vite débloquer sa créativité et l’amener à inventer Christopher Robin (inspiré de son propre fils) et l’univers de Winnie l’Ourson. On découvre ici les origines de ce récit jeunesse dans l’intimité vers une véritable success-story mondiale. Le fils Milne est utilisé pour assurer la promotion, ce qui aura une forte incidence sur sa construction en tant que jeune homme et sur sa quête d’identité. La réalisation est assez classique. Certains plans sont tout de même très beaux. C’est un film tout en sensibilité qui analyse finement l’enfance et tout ce qui se joue à ce moment de la vie.

A venir dans de prochains numéros

         

Fanny

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Rebelles honorables de Jessica Mitford

Résumé de l’éditeur : Jessica Mitford a décidé de l’écriture de ce livre à son retour dans la maison de sa mère en 1955, après vingt ans d’absence. « Sur les vitres des fenêtres, on pouvait voir encore les svastikas gravés dans le verre avec une bague en diamant, et pour chaque svastika, une faucille et un marteau soigneusement dessinés. Ma soeur Unity et moi les avions gravés quand nous étions enfants. » Cet étrange vestige de l’enfance donne accès à une réflexion sur les ravages concomitants produits par les familles, sur le mélange de rébellion et de sens de l’honneur qui a permis à Jessica Mitford de faire résonner dans le titre héréditaire d’honorable les tourments et les bonheurs de sa vocation d’écrivain. Émouvant et attachant, ce livre offre une réflexion ironique sur la passion « totalitaire » d’une famille aristocratique anglaise. Ce récit autobiographique de la plus rebelle d’entre les soeurs Mitford révèle une période cruciale du XXe siècle à travers leurs destins contrastés.

A force de vous partager mes lectures autour de la famille Mitford, j’espère ne pas vous agacer mais plutôt attiser votre curiosité. C’est pourquoi je vous présente aujourd’hui la passionnante autobiographie de Jessica Mitford. Cette dernière est la cinquième des six sœurs Mitford. Dotée d’un caractère bien trempé, d’une conscience politique qu’elle développe assez tôt et d’une grande humanité, Jessica va s’affranchir de son extraction sociale et ne pas hésiter à franchir les frontières afin de s’engager pour de grandes causes. Elle nous raconte son parcours avec humour, honnêteté, recul mais aussi une certaine pudeur. J’ai tout simplement adoré découvrir ce destin hors norme.

Jessica Mitford évoque son enfance cloitrée et son éducation aristocratique dans les diverses demeures occupées par ses parents. Vient ensuite le moment d’une émancipation assez brutale puisqu’elle va fuguer pour prendre part à la guerre d’Espagne en compagnie d’Esmond Romilly qu’elle va épouser ensuite. Le récit s’arrête à la mort de ce dernier au début de la Seconde Guerre mondiale. Jessica suggère beaucoup dans les dernières pages, ce qui les rendent d’autant plus déchirantes. J’aurais beaucoup aimé continuer le voyage en sa compagnie car je sais que sa vie ensuite fut foisonnante et pleine de combats aussi bien politiques que familiaux.

Jessica Mitford est une femme hautement inspirante, presque un modèle à suivre. Elle a fait preuve d’une véritable modernité en choisissant sa voie et en s’émancipant de sa famille. Son talent pour l’écriture permet une lecture passionnante, instructive et édifiante sur bien des points.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Ces extravagantes sœurs Mitford d’Annick Le Floc’hmoan
  • La poursuite de l’amour de Nancy Mitford
  • The Mitford murders de Jessica Fellowes

    Fanny

The Mitford murders de Jessica Fellowes

Résumé de l’éditeur : Christmas 1919. When Florence Nightingale’s goddaughter is murdered on a train, maid Louisa Cannon and eldest Mitford sister Nancy find themselves entangled in the crimes of a killer who will do anything to hide their secret… / Noël 1919. Lorsque la filleule de Florence Nightingale est assassinée dans un train, Louisa Cannon, une domestique, et Nancy, l’ainée des sœurs Mitford, se retrouvent enchevêtrées dans les crimes d’un meurtrier  prêt à tout pour cacher ses secrets…

Depuis plusieurs semaines et ma lecture de l’excellente biographie Ces extravagantes sœurs Mitford de Annick Le Floc’hmoan, je nourris une véritable curiosité concernant cette famille. Après avoir découvert le roman phare de Nancy (La poursuite de l’amour) et l’autobiographie de Jessica (Rebelles honorables), je continue mon exploration avec ce roman se déroulant en partie dans la propriété des Mitford. L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place. Jessica Fellowes prend comme point de départ un fait divers réel, celui de l’assassinat d’une infirmière dans un train le 12 janvier 1920. Tous les protagonistes nous sont présentés grâce à des chapitres propres à chacun. Dès les premières pages, nous sommes plongés juste après la Première Guerre mondiale au Royaume-Uni.

Une fois l’intrigue policière bien installée, Jessica Fellowes nous introduit dans la demeure type d’une famille aristocratique britannique à un détail près. En effet, les occupants d’Asthall Manor, c’est à dire les Mitford, sont un peu fantasques. Nous faisons plus particulièrement la connaissance de Nancy, l’ainée de la fratrie Mitford. Cette dernière n’hésite pas à prendre part à l’enquête policière en compagnie de Louisa, jeune domestique fraichement employée à Asthall. Les personnages sont attachants et intéressants à suivre. J’ai particulièrement aimé Guy Sullivan, membre de la police ferroviaire. Les traumatismes liés à la Première Guerre mondiale ont une place importante dans ce roman. Les anciens soldats sont détruits aussi bien physiquement que moralement.

J’ai beaucoup aimé ma lecture : aussi divertissante que prenante grâce à plusieurs points de vue, des personnages attachants, une enquête intéressante et une mise en avant des traumatismes de guerre. Le petit côté Charlotte et Thomas Pitt d’Anne Perry est très agréable! Pas de traduction française pour l’instant mais une autre enquête est déjà en cours de rédaction par Jessica Fellowes. Je suis impatiente de la découvrir!

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Dix petits nègres de Agatha Christie
  • La mort s’habille en crinoline de Jean-Christophe Duchon-Doris
  • Resurrection Row de Anne Perry

    Fanny

Par-delà les glaces de Gunilla Linn Persson

Résumé de l’éditeur : Hiver, 1914. À l’extrémité de l’archipel de Stockholm, après le bal annuel, sept amis s’apprêtent à rentrer chez eux. C’est alors qu’une tempête sans précédent se lève. Un à un, les jeunes gens sont happés par les glaces. Une tragédie qui continue de hanter les habitants de l’île d’Hustrun un siècle plus tard. En 2013, la solitaire Ellinor a repris les rênes de l’entreprise de bateaux-taxis de son père. Ses journées sont rythmées par les tâches quotidiennes et les bruissements de la nature. Un beau jour, son père lui demande d’aller chercher un certain M. Man. Même si elle ne l’a plus vu depuis des années, elle reconnaît aussitôt Herman Engström, son amour d’enfance. Petit à petit, les sentiments profondément enfouis ressurgissent. Mais Ellinor peut-elle accorder sa confiance à un homme dont la famille cristallise la haine des habitants depuis la funeste tempête ? Comme cette île hors du monde qui revient à la vie après un long hiver, l’amour d’Ellinor et d’Herman pourra-t-il à nouveau éclore ?

Un auteur inconnu, une promesse de voyage et des destins entre deux périodes dans un archipel de Suède ne pouvaient que me faire aller vers ce roman. Gunilla Linn Persson nous décrit la vie insulaire et tout ce qu’elle implique de difficultés avec beaucoup de réalisme et de détails. La solitude devient une amie toujours chevillée au corps. Le système D et la débrouille permettent de tenir bon. Ce mode de vie semble presque impossible à quitter tout en vous raccrochant à l’essentiel. C’est donc une vie dure et âpre que mène Ellinor, notre héroïne. C’est aussi une vie faite de petits bonheurs quotidiens et d’observation de la nature.

Le roman se construit grâce à une alternance de sauts dans le temps entre 1914 et plus majoritairement 2013 où Ellinor Ingman retrouve une vieille connaissance, Herman Engström. La rivalité entre les Ingman et les Engström s’est construite suite à un dramatique évènement survenu en 1914. Elle est tenace et s’est transmise de génération en génération. Ellinor est une femme renfermée sur elle-même. Elle nourrit également des regrets et des déceptions. Gunilla Linn Persson nous introduit auprès d’Ellinor de manière pudique et sensible. J’ai beaucoup aimé découvrir ce personnage et son attachement si fort à sa terre natale.

J’ai passé un joli moment hors du temps sur un archipel à la météorologie franchement capricieuse mais plein de charme. Les personnages ont su me toucher et leur histoire personnelle m’intéresser. Par contre, j’aurais adoré que la partie se déroulant en 1914 soit un peu plus développée. Une belle lecture tout de même!

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Vous aimerez aussi découvrir :

  • L’île des beaux lendemains de Caroline Vermalle
  • La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson
  • Mon dernier continent de Midge Raymond

    Fanny

Bilan de mes lectures : JANVIER 2018 ~ Lectures à venir : FÉVRIER 2018

Déjà le premier bilan mensuel de l’année! Je n’ai pas lu autant que j’aurais voulu mais je suis tout de même satisfaite car j’ai fait de très belles découvertes. J’ai également renoué avec la lecture en anglais et c’est une vraie satisfaction. En janvier, j’ai voyagé en Écosse aux côtés de Lady Rose, j’ai participé aux mouvement des suffragettes à Dublin, j’ai suivi l’enquête d’un meurtre ignoble entre Londres et la demeure des Mitford, j’ai vécu un moment hors du temps en plein cœur d’un archipel suédois et j’ai assisté Hercule Poirot et ses petites cellules grises. Rien que ça!

Nombre de livres lus : 5

Nombre de pages lues : 1557

 


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Lady Rose and Mrs Memmary de Ruby Ferguson, éd. Persephone Books, 224 p.

J’ai particulièrement apprécié la plume simple, douce et pleine de sensibilité de Ruby Ferguson. Le parcours de Rose sous forme de flashbacks est touchant et représentatif d’une certaine époque. Le roman débute sur un ton mondain et badin pour se terminer dans l’émotion. Je suis passée tout proche du coup de cœur avec cette lecture.

4/5

The making of Mollie de Anna Carey, éd. O’Brien, 304 p.

Anna Carey nous fait découvrir dans son roman épistolaire jeunesse le Dublin du tout début du XXe siècle où le mouvement des suffragettes enfle de plus en plus. Au fil de ce roman et à 14 ans, Mollie va se découvrir une conscience politique et une âme féministe. Avec humour et clarté, Anna Carey passe un message fort.

5/5

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The Mitford murders de Jessica Fellowes, éd. Sphere, 432 p.

L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place mais dès les premières pages c’est une plongée dans les années d’après la Première Guerre mondiale au Royaume-Uni. Plusieurs points de vue, des personnages attachants, une mise en avant des traumatismes de guerre en font un chouette moment de lecture.

4/5

Par-delà les glaces de Gunilla Linn Persson, éd. Les Escales, 314 p.

J’ai beaucoup aimé ce roman sur la vie insulaire si âpre d’un archipel suédois qui met le corps et l’âme à rude épreuve. La solitude, le poids de la famille, les tensions entre clans qui se transmettent qui se de génération en génération en font un bon roman. J’ai trouvé un vrai sens et un vrai charme à cette lecture et aux personnages qu’il renferme.
4/5

Le train bleu de Agatha Christie, éd. Le Masque, 283 p.

Cette enquête ce déroule majoritairement en France. Agatha Christie n’hésite pas à se moquer ouvertement de nous autres, mangeurs de grenouilles! L’enquête est bien ficelée et rythmée notamment grâce à un saut dans le temps qui fait avancer l’enquête. Certains personnages nous font lever les yeux au ciel par leur mentalité et stupidité.
4/5

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN FÉVRIER

         

    

Je vous souhaite un très bon mois de février!

Fanny

The making of Mollie de Anna Carey

Résumé de l’éditeur : Mollie Carberry’s life seems pretty dull until she discovers her older sister Phyllis is a suffragette! When she and her friend Nora get involved they must face the question of how far a girl should go for her beliefs. / La vie de Mollie Carberry semble assez ennuyeuse jusqu’à ce qu’elle découvre que sa grand sœur Phyllis est une suffragette!  Lorsque Mollie et son amie Nora s’implique, elles doivent faire face à la question de jusqu’où une fille devrait aller pour ses convictions.

L’Irlande est un pays qui m’intéresse beaucoup de par sa culture, son histoire houleuse et ses croyances. C’est pourtant le premier roman irlandais que je chronique sur le blog et j’en suis la première surprise. Cet ouvrage jeunesse m’a été conseillé sur le forum Whoopsy Daisy (encore et toujours ce lieu de tentations!). Anna Carey nous fait découvrir dans son roman épistolaire le Dublin du tout début du XXe siècle. Nous nous promenons dans les rues de cette ville avec beaucoup d’intérêt. Très vite, on se rend compte que les inégalités sociales mais aussi entre les deux sexes sont la norme. La société irlandaise ne semble pas prête à bouger de ses lignes. Cependant, le mouvement des suffragettes enfle de plus en plus.

Nous faisons la connaissance de Mollie, 14 ans, toute jeune dublinoise vivant dans une famille aisée. Mollie cherche d’abord un amusement et à casser la monotonie de son quotidien assez rigide. Cependant et au fil de ce roman d’apprentissage, elle va se découvrir une conscience politique. Elle ne comprend pas pourquoi son frère semble pouvoir faire ce que bon lui semble sans carcan. Son âme de féministe va ainsi se former. Suivant le modèle de sa sœur, elle va se découvrir une passion pour la lutte pour le droit de vote des femmes. Elle va s’engager auprès des suffragettes de Dublin sans s’imaginer les folles aventures qui l’attendent. Avec humour et clarté, Anna Carey passe un message fort aux plus jeunes mais aussi aux plus grands.

Ce roman est très utile pour ne pas oublier les engagements mais aussi les sacrifices de certaines femmes (mais aussi certains hommes) afin que tous acquièrent les mêmes droits civiques. Même si Mollie se laisse parfois emporter par son enthousiasme (très contagieux!), elle reste une jeune fille vive, ouverte et drôle. A lire! Le tome 2 est prévue pour le début du mois de mars sous le titre Mollie on the march.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Ces extravagantes sœurs Mitford d’Annick Le Floc’hmoan
  • Les filles de Brick Lane, Tome 1 : Ambre de Siobhan Curham
  • Suffragette avec Carey Mulligan, Helena Bonham Carter et Ben Wishaw  (2015)

    Fanny

Lady Rose and Mrs Memmary de Ruby Ferguson

Résumé de l’éditeur : Lady Rose Targenet, later created the Countess of Lochlule, marries Sir Hector, owner of the estate next to ‘Keepsfield’, the palatial Scottish mansion where she lives. But one day she meets someone on a park bench in Edinburgh… ‘It’s a little book about dreams and the hard world of money and position and their relations to one another. It’s also a love story and a love letter – to Scotland’ (Candia McWilliam). // Lady Rose Targenet, plus tard Comtesse de Lochlule, se marie à Sir Hector, propriétaire du domaine proche de Keepsfield, le magnifique hôtel particulier écossais où elle vit. Mais un jour, elle rencontre quelqu’un sur le banc d’un parc d’Édimbourg… « C’est un petit livre sur les rêves et sur le monde difficile fait d’argent et de position et les relations de l’un à l’autre. C’est aussi une histoire d’amour et une lettre d’amour à l’Écosse » (Candia McWilliam).

L’une de mes résolutions pour 2018 est de lire davantage en anglais. Cette première lecture de l’année est tout à fait dans cet optique et j’en suis ravie. Pour vous situer un peu, Lady Rose and Mrs Memmary est édité chez Persephone Books. Il s’agit d’une maison d’édition mais aussi d’une librairie londonienne qui met en avant des femmes écrivains parfois oubliées du XIXe et du XXe siècle. Ce roman est une très belle lecture. J’ai particulièrement apprécié la plume simple, douce et pleine de sensibilité de Ruby Ferguson. Cette dernière nous introduit d’abord dans la superbe demeure écossaise de Keepsfield où nous avons droit à une véritable visite guidée de celle-ci. Se déroule ensuite, sous forme de flashbacks, l’histoire d’une jeune fille, Lady Rose, qui a vécu ici il y a plusieurs décennies.

Nous apprenons à connaitre Rose au fil des étapes de sa longue vie. Un lien fort entre le lecteur et elle se noue. Nous découvrons notamment son éducation dans le plus propre respect des convenances et de l’histoire de l’Écosse (le souvenir de Mary Stuart est d’ailleurs religieusement entretenu). Un destin tout tracé lui est fortement suggéré qu’elle va d’abord suivre. Le roman débute sur un ton mondain et badin pour se terminer dans l’émotion. Le grand attachement de nos deux héroïnes à l’Écosse mais aussi à leur demeure est vraiment palpable et impressionnant. J’ai assez vite deviner le dénouement de l’histoire mais je n’ai pas pour autant boudé mon plaisir. J’ai refermé ce livre avec un sentiment de nostalgie et d’avoir vécu un moment hors du temps.

Je suis passée tout proche du coup de cœur avec cette lecture. Je n’oublierais surement pas Lady Rose and Mrs Memmary de sitôt. Le parcours de Rose est touchant et représentatif d’une certaine époque. Ce roman n’a malheureusement pas bénéficié d’une traduction à ce jour et c’est bien dommage. Cependant, le niveau d’anglais est très abordable.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Avec vue sur l’Arno d’E. M. Forster
  • La poursuite de l’amour de Nancy Mitford
  • Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Fanny

Brooklyn Follies de Paul Auster

Résumé de l’éditeur : Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d’assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude qui ne l’empêche pas d’aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d’écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu’il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps de l’an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C’est ensemble qu’ils vont poursuivre leur chemin, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout le rêve d’une vie meilleure à l’hôtel Existence…

Paul Auster est mon auteur favori depuis l’adolescence. Chacun de ses ouvrages a laissé en moi une empreinte indélébile. Il y a des auteurs comme ça qui vous saisissent à chaque fois. Veuillez donc m’excuser si les propos qui suivent ne sont pas très clair! J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire et à bien cerner la situation. Une fois le récit bien mis en place, quel régal! Comme souvent, Paul Auster nous entraine ici dans un univers particulier fait de situations où le hasard et les coïncidences tiennent une grande place. Il nous présente également des personnages forts et hauts en couleur avec une humanité hors norme qu’il instille en eux et qu’il nous transmet.

Grâce à sa plume inimitable aussi efficace que profonde, Paul Auster déroule un récit réaliste à l’américaine. Le contexte historique est en toile de fond sauf à la toute fin où une vraie cassure dans l’histoire américaine contemporaine se produit. L’auteur développe la jolie idée de « l’hôtel existence » comme un lieu intérieur pour trouver refuge et apaisement. D’ailleurs, je crois que j’y penserais dès que j’aurais besoin de me ressourcer quelques secondes.  Son amour pour son quartier fétiche où il vit transparait à travers ces pages. C’est une véritable petite ville dans la grande où la mixité sociale est présente et où tout le monde peut trouver sa place.

Je suis tellement heureuse d’avoir retrouvé mon auteur favori. Après quelques pages, je suis totalement entrée dans l’histoire. Les personnages, leurs parcours avant et pendant l’intrigue m’ont beaucoup émue. A travers ces lignes, on ressent toute l’humanité de Paul Auster mais aussi son amour pour son quartier, Brooklyn.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Chronique d’hiver de Paul Auster
  • L’immeuble Christodora de Tim Murphy
  • Yaak Valley, Montana de Smith Henderson

Fanny

La poursuite de l’amour de Nancy Mitford

Résumé de l’éditeur : Désireuses de conquérir leur destin, deux jeunes aristocrates anglaises aspirent à l’amour comme elles s’éprendraient d’un rêve. Tandis que l’une se précipite vers le mariage avec fougue, la seconde guette patiemment l’élu qui viendra bouleverser sa vie. Dans le trouble de l’avant-guerre débute alors un long apprentissage sinueux et passionné, à jamais universel.

Suite à mon excellente lecture de Ces extravagantes sœurs Mitford d’Annick Le Floc’hmoan, j’ai toute de suite voulu lire ce roman phare de Nancy Mitford. J’ai découvert un récit riche et plus profond qu’il n’y parait. Le contexte de la Guerre d’Espagne et de la Seconde Guerre mondiale (il est question de Dunkerque, de la capitulation de la France et de bombardements) est en toile de fond. Nous faisons la connaissance de Fanny (la narratrice) et Linda, deux jeunes filles de l’aristocratie britannique. Une naïveté forgée par leur éducation se dégage d’abord d’elles. Elles rêvent d’amour parfait et ne sont pas préparées à affronter la réalité. Elles vont apprendre à leur dépens qu’elle est souvent beaucoup plus compliquée. Éclairée de ce qui a précédé, la chute de cette histoire est d’une mélancolie saisissante.

Je suis très heureuse d’avoir lu la biographie très détaillée d’Annick Le Floc’hmoan avant de m’attaquer à l’œuvre de Nancy Mitford. Elle m’a permis de relever tous les détails autobiographiques. Ils sont très nombreux dans certains personnages, certaines situations et dans les convenances de la vie aristocratique et mondaine britanniques. Nancy est pleine de surprise car sans que l’on s’y attende un certain cynisme et une ironie font leur apparition. Son ton est parfois mordant. On se rend vite compte qu’elle pose un regard assez dur sur sa classe sociale et sur sa propre éducation.  Au fil des pages, les multiples facettes de ce roman lui font gagner en profondeur. La poursuite de l’amour contient des scènes très drôles (celle du labrador dans un bateau est excellente).

J’ai beaucoup aimé ce roman. Derrière l’humour et la plume acérée de Nancy Mitford, se cache la réalité bien moins reluisante de grandir au sein de l’aristocratie britannique. Fanny et Linda font leur entrée dans le monde sans grande connaissance de ce qu’est d’être adulte dans leur sphère sociale. C’est un roman finalement profond et empreint d’une certaine mélancolie sur la fin.

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  • Avec vue sur l’Arno de E. M. Forster
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Fanny

Avec vue sur l’Arno de E. M. Forster

Résumé de l’éditeur : Miss Bartlett ne s’en remet pas : pour son premier voyage à Florence, sa jeune cousine Lucy devait bénéficier d’une chambre avec vue. Comment la tenancière de leur pension a-t-elle pu si cruellement les décevoir ? Tandis que la jeune fille et son chaperon accusent ce terrible coup, M. Emerson et son fils George, également pensionnaires, ont l’impertinence de proposer leurs propres chambres, qui, elles, ont vue sur l’Arno. Son éducation prévient Lucy contre les Emerson, mais son instinct lui suggère que le mal n’est pas grand… Avec finesse et humour, E. M. Forster livre ici une délicieuse satire des préjugés et convenances ridicules qui contraignent les affinités naturelles. Au monde terne et étriqué de la bienséance, côté cour, s’oppose l’évasion promise par cette fameuse vue. Le récit du combat intérieur que mène Lucy pour dépasser ce confinement et affirmer ses désirs est une ode délicate et sensible à la liberté.

J’avais hâte de pouvoir découvrir ce grand classique de la littérature britannique contemporaine. Je ne regrette pas une seconde d’avoir ouvert ce roman tant il m’a plu par bien des aspects. L’histoire s’ouvre à Florence où nous faisons la connaissance de la jeune et vive d’esprit Lucy Honeychurch accompagnée de son chaperon, Charlotte Bartlett. Dans une première partie, E. M. Forster laisse le lecteur se faire sa propre idée à propos de l’héroïne. Il insinue beaucoup et pousse le lecteur à lire entre les lignes. Il donne ensuite les tenants et les aboutissants de la pensée de Lucy. Cette dernière est pleine de réflexion et d’observation sur sa condition de femme de l’époque édouardienne encore très empreinte de toutes les convenances et de la rigidité de l’ère victorienne.

E. M. Forster n’hésite pas à utiliser l’ironie pour décrire son temps, ses convenances parfois désuètes et le face à face entre l’ancienne et la nouvelle génération. C’est avec humour qu’il nous décrit diverses situations et fait intervenir des personnages truculents mais aussi détestables pour certains. J’ai beaucoup aimé suivre le glissement de la psychologie de Lucy imposée par son éducation vers une émancipation. Elle découvre son libre-arbitre et sa capacité à réfléchir par elle-même malgré toutes les barrières que son entourage tente de dresser autour d’elle. C’est une héroïne à la fois moderne mais aussi très humaine de par ses peurs. Je tenais également à noter les très belles descriptions de l’Italie qui m’ont complétement immergée dans ce beau pays.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman qui nous dépeint une héroïne et une époque finement analysées par l’auteur entre l’Italie et le Royaume-Uni. Suivre Lucy permet de se rendre compte de la difficulté d’être une jeune fille puis une femme au début du XXe siècle. Avec vue sur l’Arno a beaucoup de charme et mérite vraiment d’être lu.

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