Summer de Monica Sabolo / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ? Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.

J’ai lu ce roman d’une traite lors d’un voyage en train et je crois que c’était le meilleur moyen pour m’immerger dans ce récit. Le présent et le passé se mélangent dans chaque chapitre. Nous sommes parfois un peu perdus dans la chronologie. Mais pour le coup, j’ai vraiment eu l’impression d’entrer dans les rouages psychologiques et brumeux de Benjamin. Ce dernier perd pied suite à la disparition soudaine et inexplicable de sa sœur, Summer. S’en suit une descente aux enfers entre interrogations, culpabilité et secrets de famille. Les souvenirs du jeune homme se greffent à des songes. Ils refont surface à la manière de visions révélatrices. Malgré tout, la réalité et la vérité n’ont de cesse de se dérober jusqu’à la chute de cette histoire.

La disparue, pauvre petite fille riche un brin capricieuse, n’est pas un personnage des plus attachants mais j’avoue ne pas m’y être attardée. Les héros sont bien ceux qui restent et qui subissent la perte. Monica Sabolo dresse un roman assez intéressant et immersif. Elle entretien un relatif suspens en donnant des informations au compte-gouttes. La chute n’est pas des plus foudroyantes mais a le mérite de mettre en avant un phénomène souvent méconnu et tabou mais qui concerne des milliers de personnes. Le contexte du bord du lac Léman et de son eau à la fois scintillante et insondable m’a beaucoup plu et d’autant plus que j’y ai passé un weekend il y a peu. Les descriptions ont fait ressurgir mes souvenirs et mes impressions concernant ce superbe lieu.

Dans l’ensemble, j’ai adhéré à ce roman. Le personnage de Summer, la disparue, n’est pas le plus réussi. Cependant, j’ai apprécié suivre la descente psychologique de Benjamin comme sa remontée. Le contexte du lac Léman se prête très bien à cette histoire. J’ai particulièrement apprécié ce mélange de souvenirs, de songes et de visions révélatrices.Vous aimerez aussi découvrir :

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Fanny

 

Bilan de mes lectures : JUILLET 2017 ~ Lectures à venir : AOUT 2017

Je n’ai pas été très présente le mois dernier que ce soit sur le blog ou sur les réseaux sociaux. Mais le mois de juillet m’a apporté beaucoup plus de lectures que le mois de juin et pourtant il n’a pas été de tout repos! Deux séjours en Normandie et des déplacements en train m’ont permis d’avancer. J’ai d’abord suivi l’emprisonnement psychologique de deux jeunes sœurs australiennes, j’ai parcouru une réécriture moderne du célèbre Cyrano de Bergerac, j’ai suivi le parcours de deux jeunes gens qui ne font que se croiser sans jamais prendre conscience l’un de l’autre, j’ai participé à la résolution du meurtre de Roger Ackroyd grâce aux petites cellules grises de M. Poirot, j’ai assisté aux ravages que Summer a laissé après sa disparition, j’ai suivi l’incroyable et durable histoire d’amour entre Salvador et Gala Dali et, enfin, je suis partie pour un périple atour de la Grèce.

Nombre de livres lus : 7

Nombre de pages lues : 2511

 


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Deux sœurs de Elizabeth Harrower, éd. Rivages, 334 p.

Mon sentiment face à ce roman est en demi-teinte. Le contexte des années 40 en Australie, le glissement progressif vers un supplice psychologique pour deux sœurs se retrouvant sous le joug d’un homme sont des éléments intéressants. Malheureusement, on ne s’attache pas suffisamment aux deux jeunes femmes pour suffisamment se plonger dans l’histoire.

2,5/5

Tu seras ma beauté de Gwenaële Robert, éd. Robert Laffont, 228 p.

Il s’agit du premier roman adulte de Gwenaële Robert. Cette dernière nous propose une réécriture moderne du célèbre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Et c’est plutôt réussi! C’est un bel hommage à un classique du théâtre mais aussi à la littérature et à l’écriture en général. A mon sens, il ne manque plus que davantage de subtilités dans les descriptions de certains personnages.

4/5

Miss you de Kate Eberlen, éd. NiL, 528 p.

Quel joli roman! Les deux héros ne font que se croiser sans jamais prendre conscience l’un de l’autre. Nous suivons, à tour de rôle, Tess et Gus dans leur vie chacun de leur côté. Ils m’ont franchement émues. Grâce à leurs choix, leurs joies ou encore leurs peines, il est très facile de s’identifier à eux.  Kate Eberlen déroule un roman plein de détails et de subtilité.
4,5/5

Le meurtre de Roger Ackroyd de Agatha Christie, éd. Le livre de poche, 317 p.

Et voilà, un nouveau Poirot à mon compteur! J’ai plutôt aimé cette enquête. De l’humour, du suspens et le charme tout britannique sont toujours au rendez-vous. Nous changeons de narrateur. Ce dernier est plein de surprise et intéressant à suivre. La chute est réussie même si elle est assez longue à arriver.
4/5

Summer de Monica Sabolo, éd. J.-C. Lattès, 320 p.

J’ai lu ce roman d’une traite. Avec le recul, je pense que c’était l’idéal. J’ai l’impression d’avoir plongé dans les rouages psychologiques de Benjamin. Ce dernier est détruit par la disparition incompréhensible de sa sœur, Summer, plusieurs décennies plus tôt. Entre présent et flashback, Monica Sabolo nous permet de comprendre la situation petit à petit jusqu’à nous dévoiler la vérité.
4/5

Gala et Dali, de l’autre côté du miroir de Dominique de Gasquet et Paquita Llorens Vergés, éd. Robert Laffont, 272 p.

Je connaissais très peu d’éléments de la vie personnelle de Salvador Dalí et encore moins de Gala. Ce livre regroupe les témoignages et les souvenirs de personnes les ayant côtoyés de près. Nous découvrons une histoire d’amour atypique mais d’une belle longévité. Les descriptions très réussies nous font sentir l’air et le soleil de Cadaqués.
4/5

Cartes postales de Grèce de Victoria Hislop, éd. Les Escales, 512 p.

Il s’agit du premier roman de Victoria Hislop pour moi. Ce fut une belle surprise. Il permet de découvrir une Grèce entre modernité et tradition. J’ai d’ailleurs appris beaucoup de choses bien loin des cartes postales justement grâce aux nouvelles que nous racontent « A ». L’objet-livre contient de superbes cartes postales en couleur. Un bon roman d’été et de vacances!
5/5

LECTURES EN COURS

LECTURES PRÉVUES EN AOUT

         

        

Je vous souhaite un TRÈS BEAU MOIS D’aout ET un bel ÉtÉ!

Fanny

Tu seras ma beauté de Gwenaële Robert / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Lisa, une professeure de sport au physique parfait, ne perd pas de temps en grands discours. C’est une femme directe. Mais lorsqu’elle rencontre, lors d’un salon du livre, Philippe Mermoz, séduisant auteur à succès, elle pressent que sa seule beauté ne suffira pas. Elle demande à Irène, une collègue de français à l’apparence ordinaire, éprise de littérature, d’écrire à sa place quelques lettres destinées à le charmer. Irène accepte, se prend au jeu, et voilà que ses jours monotones, un peu tristes – un mari notaire, un enfant qu’elle n’arrive pas à avoir –, s’en trouvent profondément bouleversés. La correspondance s’intensifie, devient intime, se prolonge. Jusqu’à ce que Lisa, perdant patience, décide de retrouver l’écrivain pour une nuit… Irène sombre dans le désarroi. Peut-elle continuer à vivre comme avant ?

Pour son premier roman adulte, Gwenaële Robert ne s’attaque pas à l’exercice le plus simple. En effet, avec Tu seras ma beauté, elle nous propose une réécriture moderne du célèbre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. N’ayant jamais eu l’occasion de lire le roman original, j’ai parcouru un résumé détaillé avant de commencer ma lecture afin de me remémorer l’histoire. L’autrice nous propose ici un véritable hommage à la littérature ainsi qu’à l’écriture. Au fil des pages, on ressent une certaine nostalgie envers les relations amoureuses épistolaires. Gwenaële Robert signe une romance contemporaine joliment menée.

L’autrice reprend les éléments principaux de la pièce d’Edmond Rostand. Cependant et à première vue, cette réécriture me semble plus gentillette et surement moins tragique que la pièce d’origine. Malgré tout, je lui ai trouvé un charme certain et notamment grâce au personnage d’Irène et de ses pensées. On retrouve bien entendu des références à quelques dialogues de Cyrano de Bergerac. Le titre du roman fait d’ailleurs parti d’une strophe pleine de sens et qui regroupe tout l’enjeu de l’histoire originale mais aussi de ce roman-ci. Le seul bémol à mon sens réside dans la description du personnage de Lisa qui est beaucoup trop stéréotypé à mon gout.

Le premier roman adulte de Gwenaële Robert est plutôt réussi. C’est un bel hommage à Cyrano de Bergerac mais aussi à la littérature et à l’écriture en général. A mon sens, il ne manque plus que davantage de subtilités dans les descriptions de certains personnages pour optimiser tout le potentiel de l’autrice. Je continuerais de suivre les parutions de cette dernière, c’est certain!

Merci Gwenaële de m’avoir fait parvenir votre dernier roman.

Sortie le 24 août 2017.

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Fanny

Deux sœurs de Elizabeth Harrower

Résumé de l’éditeur : Après Un certain monde, très remarqué par la presse et les libraires, Rivages poursuit la découverte de ce génie méconnu des lettres australiennes avec un nouvel inédit, Deux soeurs, roman psychologique qui plaira aux fans de Daphné du Maurier. Clare et Laura décident de fuir leur terrible famille grâce à Felix, un homme charmant qui se présente en bienfaiteur. Mais l’homme se révèle d’une grande cruauté au fil du temps, manipulateur et tyran. Best-seller en Australie, ce livre s’impose comme un classique instantané.

Petit à petit, je découvre de nouveaux titres et de nouveaux auteurs de la littérature australienne. Deux sœurs est un roman paru en 1966 mais traduit et édité seulement maintenant en France. Même s’il ne s’agit pas du cœur du roman, le contexte se devine par quelques détails distillés ici et là. Elizabeth Harrower nous entraine dans les années 40 où la guerre fait doucement son apparition loin des terrains d’actions armées. Après le départ de leur mère qui ne leur prête guère d’attention, Laura se marie par défaut à Felix. Elle entraine avec elle sa sœur, Clare. Elles se retrouvent donc vite embourbées dans une situation bien délicate.

En effet, les voilà soumises à un homme odieux et franchement pitoyable. Il se laisse berner en affaire et transfère ses frustrations sur les deux sœurs. Les visions de ces dernières s’affrontent. Laura se soumet, ne voit aucun avenir ailleurs et trouve des excuses à autrui ainsi qu’à elle-même. Tandis que Clare fait preuve d’une soif farouche de liberté et de changer sa vie. Malheureusement, ces personnages manquent de relief pour réellement s’attacher à eux et ressentir de l’empathie pour leur sort. Leur psychologie n’est pas assez poussée selon moi. Finalement on ressort de cette lecture en ayant l’impression de n’avoir fait que la survoler.

Ce fut une lecture en demi-teinte en ce qui me concerne. Pourtant elle partait bien avec un contexte intéressant, un glissement progressif vers un supplice psychologique et une tension palpable. Cependant, je ne me suis pas suffisamment attachée aux personnages pour totalement apprécier ce roman.

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Fanny

Si j’avais su que tu deviendrais si belle, je ne t’aurais jamais laissée partir de Judy Chicurel

Résumé de l’éditeur : Depuis sa rue de Comanche Street, à Long Island, Katie Hanson fait partie de cette jeunesse qui regarde de loin le rêve américain. Alors qu’en 1972 commence son dix-huitième été, que les soirées rallongent, que les rues et la plage s’animent, elle a le sentiment que sa vie reste en suspens. Ses pensées sont ailleurs, tournées vers sa mère qui l’a abandonnée, et vers Luke qu’elle aime secrètement et qui revient, transformé, de deux ans au Vietnam. Entre les confidences de ses meilleures amies et les soirées au bar de l’hôtel Starlight ou le jukebox entonne les classiques de l’époque, il y a pourtant de quoi la divertir. Mitch, vétéran à la jambe de bois qui noie son traumatisme dans l’alcool, y a élu domicile. Tous deux se lient d’amitié. Sous la chaleur écrasante et moite, le temps semble suspendu et propice à la réflexion sur la route à prendre, sur ceux qui nous entourent et que l’on va quitter. Avec toute sa fragilité et sa fantaisie, Katie porte à bout de bras ce roman poétique et émouvant qui évoque ces vieux Polaroïd aux couleurs défraîchies que l’on regarde avec nostalgie et tendresse.

J’aime les romans américains et plus particulièrement ceux empreints de mélancolie et d’un réalisme fort. Celui-ci en fait partie. Sous couvert d’une plume franche et dynamique, Judy Chicurel nous propose un instantané d’un certaine époque dans une petite bourgade de bord de mer de la côte Est des États-Unis. Nous sommes en 1972 et nous assistons aux dernières semaines de lycée de Katie mais aussi à l’été qui suit. Cette période est censée être synonyme de changement mais pour notre héroïne, les choses sont plus compliquées. Elle se cherche et voit les autres évoluer dans le bon sens comme dans le mauvais. Son abandon par sa mère est une vraie blessure qu’elle va devoir gérer.

Ne vous laissez pas duper par le paysage de carte postale de la couverture, le ton de ce roman est sans équivoque. C’est une jeunesse perdue et en proie à tous les extrêmes qui nous est donnée à voir. La guerre du Vietnam est toujours présente en filigrane. On comprend qu’elle est une grande cause de désillusion pour toute une génération. Une certaine jeunesse a été utilisée pour finalement être laissée pour compte une fois rentrée au pays. Certains choix politiques ne sont pas anodins et font de villes autrefois prisées, des ruines désertées où la misère s’accroit. C’est donc une Amérique en déclin qui nous est dépeinte loin du mythe du rêve américain où tout est possible.

Avec son premier roman Judy Chicurel prend le parti de faire un arrêt sur image d’une certaine époque des États-Unis. J’ai totalement adhéré à ce choix qui m’a semblé plein de sens. Elle décrit très bien une jeunesse entre désillusion et envie d’ailleurs. J’ai aimé ce roman notamment pour son réalisme. Une autrice à suivre, c’est certain!0_EvOVrnVous aimerez aussi découvrir :

  • L’attrape-coeurs de J. D. Salinger
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Bilan de mes lectures : JUIN 2017 ~ Lectures à venir : JUILLET 2017

Le mois de juin est passé à une vitesse affolante! J’ai été bien occupée : passage d’un oral de concours de la fonction publique territoriale (que j’ai eu!), réflexion autour de notre futur déménagement, organisation pour quelques jours de repos en juillet, de bons moments en famille, de chouettes loisirs et beaucoup de choses à gérer au travail. Malgré ma participation au mois anglais, le bilan lecture reste assez mince avec seulement trois livres lus mais quels livres!

Nombre de livres lus : 3

Nombre de pages lues : 1615


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

La carrière du mal de Robert Galbraith, éd. Le livre de poche, 736 p.

Quel 3e tome pour Cormoran et Robin! Robert Galbraith (aka J. K. Rowling) a réussi un tour de force en surprenant son lecteur à plusieurs reprises lors de cet opus et notamment en intégrant des chapitres du point de vue d’un coupable particulièrement retors. L’intrigue touche personnellement nos deux héros que nous apprenons davantage à connaitre. Le lecteur est embarqué dans un bien sombre tourbillon.

5/5

Retour à Brideshead de Evelyn Waugh, éd. Robert Laffont, 624 p.

Je suis ravie d’avoir enfin découvert ce roman devenu un classique de la littérature britannique. Il s’agit d’une lecture douce-amère, moderne et audacieuse pour l’époque. Evelyn Waugh déploie plusieurs ambiances qui se succèdent et décrit une aristocratie anglaise en déclin. La galerie de personnages est excellente tout comme les grandes thématiques développées (l’homosexualité, la critique de la religion catholique).

5/5

Le secret de Chimneys de Agatha Christie, éd. Le Masque, 255 p.

Déjà le sixième Agatha Christie de l’année! Au programme de cette nouvelle enquête de la Reine du crime : un jeune héros épris d’aventure, des énigmes politiques, des disparitions louches et des faux-semblants. Des preuves devront être recoupées et examinées pour clore cette affaire. Le superintendant Battle qui est introduit discrètement dans ce roman n’est pas sans faire penser à un certain Hercule Poirot.
4/5

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN juillet

         

        

Je vous souhaite un TRÈS BEAU MOIS DE JUILLET ET DE TRÈS BELLES VACANCES!

Fanny

Retour à Brideshead de Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : Invité à Brideshead, la magnifique demeure familiale de son ami Sebastian, le jeune Charles Ryder, étudiant à Oxford, y découvre les mœurs et l’art de vivre de l’aristocratie anglaise. Au travers de cette grande fresque, se déroulant durant les Années folles et enluminée de personnages tous plus excentriques les uns que les autres, le grand Evelyn Waugh a voulu « suivre les cheminements de la volonté divine au sein d’un monde païen ». Humour, cynisme et gravité mêlés font de ce roman, le plus célèbre de l’auteur du Cher disparu et d’Une poignée de cendres, un des plus purs chefs-d’œuvre de la littérature anglaise du XXe siècle.

Evelyn Waugh fut blessé lors d’un exercice militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. De sa convalescence, est né ce roman de 600 pages publié pour la première fois en 1945. Cet ouvrage déploie plusieurs ambiances qui se succèdent : la vie d’étudiant à Oxford, les errances de jeunes adultes, la vie de famille ainsi que le travail et enfin la Seconde Guerre mondiale. Cette évolution semble convenue mais Evelyn Waugh brise les codes pour en montrer l’envers du décor, les désillusions et les insatisfactions. L’auteur met à l’honneur l’aristocratie anglaise en plein déclin après la Première Guerre mondiale. Elle se trouve dans l’incapacité de faire fructifier une fortune qui s’amenuise inéluctablement.

La galerie de personnages est excellente. Leur psychologie est profonde et bien travaillée. Il faut parfois savoir lire entre les lignes notamment en ce qui concerne l’énigmatique et insaisissable Sebastian. Brideshead, la demeure familiale des Flyte est également un protagoniste à part entière. C’est là que les grands moments se déroulent. Des thématiques fortes sont développées comme l’homosexualité évoquée dans le personnage de Sebastian ou encore la religion catholique. Cette dernière possède une place importante dans ce roman. Le héros s’interroge sur les contradictions de celle-ci et sur la dévotion. La fin laisse le lecteur un peu désarmé à l’image de l’avenir qui s’annonce pour les différents personnages.

Je suis très heureuse d’avoir enfin découvert ce roman grâce à sa réédition. J’aime beaucoup ce genre de lecture douce-amère comme les britanniques savent si bien les écrire. Ce livre est résolument moderne et audacieux pour l’époque. Maintenant, je me pose beaucoup de question sur Evelyn Waugh lui-même. Il semble qu’il ait mis beaucoup de sa personne dans ce roman. Je suis curieuse d’en apprendre un peu plus à son propos.

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Article rédigé dans le cadre du mois anglais de Cryssilda et Lou.

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Fanny