Mrs Dalloway de Virginia Woolf

IMG_20150804_194624_resizedRésumé de l’éditeur : Tôt le matin, tard le soir, Clarissa Dalloway se surprend à écouter le clocher de Big Ben. Entre les deux carillons, une journée de printemps, une promenade dans la ville, le flux des états d’âme et le long monologue d’une conscience. Clarissa tente  » de sauver cette partie de la vie, la seule précieuse, ce centre, ce ravissement, que les hommes laissent échapper, cette joie prodigieuse qui pourrait être nôtre « . Et pourtant résonne déjà dans ce livre, le plus transparent peut-être de l’oeuvre de Virginia Woolf, comme la fêlure de l’angoisse ou le vertige du suicide.

Je vous présente un roman et un auteur que je désirais découvrir depuis quelques temps. Mrs Dalloway est un roman fleuve qui ne se laisse pas apprivoiser si facilement. En effet, ma lecture fut parfois déconcertante car je suis passée par des passages d’une clarté sans équivoque pour aller vers des paragraphes interrompant le cours du récit où je me suis sentie démunie et perdue. On sent parfaitement que Virginia Woolf a voulu faire passer beaucoup de messages mais ils sont parfois difficiles à cerner. Je me suis régalée de l’écriture et de la construction des phrases. Ces dernières sont souvent très longues mais si bien échafaudées qu’elles se lisent sans problème. La plume est poétique et travaillée comme si chaque mot avait été choisi dans un but bien précis.

Ce roman est clairement un hymne à Londres. L’auteur nous fait de belles descriptions de cette capitale et donne envie à son lecteur de s’y perdre. Big Ben est mainte fois citée comme le référent temporel qui rythme la journée de Clarissa et de bien d’autres personnages. Comme vous l’aurez compris le temps est primordial à l’intrigue. Il s’agit d’une histoire profondément nostalgique et empreinte de mélancolie. Clarissa Dalloway est un personnage qui m’a beaucoup touchée par son passé et ses efforts pour maintenir les apparences. On se rend compte que sa vie aurait pu être ailleurs et tout autre. Septimus est un personnage bien étrange qui semble entre deux mondes : celui des vivants et celui des morts.

C’est donc avec une sensation étrange que j’ai refermé ce roman. Il est parfois difficile de saisir tous les sous-entendus de Virginia Woolf et de jongler entre les changements abrupts de narrateur. Cependant, j’ai été agréablement surprise par sa très belle plume, ses personnages et sa vision de Londres. C’est un roman sur lequel je reviendrais surement lorsque j’aurais lu d’autres œuvres de l’auteur et la biographie qui m’attend.

Lu en lecture commune avec Shelbylee

Lu dans le cadre du challenge A year in England de Titine

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Fanny

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La vie quand elle était à nous de Marian Izaguirre

IMG_20150802_194255_resizedRésumé de l’éditeur : « Quand la vie était à nous »… Lola regrette le temps où son existence était peuplée de promesses et d’illusions, de livres et de discussions enflammées, d’amour et de projets pour bâtir une Espagne démocratique. L’espoir de 1936. Quinze années ont passé et ses rêves se sont envolés. Il ne lui reste de cette époque, à elle et à son mari Matías, qu’une petite librairie-papèterie dans les ruelles sombres d’un quartier de Madrid. C’est dans ce modeste lieu de résistance culturelle que Lola fait la connaissance d’Alice, une anglaise dont elle partage la passion pour la littérature. Intriguée par un livre en vitrine, Alice entraîne Lola dans une lecture singulière et bouleversante : La fille aux cheveux de lin, l’histoire de Rose, Anglaise comme elle, soupçonnée d’être la fille du duc d’Ashford…

J’ai eu la chance grâce à Babelio de découvrir ce superbe roman en avant-première. Sa sortie est prévue pour le 1er octobre 2015 aux éditions Albin Michel. Notez bien cette date dans vos tablettes ! Dans ce roman, Marian Izaguirre nous plonge dans divers univers. D’abord, elle nous introduit dans le Madrid de l’Espagne franquiste des années 50 et plus particulièrement dans une petite librairie qui tente de survivre tant bien que mal. Ensuite, à travers un livre (La fille aux cheveux de lin) présent dans cette dernière nous voyageons dans le temps pour retracer la vie d’une certaine Rose. A ce stade, beaucoup d’interrogations se mettent en place dans l’esprit du lecteur. Entre la Normandie, l’Angleterre, Paris et l’Espagne nous suivons son destin pour le moins hors du commun.

« Parfois avant de commencer ma lecture, surtout si c’est un nouveau livre, j’aime le garder un moment entre les mains. Henry disait que je réchauffais les livres comme les Anglais les théières avant de commencer à préparer le thé. C’est vrai, j’aime faire cela. C’est un petit rituel qui fait partie de mon approche particulière de la lecture. J’ai besoin de toucher le livre, de le reconnaître de la paume de la main. Je le parcours de la pulpe des doigts, lentement, très lentement, jusqu’à ce que la rugosité du papier, du cuir ou de la toile me devienne familière. Je touche le livre pour que nous fassions mieux connaissance. » (p. 138-139)

Ce roman brasse différents thèmes. En effet, c’est un vibrant hommage aux livres, à la lecture et au pouvoir des mots. L’amour de l’auteur pour la littérature transparait à chaque page. De nombreuses références sont insérées ici et là. Katherine Mansfield et Joseph Conrad sont notamment cités. L’amitié est également inhérente à cette histoire. Des liens se tissent pour ne plus jamais se défaire autour des livres entre autres. Les personnages sont tous attachants. Il n’y en a pas un seul qui est laissé de côté. L’écriture de Marian Izaguirre est empreinte de sensibilité, de pudeur et de délicatesse. L’émotion n’est jamais très loin. Les dernières pages sont très belles et font monter les larmes aux yeux.

« Je lis. Je lis beaucoup. C’est alors que les paroles de James prennent leur véritable sens. « Quand tu te sens seule, lis un livre… Ça te sauvera. » Les livres ont soudain le toucher rond et humide d’une bouée de sauvetage. » (p. 318)

Voilà un livre qui ne peut laisser indifférent une fois refermé. J’ai tout aimé. Rien n’est laissé de côté. Les différents contextes historiques, les protagonistes et les intrigues sont merveilleusement bien contés. Alors un conseil : rendez-vous en librairie le 1er octobre !

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Fanny

Le serpent et la perle de Kate Quinn

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Résumé de l’éditeur : Rome, 1492. La belle Giulia Farnese épouse le jeune et séduisant Orsino et croit que la fortune lui sourit. Mais elle découvre avec stupeur que son mariage n’est qu’un leurre, orchestré par l’influent cardinal Borgia, bien décidé à en faire sa concubine. Enfermée dans une prison dorée, espionnée par les serviteurs, Giulia peut compter sur le soutien de Leonello, un cynique garde du corps qui poursuit de sa vengeance un mystérieux tueur, et de Carmelina, cuisinière irascible au passé secret. Tandis que la corruption grandit au Vatican et que le nombre de leurs ennemis ne cesse de croître, Giulia et ses acolytes doivent faire preuve de ruse pour survivre dans le monde des Borgia. N’est pas intrigant qui veut…

Ma copinaute du blog Sans grand intérêt est une grande admiratrice de Kate Quinn. Elle m’a maintes fois conseillée de lire ses romans. L’occasion s’est présentée, je n’ai donc pas hésité une seule seconde. Me voilà parti pour un voyage dans le temps direction le XVe siècle italien. Les chapitres sont longs. Dans chacun d’entre eux trois personnages interviennent : Giulia Farnese, Carmelina Mangano et Leonello. Avant le début du récit, une longue liste de personnages nous est exposée. Il y a de quoi impressionner et faire peur au lecteur ! Mais rassurez-vus, Kate Quinn les introduit avec beaucoup de facilité et fait en sorte que le tout reste limpide. Le mélange d’intrigue de cours et de manœuvres matrimoniales fonctionne bien. Je regrette seulement qu’il m’ait parfois manqué d’un fil conducteur. Je me suis régulièrement demandée où l’auteure souhaitait en venir.

La reconstitution historique est excellente. Je ne suis pas particulièrement passionnée par le XVe siècle italien mais l’auteure a su attirer mon attention. Les décors, les paysages, les descriptions culinaires et les détails concernant les us et coutumes sont un régal à lire. Les heures de recherches historiques ont dû être nombreuses. Le mélange de personnages réels et fictifs est intéressant. La maitresse du pape Alexandre VI, Giulia, a réellement existé. J’ai apprécié découvrir son histoire. Les trois personnages principaux sont attachants. Nous les suivons dans leur péripétie et nous apprenons à les connaitre avec beaucoup d’intérêt. Le tout est très bien écrit d’une façon imagée qui permet une véritable immersion. Les scènes d’action et de rebondissement ne sont pas en reste. Le cliffhanger finale est énorme et promet un tome suivant des plus palpitants.

Malgré un fil conducteur parfois tenu, j’ai bien accroché à cette fresque historique. C’est un tome introductif qui nous présente trois personnages de condition bien différente. La reconstitution historique est superbe et les multiples rebondissement donnent du rythme. Je serais surement au rendez-vous pour la suite.

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Fanny

Le Cercle de Dinas Bran de Sophia Raymond

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Résumé de l’éditeur : Survivante du tsunami de 2004, Anna Jensen a été déclarée cliniquement morte pendant quelques instants lors de son hospitalisation. Depuis, la graphiste parisienne est hantée, la nuit, par d’angoissantes visions de l’enfer et par l’image d’une jeune mariée enterrée vivante. Aidée par Will Aberdeen, journaliste new-yorkais enquêtant sur les expériences de mort imminente, elle cherche à comprendre le sens de ses cauchemars. Traqués par de mystérieux tueurs professionnels, Will et Anna se lancent sur les traces d’un secret ancestral mêlant magie druidique et croyances ésotériques. Leur soif de vérité va rapidement se transformer en course contre la mort.

Dès le début l’auteure nous plonge dans un univers de mystère, de tension et de danger avec notamment les thèmes abordés comme les expériences de morts imminentes, le tsunami de 2004, les documents datant du XVIIIe siècle et des morts violentes. Un beau et réussi mélange de fantastique, de mythologie celte et de thriller nous es présenté. Le tout est maîtrisé et crédible. Sophia Raymond introduit divers personnages dans des époques très différentes. Très vite, je me suis posée plein de questions quant au chemin que voulait nous faire prendre l’auteure et sur les liens qui unissent les personnages. Les différentes histoires nous semblent parallèles mais finissent par se rejoindre pour ne faire plus qu’une. Le fait que l’intrigue prenne comme point de départ des faits réels (tremblement de terre de Lisbonne, tsunami de 2004, etc.) est une vraie valeur ajoutée.

Toutes les pièces de ce puzzle se mettent en place au fur et à mesure. En effet, de chapitre en chapitre, nous voyageons entre le XVIIIe siècle où nous rencontrons Estralla et Thomas de Trécesson et le temps présent où nous suivons Will et Anna dans leur quête très personnelle. Mais nous voyageons aussi géographiquement entre Lisbonne, Paris, New-York, le Pays de Galles et la Bretagne. Un point m’a cependant paru manquer de crédibilité. En effet, nos deux héros sont souvent gravement blessés lors d’affrontement mais n’en garde aucune séquelle même lorsque le surnaturel n’intervient pas. J’aurais aimé qu’ils morflent un peu plus afin de donner du réalisme et éviter un trop plein de « tout est bien qui finit bien ». Je pense que ceci aurait apporté une plus grande profondeur.

Malgré un souci de crédibilité dans l’absence de séquelles après des affrontements violents, j’ai bien accroché à ce premier roman. Le passé et le présent ainsi que le surnaturel sont bien ficelés et forment un roman intéressant. Dès les premières pages j’ai été intriguée et j’ai voulu connaitre les tenants et les aboutissants de ce thriller.

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Fanny

Soudain, seuls d’Isabelle Autissier

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Résumé de l’éditeur : Un couple de trentenaires partis faire le tour du monde. Une île déserte, entre la Patagonie et le cap Horn. Une nature rêvée, sauvage, qui vire au cauchemar. Un homme et une femme amoureux, qui se retrouvent, soudain, seuls. Leurs nouveaux compagnons : des manchots, des otaries, des éléphants de mer et des rats. Comment lutter contre la faim et l’épuisement ? Et si on survit, comment revenir chez les hommes ? Un roman où l’on voyage dans des conditions extrêmes, où l’on frissonne pour ces deux Robinson modernes. Une histoire bouleversante.

Ce titre m’a été proposé via une masse critique Babelio. J’ai toute de suite accepté de le recevoir grâce au nom de l’auteure : Isabelle Autissier. Cette grande navigatrice a été notamment la première femme à avoir fait un tour du monde lors d’une course. J’ai peu lu de romans traitant du voyage et d’aventure. Ce fut donc un vrai dépaysement pour moi. L’auteure met ses personnages dans une situation extrême d’un échouage sur l’Île de Stromness aux conditions climatiques difficiles qui abrite une station baleinière abandonnée. Il s’agit d’un contexte très intéressant car il permet de révéler la vraie personnalité et de découvrir les failles des protagonistes. Tout ce stress met en exergue bien des sentiments qu’ils soient des plus beaux ou des plus vils. Mais c’est aussi une véritable épreuve pour ce couple qui semble se chercher. Ils vont apprendre à se connaitre eux-mêmes.

«Sont-ils, eux, moins doués que ces peuples primitifs ? Sans doute, car les bienfaits de la civilisation développée les ont coupés de cette compréhension millénaire de la nature, de ces connaissances ancestrales qui permettaient aux hommes de vivre de rien. En se civilisant, ils ont gagné en confort et en longévité, mais cette sophistication leur a fait oublier quelques fondamentaux de la vie, et voilà qu’ils se retrouvent aujourd’hui sans ressources.» (p. 116)

La survie en milieu hostile est également un des grands thèmes de ce roman. Se nourrir, vivre avec peu, revenir à une vie simple, s’occuper l’esprit sont des enjeux quotidiens. Ce roman est aussi l’occasion de lire de belles descriptions de paysages parfois désolés mais toujours grandioses. Isabelle Autissier détaille également la faune locale et principalement les manchots mais aussi le matériel de navigation. Quelques messages écologistes sont dispensés ici et là. Autant vous dire qu’elle connait tous ces sujets et en parle à merveille. Le retour à la vie « normale » est aussi évoqué dans toute sa difficulté. En finalement peu de page, l’auteure donne une vraie puissance à son roman grâce à des phrases fortes, percutantes et pleines de sens.

C’est un roman intéressant et enrichissant qui apporte beaucoup à celui qui le lit. J’ai apprécié tous les thèmes abordés ainsi que la très belle plume d’Isabelle Autissier Cette dernière m’a permis de découvrir la station baleinière abandonnée de Stromness sur laquelle je me suis un peu documentée.

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Fanny

Bilan de mes lectures : JUILLET 2015 ~ Lectures à venir : AOÛT 2015

Comme chaque début de mois, nous nous retrouvons pour le bilan du mois précèdent et le prévisionnel de mes lectures du mois à venir. J’ai bien lu en juillet dont deux beaux pavés. J’ai commencé pas mal de romans que j’ai fini lors du Weekend à 1000 début août. J’ai fait de belles rencontres littéraires dans l’ensemble. La chaleur tenace de l’est de la France a été propice au moment de détente et de repos avec un bon bouquin.

juillet

Nombre de livres lus : 4

Nombre de pages lues : 1857

(Pour lire les chroniques disponibles, il faut cliquer sur les images)

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La maison sur la rivage de Daphné du Maurier, éd. Le livre de poche, 440 p.

Malgré quelques réserves en commençant ce nouveau roman de Daphné du Maurier, j’ai été agréablement surprise pour finalement beaucoup aimé ma lecture teintée de suspens, de sciences et de voyages dans le temps. C’est dommage que les noms et les liens qui unissent les protagonistes du Moyen-Âge soient si difficiles à cerner au début.

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Peyton Place de Grace Metalious, éd. Presses de la cité, 617 p.

C’est un roman bien mené et sans langue de bois. La critique acerbe de la société américaine des années 30 et 40 y est très présente. Certains thèmes difficiles sont abordés mais on se régale de tous ces petits vices, de toutes ces rumeurs et de certaines situations franchement ridicules. Les personnages sont pour la plupart attachants.

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Le cercle de Dinas Bran de Sophia Raymond, éd. Presses de la cité, 360 p.

Malgré un petit problème de crédibilité dans l’absence de séquelles après des affrontements violents, j’ai bien accroché à ce premier roman. Le passé et le présent ainsi que le surnaturel sont bien ficelés et forment un roman intéressant. Dès les premières pages j’ai été intriguée et j’ai voulu connaitre les tenants et les aboutissants de ce thriller.

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Le serpent et la perle de Kate Quinn, éd. Presses de la cité, 480 p.

Je découvre Kate Quinn avec sa nouvelle série se déroulant à Rome à la fin du XVe siècle entre manœuvres matrimoniales, trahisons et suspicions. Durant chaque chapitre nous suivons trois personnages. Les personnages secondaires sont historiques comme fictifs. Il m’a seulement manqué un fil conducteur. En effet par moment on se demande où l’auteure veut en venir.

LECTURE EN COURS

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LECTURES PRÉVUES EN AOÛT

9782264056481     9782266253871    9782266244794

9782221157534    9782260021339     9782264034915

 Je vous souhaite un très bon mois d’août, de belles vacances accompagnées de lectures à la hauteur.

Fanny