Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Résumé de l’éditeur : Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d’un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l’occupant allemand : le « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté débordante de charme, d’humour, d’humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey…

J’ai lu ce roman pour la première fois juste après sa sortie en 2009 sans savoir qu’il s’agissait d’un bestseller. Je me suis replongée dans cette histoire il y a quelques semaines. Le rendez-vous a une nouvelle fois fonctionné. Ce recueil de lettres fictives est une petite merveille d’hommage à la littérature, d’amitiés et de sensibilité. J’ai apprécié de redécouvrir toutes ces histoires individuelles qui finissent par ne faire qu’une et faire l’Histoire de cette période trouble que fut la Seconde Guerre mondiale. Les détails de la vie quotidienne pendant l’occupation allemande sont édifiants et parlants. Les deux écrivains sont américaines. Cependant, elles ont bien retranscrit l’ambiance toute britannique mais aussi les spécificités qui régnent sur l’île Anglo-Normande de Guernesey.

Petit à petit, nous faisons la connaissance de tous les protagonistes avec lesquels Juliet entretient une correspondance. Ce genre littéraire permet de s’approcher au plus près d’eux et de leur réalité. Certains sont attachants, d’autres carrément détestables (je pense notamment à Bella Taunton ou encore Adelaide Addison…). Le personnage absent d’Elizabeth plane sur tout le récit comme une réminiscence incessante des exactions nazies. La petite Kit est également un personnage autour duquel beaucoup de destins sont reliés. J’ai mieux saisi le contexte historique qu’à l’époque de ma première lecture, ce qui n’a fait qu’apporter un peu plus de force à l’ensemble. Les touches d’humour apportent un contre-poids efficace mais aussi du charme.

Une nouvelle fois, j’ai regretté de tourner la dernière page de ce roman. Guernesey et ses habitants sont si attachants qu’il est difficile de les lâcher. Suivre les pas de Juliet vers ses nouveaux amis est toujours une expérience émouvante et de réflexion. J’avoue nourrir une crainte de voir l’adaptation à venir…

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Fanny

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Le cercle de pierre, Tome 1 : Le chardon et le tartan de Diana Gabaldon

Résumé de l’éditeur : Ancienne infirmière de l’armée britannique, Claire Beauchamp-Randall passe des vacances tranquilles en Écosse, où elle s’efforce d’oublier les horreurs de la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front… Au cours d’une promenade sur la lande, la jeune femme est attirée par des cérémonies étranges autour d’un menhir. Elle s’en approche, et c’est alors que l’incroyable survient : Claire est précipitée deux cents ans en arrière. 1743. L’Écosse traverse une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l’occupant anglais. Claire se retrouve plongée au cœur d’un monde inconnu, fait de violences et d’intrigues politiques qui la dépassent. Heureusement, sa route croise celle de Jamie Fraser, un Écossais au grand cœur. Happée par cette nouvelle vie palpitante, Claire saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois, désormais si lointaine ?

Je souhaitais découvrir la célèbre série de romans de Diana Gabaldon depuis un moment déjà. A tel point qu’il y a plusieurs années, j’ai acheté d’occasion quatre intégrales regroupant à chaque fois deux tomes publiées aux Presses de la cité. J’ai donc lu le premier opus en avril : Le chardon et le tartan. J’ai passé un bon moment de lecture dans l’ensemble. Le contexte spatio-temporel de l’Écosse du XVIIIe siècle fut une découverte totale pour moi. J’ai beaucoup aimé parcourir les petits détails de la vie quotidienne dans ce pays et à cette époque grâce à la plume assez dense de Diana Gabaldon. J’ai notamment apprécié d’en apprendre davantage concernant les plantes médicinales et leurs usages dans un monde où la médecine (et l’hygiène…) n’en est qu’à ses balbutiements.

Nous faisons la connaissance de Claire, une jeune femme de la première moitié du XXe siècle, qui se retrouve propulsée au XVIIIe siècle lorsqu’elle traverse le cercle de pierre de Craigh na Dun. J’ai apprécié cette héroïne naturelle et spontanée. C’est une femme forte qui ne se laisse pas marcher sur les pieds! Les anachronismes qu’elle véhicule apportent une touche d’humour très agréable. Par contre, j’avoue avoir eu du mal à m’attacher à Jamie. Il m’a semblé parfois insaisissable et machiste. Vous me direz que c’était surement le cas d’une grande majorité des écossais du XVIIIe siècle mais il m’a parfois agacée. Second bémol : les scènes de sexe sont trop présentes à mon goût et n’apportent strictement rien.

Malgré les deux bémols cités ci-dessus, j’ai passé un bon moment de lecture en compagnie de la plume addictive de Diana Gabaldon. J’ai apprécié ma plongée dans l’Écosse du XVIIIe siècle aux côtés de Claire. Je suis en train de lire le tome 2 (Le Talisman) qui m’entraine dans la France de Louis XV au cœur des tractations concernant le trône d’Écosse. Je me régale!

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Fanny

Un assassin de première classe de Robin Stevens

Résumé de l’éditeur : Hazel et Daisy partent en vacances à bord de l’Orient-Express avec M. Wong. Une seule interdiction : jouer les détectives. Alors qu’un espion se cache dans le train, une riche héritière est assassinée dans une cabine verrouillée de l’intérieur. Le club de détectives est obligé de reprendre du service ! Attention, elles ne sont pas les seules sur l’affaire…

J’aime beaucoup lire un roman jeunesse une fois de temps en temps. Ce type de littérature regorge de petite pépite qu’il est très agréable à parcourir. Un assassin de première classe fait partie d’une série (il s’agit du troisième tome) mais peut très bien se lire indépendamment, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait. J’ai fait la connaissance de deux jeunes filles de 14 ans complétement inconscientes mais tellement courageuses et perspicaces. Elles se sont découvertes des talents de fin limier et ont donc créé le club de détectives Wells & Wong. Entre moments de tension, d’émotion mais aussi d’humour, je les ai suivies avec beaucoup d’intérêt.

Comme le titre et l’enquête le laissent deviner, il s’agit d’un hommage à Agatha Christie et à son célèbre roman Le meurtre de l’Orient-Express. A l’image de ce dernier, ce train mythique est ici plus vraie que nature. Il y a également quelques références à Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle. Je ne me suis jamais ennuyée. Sous la plume d’Hazel, nous sommes entrainés au cœur d’une double enquête dont le dénouement est pour le moins incertain. J’ai beaucoup aimé les descriptions des différents protagonistes et notamment des suspects. Ces derniers ont tous une caractéristique ou un signe distinctif particuliers qui brouillent les pistes.

Un assassin de première classe est un bon petit roman jeunesse mais aussi policier. Je me suis beaucoup amusée à suivre Hazel et Daisy. Les autres personnages ne sont pas en reste et sont très bien croqués. Et puis, il faut le dire, le cadre de l’Orient-Express provoque un certain émerveillement. J’espère avoir l’occasion de lire une autre enquête du club de détectives Wells & Wong.

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Fanny

Call me by your name d’André Aciman

Résumé de l’éditeur : Andre Aciman’s Call Me by Your Name is the story of a sudden and powerful romance that blossoms between an adolescent boy and a summer guest at his parents’ cliffside mansion on the Italian Riviera. Each is unprepared for the consequences of their attraction, when, during the restless summer weeks, unrelenting currents of obsession, fascination, and desire intensify their passion and test the charged ground between them. Recklessly, the two verge toward the one thing both fear they may never truly find again: total intimacy. It is an instant classic and one of the great love stories of our time. / Résumé en français des éditions Grasset : Elio Perlman se souvient de l’été de ses 17 ans, à la fin des années quatre-vingt. Comme tous les ans, ses parents accueillent dans leur maison sur la côte italienne un jeune universitaire censé assister le père d’Elio, éminent professeur de littérature. Cette année l’invité sera Oliver, dont le charme et l’intelligence sautent aux yeux de tous. Au fil des jours qui passent au bord de la piscine, sur le court de tennis et à table où l’on se laisse aller à des joutes verbales enflammées, Elio se sent de plus en plus attiré par Oliver, tout en séduisant Marzia, la voisine.

Ce livre d’abord publié en 2007 a connu un retour fulgurant grâce à l’adaptation cinématographique sortie il y a peu. Suite aux avis de copinautes à qui je me fie les yeux fermés, je me suis plongée à mon tour entre les pages de cette histoire d’amour hors du commun. Elio nous raconte des années plus tard sa puissante rencontre avec Oliver, mais l’ensemble reste tout de même bien ancré dans le présent des années 80. La touffeur si particulière de l’Italie en été enveloppe un peu plus ce roman  dans une atmosphère ardente et voluptueuse. André Aciman décrit des scènes et des dialogues qui se gravent à jamais dans l’esprit du lecteur (le tête à tête entre Elio et son père est tellement beau et saisissant). Le ton est tantôt mélancolique, tantôt nostalgique et parfois impérieux. La chute m’a beaucoup plu à la fois douce et amère.

« The light of my eyes, I said, light of my eyes, light of the world, that’s what you are, light of my life. » (p. 85)

Une certaine tension sexuelle se dégage de plusieurs passages. Elle est clairement explicite mais toujours bien amenée par la description du désir, de l’attente, de l’impatience et de l’imagination de notre jeune héros (passionné de littérature et de musique classique). Même si on devine facilement qu’il ne s’agit pas d’une première aventure pour Oliver mais aussi pour Elio, c’est le caractère fulgurant, unique et indélébile de cette relation qui en fait l’histoire d’amour d’une vie, vous hantant pour toujours. Elio vit de véritables montagnes russes de sentiments. On le suit dans ses cheminements de pensée et dans ses états d’âme. Tout est très  riche, détaillé, réaliste et crédible. A noter également de belles références notamment à Claude Monet, Vincent Van Gogh ou encore Emily Brontë.

C’est un beau coup de cœur pour cette histoire d’amour comme on en lit peu. Elio et Oliver vont me suivre encore longtemps. J’ai l’impression d’avoir vécu intensément cette histoire. C’est suffisamment rare pour chérir ces souvenirs de lecture. Par contre, un petit conseil, ne lisez pas le résumé français en entier (je l’ai volontairement écourté ci-dessus), il en dévoile beaucoup trop et ne rend pas du tout hommage au contenu du roman.

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Fanny

4 3 2 1 de Paul Auster

Résumé de l’éditeur : À en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Ham- bourg et s’embarqua sur l’Impératrice de Chine qui franchit l’Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis jeta l’ancre dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. À Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à l’auteur, le nouvel arrivant fut rebaptisé Ferguson. Dès lors, en quatre variations biographiques qui se conjuguent, Paul Auster décline les parcours des quatre possibilités du petit-fils de l’immigrant. Quatre trajectoires pour un seul personnage, quatre répliques de Ferguson qui traversent d’un même mouvement l’histoire américaine des fifties et des sixties. Quatre contemporains de Paul Auster lui-même, dont le “maître de Brooklyn” arpente les existences avec l’irrésistible plaisir de raconter qui fait de lui l’un des plus fameux romanciers de notre temps.

Qu’il est difficile d’écrire un avis sur un roman tel que celui-ci, si dense et si complet! Lors de ma lecture, j’ai vraiment eu la sensation d’avoir sous les yeux une œuvre majeure, de celles qui sortent du lot et qui ne peuvent naitre qu’à un certain moment de la vie. 4 3 2 1 nous conte les quatre destins différents d’un seul personnage. Le hasard, les conjectures, les choix et l’Histoire  aiguillonnent les quatre Ferguson sur les chemins de l’existence. On découvre chaque Archie jusque dans les tréfonds de leur âme et de leur questionnement. C’est une ode à l’enfance, à l’adolescence et à tout ce qui se joue à ces moments fatidiques de la vie. Paul Auster prend son temps et décortique chaque situation. A aucun moment, je n’ai mélangé les différents personnages. L’auteur fait habilement des rappels pour ne pas perdre son lecteur en route. J’ai tout de même pris le soin de prendre des notes sur chaque Ferguson afin de les relire et d’avoir ainsi une vue d’ensemble à la fin de ma lecture.

L’Histoire prend plus ou moins de place mais c’est toujours avec beaucoup de pertinence que l’auteur présente le contexte historique des années 50 et 60 des États-Unis avec de grands événements et leurs protagonistes : les assassinats de Martin Luther King, de J. F. Kennedy puis de Malcolm X, la guerre du Vietnam, la présidence de Johnson et les affrontements raciaux. C’est un pays tout en dualité qui nous est montré à la fois d’une extrême violence mais aussi d’une créativité folle (cinéma, littérature, musique et sports). Paul Auster rend un hommage à tout ce qu’il aime : la littérature, le baseball, New-York et la France. Pour ne rien gâcher, ce roman recèle une bonne partie d’autobiographie facilement discernable pour qui connait un peu le parcours de Paul Auster. Ce dernier use de sa plume ciselée avec soin. Il semble que chaque mot soit choisi et pesé avec avec une attention particulière. Quel plus beau cadeau pour un lecteur?

Il s’agit d’une chronique dithyrambique, j’en conviens, pour un roman impressionnant sur tous les plans. Je me suis attachée aux quatre Archibal Feguson, et quelle déchirure à chaque drame, chaque désillusion ou chaque déception. La chute est excellente et donne un sens profond à tout ce qui a précédé. C’est un un livre étonnant, unique et terriblement bien écrit sur des destins particuliers et sur les États-Unis d’une certaine époque. J’ai surement oublié de parler de plein d’éléments mais toujours est-il que je vous conseille vivement cette lecture.

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Fanny

Garder la tête hors de l’eau de Nicolaia Rips

Résumé de l’éditeur : Si les plus célèbres résidents du Chelsea Hotel à New York – Andy Warhol, Leonard Cohen ou encore Patti Smith – ne hantent plus ses couloirs depuis longtemps, l’atmosphère festive de ce lieu mythique est demeurée intacte. Fille d’un avocat devenu romancier et d’un ancien mannequin, Nicolaia Rips a grandi dans cet écrin d’artistes et d’originaux. Elle-même différente des autres enfants, ses tentatives maladroites d’intégration se soldent systématiquement par des échecs fracassants. Et si son principal talent, celui de porter des toasts, fait la fierté de son père, il se révèle peu utile pour nouer des amitiés. C’est donc tout naturellement dans la faune excentrique du Chelsea Hotel qu’elle va trouver sa véritable famille… Avec candeur et humour, Nicolaia Rips livre le récit haut en couleur de son enfance si singulière.

Agée d’un peu moins de 20 ans, Nicolaia Rips nous livre ici un premier livre autobiographique. L’ensemble est composé de chapitres courts et rythmés. Ces derniers retracent les petits et grands moments de son enfance et de son adolescence. Nicolaia Rips a vécu dans l’univers hors du commun et excentrique du Chelsea Hôtel (à New-York) entre un père écrivain et une mère ex-mannequin. Son entourage se compose également des autres résidents tous plus loufoques les uns que les autres mais portant toujours un regard bienveillant sur la petite Nicki. Celle-ci possède le don de se mettre dans des situations à peine croyable. Elle explique très bien elle-même que la frontière des souvenirs entre réalité et imaginaire est parfois ténue.

Derrière le ton léger et souvent humoristique, se cache une thématique beaucoup moins drôle. En effet, Nicolaia est une petite fille qui se construit hors du moule grâce à une éducation anti-conformiste. Lorsqu’elle fait son entrée à l’école, le harcèlement scolaire ne tarde pas à faire son apparition et à lui pourrir la vie. Nicolaia avance tant bien que mal. Elle nous donne une vraie leçon de vie car elle s’en sort toujours grâce à une échappatoire ou une pirouette. Vous l’aurez compris Garder la tête hors de l’eau est aussi un récit d’apprentissage. On suit avec beaucoup d’intérêt cette petite fille protégée dans les couloirs de l’Hôtel Chelsea qui découvre ensuite le monde extérieur, sa brutalité et ses codes compliqués.

L’ensemble est bien écrit et se tient bien malgré les sauts dans le temps entre chaque chapitre. Je suis assez impressionnée des observations, du recul et parfois de la clairvoyance dont fait preuve Nicolaia Rips. Je me suis  régalée des anecdotes humoristiques de sa toute jeune vie.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions 10/18.

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Fanny

Brooklyn Follies de Paul Auster

Résumé de l’éditeur : Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d’assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude qui ne l’empêche pas d’aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d’écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu’il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps de l’an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C’est ensemble qu’ils vont poursuivre leur chemin, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout le rêve d’une vie meilleure à l’hôtel Existence…

Paul Auster est mon auteur favori depuis l’adolescence. Chacun de ses ouvrages a laissé en moi une empreinte indélébile. Il y a des auteurs comme ça qui vous saisissent à chaque fois. Veuillez donc m’excuser si les propos qui suivent ne sont pas très clair! J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire et à bien cerner la situation. Une fois le récit bien mis en place, quel régal! Comme souvent, Paul Auster nous entraine ici dans un univers particulier fait de situations où le hasard et les coïncidences tiennent une grande place. Il nous présente également des personnages forts et hauts en couleur avec une humanité hors norme qu’il instille en eux et qu’il nous transmet.

Grâce à sa plume inimitable aussi efficace que profonde, Paul Auster déroule un récit réaliste à l’américaine. Le contexte historique est en toile de fond sauf à la toute fin où une vraie cassure dans l’histoire américaine contemporaine se produit. L’auteur développe la jolie idée de « l’hôtel existence » comme un lieu intérieur pour trouver refuge et apaisement. D’ailleurs, je crois que j’y penserais dès que j’aurais besoin de me ressourcer quelques secondes.  Son amour pour son quartier fétiche où il vit transparait à travers ces pages. C’est une véritable petite ville dans la grande où la mixité sociale est présente et où tout le monde peut trouver sa place.

Je suis tellement heureuse d’avoir retrouvé mon auteur favori. Après quelques pages, je suis totalement entrée dans l’histoire. Les personnages, leurs parcours avant et pendant l’intrigue m’ont beaucoup émue. A travers ces lignes, on ressent toute l’humanité de Paul Auster mais aussi son amour pour son quartier, Brooklyn.

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Fanny

Une bonne école de Richard Yates

Résumé de l’éditeur : Septembre 1941, Connecticut. À la Dorset Academy, un campus sélect tout de vieilles pierres et de pelouses géantes, on entend former les fils de la haute bourgeoisie – parents et enseignants répètent à l’envi que c’est une « bonne école ». Pourtant, à son arrivée à l’internat, William Grove découvre l’envers du décor : lui, le fils nerveux d’un couple divorcé, se retrouve projeté dans un climat de « libido à l’état pur », ou les garçons les plus populaires règnent en maîtres. Même les professeurs ressemblent à des lions en cage – en particulier Jack Draper, invalidé par la polio, témoin impuissant de la liaison qu’entretiennent au grand jour sa femme et le prof de français. Et puis il y a Edith Stone, le fantasme de tous les élèves, qui est prête à vivre son premier amour…

C’est toujours avec enthousiasme que je commence un Richard Yates. Une bonne école est son avant-dernier roman. Dès les premières pages, celui-ci m’a déroutée et surprise. Nous sommes introduits dans un pensionnat pour garçons perdu dans la campagne américaine. L’auteur nous dépeint un portrait au vitriol, réaliste et parfois cruel de ces établissements où les rivalités, les humiliations et les petits ou grands drames sont courants. L’ambiguïté réside dans la nostalgie qui transparait parfois. Ceci est surement du à une forte part d’autobiographie car il faut savoir que Richard Yates a fréquenté une institution semblable dans le Connecticut.

Le lecteur assiste presque à un huis-clos où les élèves sont livrés à eux-mêmes et doivent faire leurs armes. C’est parfois un peu violent, glauque et inquiétant. Les professeurs sont à la fois à la traine et franchement névrosés. Ils ne semblent pas vraiment à la hauteur de la fragile réputation de cette école. Le monde extérieur et la Seconde Guerre mondiale font quelques incursions. Ce conflit parait d’abord lointain et irréel. En touchant certains élèves, il finit par devenir le sujet de toutes les conversations. Les éléments autobiographiques sont très nombreux. On les reconnait notamment en William, le principal protagoniste.

Ce court roman est assez particulier et différent de ce que j’ai pu lire précédemment avec Richard Yates. J’ai ressenti un réel intérêt à son égard mais il m’a laissée perplexe par son ambiguïté latente. J’ai surement oublié de parler de plusieurs éléments mais j’avoue que mon ressenti reste flou. Je serait curieuse de connaitre d’autres avis pour en discuter.

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Fanny

Une assemblée de chacals de S. Craig Zahler / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Après avoir tiré un trait sur leurs jeunesses de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du “Gang du grand boxeur” mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif. Mais un fantôme ressurgi du passé annonce qu’il compte s’inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes. La mort dans l’âme, les quatre anciens amis n’ont plus qu’à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu’ils avaient pu imaginer…

Avec ce roman, j’ai totalement repoussé mes limites en matière de littérature. Par pure curiosité, je me suis retrouvée avec ce western entre les mains. J’ai entendu beaucoup de bien de la maison d’édition Gallmeister et notamment chez le Rouquin bouquine. Ma première incursion dans cet univers m’a beaucoup plu, je dois l’avouer. Tous les codes du genre sont réunis : une bande de repris de justice, une confrontation armée sous haute tension, des décors à la Sergio Leone, des détails vestimentaires typiques et de belles chevauchées au cœur des grands espaces américains. Je me suis plutôt amusée avec cette lecture.

Dès les premières pages, le lecteur s’attend à un face à face lors d’un mariage qui aura lieu sous peu. L’auteur brode donc autour de cet événement à venir et fait monter la tension petit à petit. Ceci nous laisse le temps d’apprendre à connaitre les différents personnages qui se retrouvent après plusieurs années d’éloignement. A ma grande surprise, je me suis attachée à ces repentis assez facilement. Leur passé les a rattrapés malgré leurs efforts pour rentrer dans le rang. A noter, des détails parfois un peu gores de châtiments, d’actes de torture ou de blessures font également partie du genre. Je vous rassure, ce ne sont que quelques passages en minorité.

Ma lecture m’a plu. J’ai suivi cette histoire avec intérêt. Je me suis attachée aux quatre repentis et à leur entourage. Ces derniers apprennent à leur dépens que le passé n’est jamais loin. S. Craig Zahler a réuni tous les codes du western pour nous permettre un dépaysement et une plongée au cœur des grand espaces américains.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Gallmeister.

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3 romans, 3 avis, 1 billet / Rentrée littéraire 2017

Je manque cruellement de temps pour tout chroniquer individuellement mais je souhaitais tout de même vous parler de ces trois découvertes littéraires réalisées il y a quelques semaines. Je vous laisse découvrir tout ça!

Une apparition de Sophie Fontanel

Et si arrêter la teinture et laisser pousser ses cheveux gris et blancs apportaient un vrai renouveau? C’est l’idée folle qu’a poursuivi Sophie Fontanelle. Pendant plusieurs mois, elle voit les cheveux blancs prendre le dessus sur sa teinture qu’elle entretenait obsessionnellement jusque là. Elle nous partage ses pensées lors de ce parcours, le regard d’autrui mais aussi l’envie qu’elle suscite chez d’autres femmes. Tout ceci sans pour autant porter de jugement mais plutôt comme un modèle à suivre pour se libérer d’un certain carcan. Le côté mondain (on croise Inès de la Fressange ou encore Arielle Dombasle) est surement ce qui m’a le moins plu. Ceci n’apporte rien à la réflexion intéressante et dans l’air du temps que Sophie Fontanelle développe dans son livre.

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Les maison des Turner d’Angela Flournoy

J’étais plutôt enthousiaste lorsque j’ai commencé ce livre. Dans son premier roman, Angela Flournoy nous plonge dans la vie d’une famille nombreuse afro-américaine. Le contexte me plaisait et le fait de faire intervenir le plus âgé et la plus jeune de la fratrie (qui compte treize frères et sœurs) m’a paru intéressant. J’avoue avoir assez vite décrochée avec  l’impression d’avoir survolée les 200 premières pages. L’ensemble m’a assez vite paru assez long et manquer d’un but. Depuis mon déménagement il y a un peu plus d’un mois, impossible de le reprendre. Le manque de temps et d’enthousiasme m’a clairement fait passer à autre chose. Je n’aime pas ce sentiment d’inachevé mais parfois il est impossible de passer au delà de ce blocage.

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Neverland de Timothée de Fombelle

Avec ce livre biographique pour adulte, Timothée de Fombelle s’essaie à un nouvel exercice. En un peu plus d’une centaine de pages, il part à la recherche de son enfance. Il nous partage ses souvenirs, ses sensations mais aussi ses sentiments. C’est l’occasion de faire remonter les nôtres souvent bien enfouis mais qui ne demandent qu’à refaire surface. Il nous présente l’enfance comme une bouée à laquelle se raccrocher dans nos vies d’adulte. Je dois dire que cette idée est assez réconfortante. Mon seul regret est qu’il s’agit d’un récit tellement intime que cela nous empêche parfois de totalement saisir son contenu. En effet, Timothée de Fombelle se livre complétement grâce à cette poésie qui lui est propre.

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