La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

Résumé de l’éditeur : Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Il m’est impossible de passer à côté d’un roman se déroulant en Cornouailles. Celui-ci en fait parti. Et pour ne rien gâcher, dès le début de l’ouvrage, il est fait référence à Daphné du Maurier et Thomas Hardy. Ma lecture commençait donc sous les meilleurs auspices. Sarah Vaughan nous propose un voyage entre temps présent et flashbacks vers la Seconde Guerre mondiale. Nous suivons le chemin d’un secret de famille longtemps gardé. Des destins se croisent pour se perdre de vue. Mais la vie réserve bien des surprises parfois bonnes et parfois mauvaises. L’écriture de Sarah Vaughan est agréable et fluide. J’ai pris plaisir à parcourir ce roman pendant quelques heures.

Même si cette histoire est émouvante et belle, il m’a manqué un petit quelque chose pour totalement ressentir les choses. Par contre, des thématiques difficiles et assez rares en littérature sont abordées comme la difficulté de maintenir à flot une exploitation agricole dans nos sociétés actuelles où le capitalisme peut être cruel. C’est aussi le retour aux racines qui est traité ainsi qu’à la famille pour faire des choix cruciaux et récupérer des forces pour les affronter. La Cornouailles est une région où les conditions météorologiques ne sont pas forcémment clémentes et mettent les âmes à rude épreuve. C’est d’ailleurs ce qui fait son charme. Les descriptions des paysages le montrent bien.

Sans être d’une grande originalité, ce roman au secret de famille dévoilé m’a dans l’ensemble plu. Il m’a manqué un petit quelque chose pour ressentir réellement les choses. Cependant, le destin des différents personnages est intéressant, l’écriture est agréable et les descriptions de la Cornouailles sont très réussies.

Prelude-300x109

Vous aimerez aussi découvrir :

  • L’auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier
  • L’enfant du lac de Kate Morton
  • Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy

Fanny

Publicités

Le mois anglais : je rempile! [Saison 6]

Comme chaque année, je vais passer mon mois de juin en terre Anglaise grâce au challenge organisé par Cryssilda et Lou. Je vais principalement participer avec des billets de lecture. Pour le 1er juin, j’ai prévu de vous publier un article sur ma visite du Chaplin’s World (Suisse). Si je trouve du temps, je vous concocterais peut-être un article sur plusieurs period-dramas ou séries anglaises vu récemment.

Au programme de mon mois anglais

     frenchman-s-creek            

Pour vous inscrire, c’est ici : et ici :

Le groupe facebook de l’évènement :

Serez-vous au rendez-vous?

Fanny

10 jours dans un asile de Nellie Bly

Résumé de l’éditeur : Engagée en 1887 au New York World du célèbre Joseph Pulitzer, Nellie Bly a pour mission de se faire passer pour folle et d’intégrer un asile d’aliénés, le Blackwell’s Island Hospital à New York. Elle y reste dix jours et en tire un brûlot. Dans ce reportage « undercover », elle met en lumière les conditions épouvantables d’internement des patientes ainsi que les méthodes criminelles du personnel.

Cela fait plusieurs mois que je souhaitais lire cet ouvrage. L’occasion d’une lecture commune avec Bénédicte était trop belle pour passer à côté. Il s’agit d’un recueil de plusieurs articles rédigés par Nellie Bly pour le journal New York Wold dans lequel elle relate son entrée et sa vie dans un asile pour investigation. Son récit commence de façon assez détendue. Nous la suivons dans ses tentatives de se faire interner et découvrons ses talents de comédienne. Ces passages sont d’ailleurs plutôt cocasses. Mais très vite, le lecteur sent cette atmosphère s’étioler pour laisser place au cœur du sujet. Et en effet, une fois internée, le constat est édifiant et glaçant.

Nellie Bly apporte une vision de première main de cette vie en asile. En effet, c’est le quotidien de femmes internées qui nous est donné à voir. Les enfermements pour des raisons floues, les diagnostics douteux, les mauvais traitements ainsi que la misogynie sont légions. Le seul bémol à émettre est que c’est finalement trop court, on aimerait savoir ce que sont devenues ces laissées pour compte même si je ne me fais aucune illusion sur leur devenir… Nellie Bly a su garder son sang froid mais aussi aller au delà de son travail de journaliste puisqu’elle s’est finalement engagée personnellement à dénoncer et faire évoluer les conditions de vie dans ces établissements.

Malgré sa brièveté, ce livre est très intéressant. On y découvre les coulisses et les conditions de l’internement de femmes en asile au XIXe siècle. A seulement 23 ans, Nellie Bly force le respect et l’admiration en bravant toutes les barrières et en dénonçant les conditions de détention de ces établissements dont on ne sortait que rarement. À noter également, la présence en fin d’ouvrage de deux articles bonus traitant de la recherche d’une place de domestique et de la vie d’ouvrière dans une usine.

Lu en lecture commune avec Bénédicte.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Harriet d’Elizabeth Jenkins
  • La cuisinière de Mary Beth Keane
  • La petite femelle de Philippe Jaenada

Fanny

Miniaturiste de Jessie Burton

Résumé de l’éditeur : Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, riche marchand, il vit dans une opulente demeure entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. Johannes offre à son épouse une maison de poupée représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de mettre peu à peu au jour de dangereux secrets… 

Je vous retrouve aujourd’hui pour écrire à propos d’un roman faisant beaucoup parler de lui en ce moment. Me concernant, il s’agit d’une déception. Les premières pages m’ont beaucoup plu et notamment le prologue. Il met d’emblée dans l’ambiance : un premier mystère et un premier élément à découvrir. L’atmosphère générale assez pesante et énigmatique m’a enthousiasmée tout comme le contexte spatio-temporel de l’Amsterdam du XVIIe siècle. Le style de Jessie Burton est agréable à lire. Les diverses descriptions sont réussies. Certains personnages m’ont convaincue comme Marin ou encore la domestique, Cornella.

Malheureusement, les points positifs évoqués ci-dessus n’ont pas suffi à faire pencher la balance en faveur de cette lecture. L’autrice tire son intrigue en longueur pour, au final, la sous-exploiter. Le dénouement en devient franchement décevant. De plus, Jessie Burton ne mène pas son récit de façon très subtile. En effet, les rebondissements sont amorcés de façon trop visible. Parlons maintenant de l’héroïne, Nella, censée être une toute jeune fille du XVIIe siècle. Elle n’agit pas du tout comme tel et manque cruellement de crédibilité. Certains passages la concernant (ils sont rares heureusement) sont franchement ratés.

Ce roman me laisse une sensation étrange. Il y a du très bon (le cadre spatio-temporel, certains personnages, l’idée d’une intrigue autour d’un miniaturiste) et du beaucoup moins bon (l’héroïne, le dénouement, le manque de subtilité dans la construction du récit). Malgré tout, on sent chez Jessie Burton un vrai potentiel. A mon avis, il s’agit d’une autrice à suivre. J’essaierais de lire son dernier roman, Les filles au lion, afin de me faire une idée plus précise.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • La cuisinière Mary Beth Keane
  • Les mots entre mes mains de Guinevere Glasfurd
  • Nora Webster de Colm Tóibín

Fanny

3 romans, 3 avis, 1 billet

Le crime du golf de Agatha Christie

Il s’agit de l’Agatha Christie de mars lu dans le cadre de mon challenge personnel un Agatha Christie par mois. Cette seconde enquête d’Hercule Poirot m’a davantage convaincue que la première (La mystérieuse affaire de Styles). Cette histoire contient son lot de mystères et de personnages. Elle se déroule en France et est beaucoup plus maitrisée que la précédente mais aussi plus intéressante. L’humour est assez présent. Poirot et Hastings sont en grande forme et c’est peu de le dire! J’ai aimé le dénouement en lui même mais pas forcément la façon dont Agatha Christie le mène. En effet, la fin m’a paru un peu complexe. On passe rapidement d’une hypothèse à une autre. Ceci alourdit le récit dans les dernières pages. Elle s’évertue également un peu trop à perdre son lecteur et en oublie une certaine subtilité. Mis à part cela, ce fut une bonne lecture.

Stasi Child de David Young

Découvert il y a peu sur le blog de photographies Rotdenken, ce roman ne m’aura pas fait de l’œil très longtemps. Deux histoires parallèles amenées à se rejoindre nous sont exposées. Nous faisons d’abord la connaissance d’une enquêtrice de la RDA qui va devoir remonter le fil d’un meurtre mais aussi régler ses soucis maritaux. Son opinion à propos du régime pour lequel elle travaille va également évoluer au fil des pages. Puis, c’est au tour de Irma Behrendt de nous être présentée alors qu’elle se trouve dans la maison de correction de Prora. Le contexte spatio-temporel est très intéressant. Nous sommes en 1975 du côté Est du mur qui sépare Berlin mais aussi tout un pays. On apprend beaucoup à propos de la vie en RDA mais aussi de certaines pratiques. Il s’agit d’un roman à l’ambiance inquiétante mais franchement passionnant!

Les enquêtes d’Hercule Poirot de Agatha Christie

C’est maintenant le tour de l’Agatha Christie du mois d’avril. Ce premier recueil de nouvelles de la Reine du crime a été publié en 1924. Il regroupe 14 textes écrits en 1923. Le moins que l’on puisse dire est qu’Agatha Christie fut une autrice sacrément prolifique! Pour ses premières nouvelles et à mon sens, Agatha Christie ne se montre pas à la hauteur de l’exercice. De courts textes nécessitent d’être percutants tout comme leurs chutes doivent être marquantes. Ici, ce n’est pas le cas. Cela laisse malheureusement une impression de vite lu et vite oublié… Les thématiques et les types de personnage sont, à mon sens, trop redondants d’une nouvelle à une autre. Ces dernières restent tout de même divertissantes sur le moment et sont ponctuées d’humour, de bons mots et d’une ambiance délicieuse.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Black-out de John Lawton
  • Dix petits nègres de Agatha Christie
  • Tous les rêves du monde de Theresa Révay

Fanny

Petites surprises sur le chemin du bonheur de Monica Wood

Résumé de l’éditeur : A 104 ans, Mlle Ona Vitkus pensait en avoir fini avec les sentiments. Mais l’arrivée dans sa vie si ordonnée d’un jeune garçon pas comme les autres va tout chambouler. Du jour au lendemain, la vieille dame se trouve embringuée au cœur d’une famille en plein tourment, et même dans un road trip inattendu et burlesque. Chemin faisant, elle découvre que la vie lui réserve encore bien des surprises, et, surtout, qu’elle a encore beaucoup à offrir à ceux qui croyaient avoir tout perdu…

Une autrice inconnue et une maison d’édition dont je n’ai jamais lu d’ouvrages? Banco, je tente! Nous faisons la connaissance de plusieurs personnages. Dès le début, des questions se posent : quels liens ont-ils entre eux? Quel est ce mystère que renferment les premières pages? Mais très vite, l’impossible se dévoile et nous ouvre les yeux sur les tourments des protagonistes. C’est là que commence une véritable aventure pour une centenaire solitaire au caractère bien trempé. Nous la suivons alors qu’elle fait la connaissance d’abord du père puis de la mère d’un petit garçon scout qui vient l’aider dans certaines tâches mais surtout s’intéresse à son histoire personnelle. Entre flashbacks et temps présent, Monica Wood déroule un récit doux-amer.

Entre drame et situations cocasses, l’autrice distille des thématiques parfois difficiles ou tabou. Elle pose notamment la question de la perte et de la façon de sortir d’une telle épreuve et de vivre avec la douleur. C’est aussi la solitude de la vieillesse qui nous est montrée. Ona est attachante. A l’hiver de sa vie, elle apporte énormément à toute une famille. Son expérience, sa philosophie, son oreille attentive mais aussi son humour vont aider certains à se reconstruire. Elle est extrêmement attachante. Le monde loufoque du Guinness des records apporte une touche de fantaisie à l’ensemble. Les passionnés de listes en tout genre sont également mis à l’honneur. Je regrette simplement la longueur de certains passages.

Sans être un coup de cœur, ce roman m’a plu et m’a fait passer un bon moment de lecture. Malgré quelques longueurs, je me suis attachée aux personnages et à leur destin. Ne vous attendez pas un roman totalement feel-good car Monica Wood aborde des sujets bien difficiles.

logo

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Amours et autres enchantements de Sarah Addison Allen
  • Etta et Otto (et Russell et James) de Emma Hooper
  • L’île des beaux lendemains de Caroline Vermalle

Fanny

Bilan de mes lectures : AVRIL 2017 ~ Lectures à venir : MAI 2017

Deux déceptions sont à déplorer pour le mois d’avril. Heureusement, le reste de mes lectures est venu contrecarrer ce constat. J’ai marché dans les pas d’une correspondante de guerre lors de conflits ayant secoués les années 30 et 40, j’ai assisté à un mystérieux évènement en plein New-York, j’ai suivi une centenaire dans son aventure folle d’apparaitre dans le Guinness des records, j’ai découvert la RDA au coté d’une enquêtrice, j’ai plongé dans l’Amsterdam du XVIIe siècle, j’ai suivi Marie-Thérèse dans la fuite de sa famille à Varennes et j’ai assisté à la résolution de plusieurs enquêtes par le célèbre Hercule Poirot. Comme vous l’avez vu, ce fut un mois fort en voyages littéraires!

Nombre de livres lus : 7

Nombre de pages lues : 2388


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

La vie ne danse qu’un instant de Theresa Révay, éd. Albin Michel, 507 p.

J’ai beaucoup aimé ce nouveau roman de Theresa Révay. La vérité historique est très bien retranscrite tout comme la montée insidieuse du fascisme et des extrêmes. Nous suivons Alice Clifford. Cette dernière est correspondante de guerre et parcours l’Europe sur les différents territoires brûlants à la veille mais aussi pendant la Seconde Guerre mondiale.

4,5/5

Les trois fantômes de Tesla, Tome 1 : Le mystère Chtokavien de Guilhem et Marazano, éd. Le Lombard, 48 p.

Ce premier tome ne suffit pas pour se faire une véritable idée concernant cette histoire. En effet, il s’agit d’une introduction qui présente principalement le contexte spatio-temporel et les personnages. Malgré tout, cette mise en place est doublée d’un peu de suspens et de rebondissements. Les dessins donnent une vraie ambiance rétro à l’ensemble.

3,5/5

Petites surprises sur le chemin du bonheur de Monica Wood, éd. Kero, 398 p.

Nous faisons la connaissance d’une centenaire solitaire et au caractère bien trempé ainsi que d’une famille brisée par un drame. Entre flashback et temps présent, Monica Wood déroule un récit doux-amer doublé d’humour et de passages franchement cocasses. Dommage qu’il y ait quelques longueurs.
4/5

Stasi child de David Young, éd. Fleuve, 432 p.

Ce roman met en scène une enquêtrice de la RDA qui va devoir remonter le fil d’un meurtre mais aussi régler ses soucis maritaux. Le contexte spatio-temporel est très intéressant. On apprend beaucoup à propos de la vie à l’est du mur mais aussi de certaines pratiques. Un roman à l’ambiance inquiétante mais franchement passionnant!

5/5

Miniaturiste de Jessie Burton, éd. Folio, 528 p.

Petite déception pour ce roman. L’ambiance pesante et énigmatique m’a beaucoup plu tout comme le contexte spatio-temporel. Par contre, l’autrice tire en longueur son intrigue et ne la mène pas de façon très subtile. L’héroïne est aussi décevante. Malgré tout, on sent chez Jessie Burton un vrai potentiel. Une autrice à suivre!

2,5/5

1791, une princesse en fuite de Gwenaële Barussaud, éd. Scrineo, 160 p.

Cette nouvelle histoire signée Gwenaële Barussaud est un bon roman historique pour la jeunesse permettant de découvrir la fuite de Varennes mais aussi l’intimité de la famile royale à travers les yeux de Marie-Thérèse, fille de Louis XVI et Marie-Antoinette. Le lectorat s’attachera forcément à ce personnage au destin pour le moins atypique.

4/5

Les enquêtes d’Hercule Poirot de Agatha Christie, éd. Le Masque, 315 p.

Seconde déception du mois d’avril. Pour ses premières nouvelles et à mon sens, Agatha Christie ne se montre pas à la hauteur de l’exercice. De courts textes nécessitent d’être percutants tout comme leurs chutes doivent être marquantes. Ici, ce n’est pas le cas. Cela laisse une impression de vite lues et vite oubliées… Ces nouvelles restent divertissantes sur le moment et sont ponctuées d’humour et de bons mots.

2,5/5

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN MAI

         

    

Je vous souhaite un TRÈS BEAU MOIS DE MAI!

Fanny