Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Un professeur d’histoire contemporaine de l’université de Colombie-Britannique est persuadé que la mort successive de ses deux parents en 1967 et 1968 est liée à l’assassinat de Robert Kennedy. Le roman déroule en parallèle l’enquête sur son père, psychiatre renommé, spécialiste de l’hypnose, qui a quitté précipitamment la France avec sa mère à la fin des années quarante pour rejoindre le Canada et le parcours de Robert Kennedy. Celui-ci s’enfonce dans la dépression après l’assassinat de son frère John, avant de se décider à reprendre le flambeau familial pour l’élection présidentielle de 1968, sachant que cela le conduit à une mort inévitable. Ces deux histoires intimement liées sont prétexte à revisiter l’histoire des États-Unis des années soixante. Contre-culture et violence politique dominent cette période pourtant porteuse d’espoir pour une génération dont on comprend comment et par qui elle a été sacrifiée. Après La malédiction d’Edgar et Avenue des Géants, Marc Dugain revient avec ce roman ambitieux à ses sujets de prédilection où se côtoient psychose paranoïaque et besoin irrépressible de vérité.

Je suis toujours curieuse de découvrir un peu plus les États-Unis par le biais de la littérature. Les assassinats successifs de John Fitzgerald Kennedy en 1963 puis de son frère Robert en 1968 représentent un véritable tournant dans l’histoire contemporaine de ce pays. Marc Dugain nous propose un ouvrage hybride entre enquête et fiction par alternance de chapitres. Une partie de ce livre est donc consacrée à l’exposé et les conclusions des investigations de l’auteur concernant les deux meurtres. Marc Dugain nous donne à voir la réalité des faits tout en nous apportant son intime conviction. La seconde partie est une fiction où le lecteur suit un personnage en quête de vérité sur la mort mystérieuse de ses parents.

L’auteur apporte un éclairage intéressant sur Bobby Kennedy, troisième garçon de la famille et souvent dans l’ombre. C’est un personnage névrosé mais aussi très humain dont l’assassinat n’est en aucun cas une surprise. L’histoire des Kennedy en général est franchement passionnante. Nous naviguons entre complots, combats politiques, assassinats, luttes de pouvoir et héritage familial. J’avoue avoir préféré l’enquête à la fiction. Cette dernière, sans être totalement dénuée d’intérêt, m’a paru plus poussive. Le personnage porte le nom de Marc O’Dugain. Ce choix m’a beaucoup questionnée. Par contre, les explications autour de l’utilisation de l’hypnose à des fins plus que troubles m’ont passionnée.

Marc Dugain signe un livre hybride où l’enquête historique fait face à la fiction. J’ai ressenti une préférence pour l’histoire des Kennedy ainsi qu’un attachement pour Bobby. Le récit de Marc O’Dugain m’a davantage laissée de marbre même si sa quête est intéressante et ses découvertes parfois glaçantes.

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Summer de Monica Sabolo / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ? Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.

J’ai lu ce roman d’une traite lors d’un voyage en train et je crois que c’était le meilleur moyen pour m’immerger dans ce récit. Le présent et le passé se mélangent dans chaque chapitre. Nous sommes parfois un peu perdus dans la chronologie. Mais pour le coup, j’ai vraiment eu l’impression d’entrer dans les rouages psychologiques et brumeux de Benjamin. Ce dernier perd pied suite à la disparition soudaine et inexplicable de sa sœur, Summer. S’en suit une descente aux enfers entre interrogations, culpabilité et secrets de famille. Les souvenirs du jeune homme se greffent à des songes. Ils refont surface à la manière de visions révélatrices. Malgré tout, la réalité et la vérité n’ont de cesse de se dérober jusqu’à la chute de cette histoire.

La disparue, pauvre petite fille riche un brin capricieuse, n’est pas un personnage des plus attachants mais j’avoue ne pas m’y être attardée. Les héros sont bien ceux qui restent et qui subissent la perte. Monica Sabolo dresse un roman assez intéressant et immersif. Elle entretien un relatif suspens en donnant des informations au compte-gouttes. La chute n’est pas des plus foudroyantes mais a le mérite de mettre en avant un phénomène souvent méconnu et tabou mais qui concerne des milliers de personnes. Le contexte du bord du lac Léman et de son eau à la fois scintillante et insondable m’a beaucoup plu et d’autant plus que j’y ai passé un weekend il y a peu. Les descriptions ont fait ressurgir mes souvenirs et mes impressions concernant ce superbe lieu.

Dans l’ensemble, j’ai adhéré à ce roman. Le personnage de Summer, la disparue, n’est pas le plus réussi. Cependant, j’ai apprécié suivre la descente psychologique de Benjamin comme sa remontée. Le contexte du lac Léman se prête très bien à cette histoire. J’ai particulièrement apprécié ce mélange de souvenirs, de songes et de visions révélatrices.Vous aimerez aussi découvrir :

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Tu seras ma beauté de Gwenaële Robert / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Lisa, une professeure de sport au physique parfait, ne perd pas de temps en grands discours. C’est une femme directe. Mais lorsqu’elle rencontre, lors d’un salon du livre, Philippe Mermoz, séduisant auteur à succès, elle pressent que sa seule beauté ne suffira pas. Elle demande à Irène, une collègue de français à l’apparence ordinaire, éprise de littérature, d’écrire à sa place quelques lettres destinées à le charmer. Irène accepte, se prend au jeu, et voilà que ses jours monotones, un peu tristes – un mari notaire, un enfant qu’elle n’arrive pas à avoir –, s’en trouvent profondément bouleversés. La correspondance s’intensifie, devient intime, se prolonge. Jusqu’à ce que Lisa, perdant patience, décide de retrouver l’écrivain pour une nuit… Irène sombre dans le désarroi. Peut-elle continuer à vivre comme avant ?

Pour son premier roman adulte, Gwenaële Robert ne s’attaque pas à l’exercice le plus simple. En effet, avec Tu seras ma beauté, elle nous propose une réécriture moderne du célèbre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. N’ayant jamais eu l’occasion de lire le roman original, j’ai parcouru un résumé détaillé avant de commencer ma lecture afin de me remémorer l’histoire. L’autrice nous propose ici un véritable hommage à la littérature ainsi qu’à l’écriture. Au fil des pages, on ressent une certaine nostalgie envers les relations amoureuses épistolaires. Gwenaële Robert signe une romance contemporaine joliment menée.

L’autrice reprend les éléments principaux de la pièce d’Edmond Rostand. Cependant et à première vue, cette réécriture me semble plus gentillette et surement moins tragique que la pièce d’origine. Malgré tout, je lui ai trouvé un charme certain et notamment grâce au personnage d’Irène et de ses pensées. On retrouve bien entendu des références à quelques dialogues de Cyrano de Bergerac. Le titre du roman fait d’ailleurs parti d’une strophe pleine de sens et qui regroupe tout l’enjeu de l’histoire originale mais aussi de ce roman-ci. Le seul bémol à mon sens réside dans la description du personnage de Lisa qui est beaucoup trop stéréotypé à mon gout.

Le premier roman adulte de Gwenaële Robert est plutôt réussi. C’est un bel hommage à Cyrano de Bergerac mais aussi à la littérature et à l’écriture en général. A mon sens, il ne manque plus que davantage de subtilités dans les descriptions de certains personnages pour optimiser tout le potentiel de l’autrice. Je continuerais de suivre les parutions de cette dernière, c’est certain!

Merci Gwenaële de m’avoir fait parvenir votre dernier roman.

Sortie le 24 août 2017.

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1791, une princesse en fuite de Gwenaële Barussaud

Résumé de l’éditeur : 20 juin 1791 : Marie-Thérèse, fille aînée de Louis XVI, roi de France, reçoit de sa mère Marie-Antoinette la consigne de quitter sa chambre le soir-même pour rejoindre son frère et sa gouvernante… C’est le début d’une fuite effrénée au cours de laquelle Marie-Thérèse et sa famille voyageront incognito vers la frontière. Tandis qu’ils oscillent entre mouvements de panique et flambées d’espoir, Marie-Thérèse se rappelle son enfance fastueuse à Versailles et ses premières terreurs de jeune fille de 11 ans en 1789. Le voyage est long, rien ne s’y passe comme prévu, et l’on se prend à espérer comme l’héroïne un enchaînement moins tragique.

J’ai découvert Gwenaële Barussaud avec le premier tome de la série des Miss Dashwood, nurse certifiée qui fut une bonne surprise. Ici, l’autrice nous propose un nouveau roman jeunesse d’une toute autre trempe. En effet, elle reprend le célèbre évènement de la Révolution qu’est la fuite de Varennes par la famille royale. Elle nous donne à voir  cet épisode historique à travers le regard de la toute jeune fille qu’est Marie-Thérèse surnommée Madame Royale, fille aînée de Louis XVI et Marie-Antoinette. Le contexte est très dur pour une enfant : les bouleversements de la Révolution, l’emprisonnement à peine voilée aux Tuileries, l’inévitable fuite, les quolibets envers ses parents, la violence et les trahisons de la cour.

Gwenaële Barussaud redonne vie à un personnage trop souvent oublié de cette période trouble. Marie-Thérèse sera pourtant la seule survivante de sa famille. Elle est l’aînée de la famille royale et a un rôle déjà bien défini. La reconstitution de son caractère et de ses réactions m’a paru crédible. Elle garde confiance en la maitrise de son père jusqu’au bout. L’autrice arrive habilement à insérer ici et là des notions concernant le règne de Louis XVI. Le récit oscille entre drame et espoir afin de ne pas plomber totalement l’ensemble. A la fin, quelques pages biographiques concernent l’héroïne que nous avons suivi pendant un peu plus de 100 pages. Le roman s’arrête alors que Marie-Thérèse ne se doute pas que malgré l’épreuve de Varennes un malheur indicible l’attend encore.

Il s’agit d’un bon roman historique pour la jeunesse permettant de découvrir un évènement important de l’Histoire de France à partir de 11 ans. Gwenaële Barussaud à travers les yeux de Marie-Thérèse nous montre l’intimité de la famille royale. Le lectorat s’attachera forcément à ce personnage au destin pour le moins atypique.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Scrineo.

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La vie ne danse qu’un instant de Theresa Révay

Résumé de l’éditeur : Rome, 1936. Alice Clifford, la correspondante du New York Herald Tribune, assiste au triomphe de Mussolini après sa conquête de l’Abyssinie. Sa liaison avec Don Umberto Ludovici, un diplomate proche du pouvoir fasciste, marié et père de famille, ne l’aveugle pas. Son goût pour la liberté l’empêche de succomber aux sirènes des dictatures. La guerre menace, les masques vont tomber. Alice découvre les conspirations qui bruissent dans les couloirs feutrés du Vatican et les rues ensanglantées de Berlin. Son attirance pour un journaliste allemand au passé trouble révèle les fêlures de son passé. Si l’aventurière ne renie jamais ses convictions de femme moderne, toute liberté a un prix. Jusqu’où ira-t-elle pour demeurer fidèle à elle-même ? Des palais de Rome à la corniche d’Alexandrie, des montagnes d’Ethiopie aux plaines de Castille, une Américaine intrépide et passionnée témoigne d’un monde qui court à sa perte. Theresa Revay nous offre l’inoubliable portrait d’une femme pour qui la vie ne brûle et ne danse qu’un instant.

Theresa Révay est une autrice que j’admire depuis ma lecture de deux de ses romans, Dernier été à Mayfair et Tous les rêves du monde. Autant vous dire qu’une nouvelle publication ne pouvait que m’enthousiasmer. Encore une fois, je n’ai pas été déçue. Theresa Révay n’est pas de ces auteurs qui écrivent un roman dans la rapidité. Elle prend son temps, se rend sur les lieux qu’elle souhaite décrire (d’ailleurs n’hésitez pas à suivre ses pérégrinations et ses impressions qu’elle partage parfois sur sa page facebook) et fait des recherches aux quatre coins de l’Europe. Elle prend véritablement le pouls de chaque éléments afin de pouvoir les retranscrire au plus proche de la réalité. Cette méthode fonctionne et se ressent à chaque page. Elle possède ce don de redonner vie et substance  à une certaine époque et de tout ce qui la compose. La part de romance n’est pas ce que j’ai préféré même si je dois bien avouer qu’elle est assez bien amenée.

Nous suivons une héroïne, Alice Clifford. Cette dernière est correspondante de guerre et parcours l’Europe sur les différents territoires brûlants à la veille mais aussi pendant la Seconde Guerre mondiale entre l’Éthiopie, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne ou l’Égypte. La force de cette femme cache en réalité bien des fêlures qui nous sont révélées au fur et à mesure. On ne se perd pas dans la part de fiction ou de vérités historiques. Il suffit de taper un nom sur la toile pour se rendre compte que presque tous les personnages secondaires ont bien vécu. Ce réalisme est un régal et donne à l’historique autant de place qu’aux personnages ou à l’intrigue. C’est aussi un morceau d’histoire du journalisme qui nous est montré à une époque où internet ne permet pas une transmission fulgurante de l’information et d’autant plus lorsque le siège de sa rédaction se trouve au-delà de l’Atlantique.

Sans trop de surprise, j’ai beaucoup aimé ce roman. La vérité historique est très bien retranscrite tout comme la montée insidieuse du fascisme et des extrêmes. Dans cette chronique, je n’en dévoile volontairement pas trop car ce roman assez dense recèle des facettes qu’il serait dommage de dévoiler. Je peux tout de même vous dire que la chute ne pourra pas vous laisser de marbre. C’est la vie dans tout ce qu’elle a de beauté mais aussi de cruauté et d’injustice. L’autre rive du Bosphore m’attend dans ma pile à lire. Je n’en ai donc pas encore fini avec Theresa Révay!

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Albin Michel.

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Les piqûres d’Abeille de Claire Castillon

Résumé de l’éditeur : Je l’ai repérée tout de suite, avec sa couronne dans les cheveux. J’ai compris que je pourrais lui faire confiance. A quoi bon avoir une meilleure amie et une amoureuse ? Abeille allait remplir les deux fonctions. Lou, mon ancienne amoureuse de CP, était bien trop gamine. En ce qui me concerne, je suis très mûr, assez marrant et plutôt intelligent, il me faut donc une fiancée qui dépote. D’emblée, j’ai senti qu’Abeille avait du tempérament. Avec Abeille, tout est possible.

Ce court roman jeunesse m’a agréablement surprise. En commençant ma lecture, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Claire Castillon tisse son histoire autour de thématiques fortes mâtinées de légèreté comme le premier coup de foudre, l’obésité chez les plus jeunes et le poids de l’avis parental. Ce sont celles qui m’ont marquée. Le mélange d’épistolaire et de narration à la première personne permettent un bon rythme et de suivre Jean, le héros, au plus près. En seulement 150 pages, l’autrice construit un roman qui, à la fois, tient la route et étonne. L’ensemble est servi par une écriture simple adaptée au public visé mais bien tournée et très agréable à lire.

Jean est un personnage attachant. Nous suivons son premier émoi, son premier coup de foudre qu’il rencontre à un mariage. Il va entamer avec Abeille une correspondance mais le moins que l’on puisse dire est que cette inclination est loin d’être réciproque. Malgré la méchanceté de sa correspondante, Jeannot reste aveugle et est prêt à tout accepter. Heureusement sa grande sœur, Zoé, va jouer son rôle et lui ouvrir les yeux petit à petit. Cette dernière porte un surpoids. Elle subit d’ailleurs les réflexions franchement maladroites de ses propres parents. Il est clair que cette fratrie n’est pas franchement aidée par leurs proches…

Les piqûres d’Abeille est un roman jeunesse plutôt réussie. Mon intérêt a très vite été éveillé pour le jeune héros. Cette histoire est un mélange de légèreté et de dureté, de narration et d’épistolaire. Je serais curieuse de découvrir une autre œuvre de Claire Castillon car sans être à couper le souffle j’ai apprécié cette première expérience.

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L’appel de Portobello Road de Jérôme Attal

Résumé de l’éditeur : En pleine nuit, Ethan reçoit un appel téléphonique étrange. Au bout du fil, il reconnaît la voix de ses parents disparus depuis deux ans. Après avoir pris de ses nouvelles, sa mère raccroche sur ces mots : « Dis à ta soeur qu’on pense à elle tous les jours. » Le problème, c’est qu’Ethan est fils unique. C’est le début d’une folle aventure… Un secret de famille tombé du ciel. Un compositeur de chansons. Des nuits parisiennes et le vacarme de la solitude. Une décision à prendre. Une fille au bout de la route. Deux pom-pom girls originaires de Tchéquie. Une fête monstre sur la route de Mons. Une tarte au riz partagée avec le fantôme d’une star du rock. De la porcelaine anglaise. Comme est la vie. Fragile et robuste à la fois. Et une ode à l’amour au tournant de chaque page.

Le précédent ouvrage de Jérôme Attal, Les jonquilles de Green Park, avait été un véritable coup de foudre. Le frisson et l’émotion ressenties en refermant ce livre m’avait complétement chamboulée. C’est assez rare pour être noté et répété. Vous voyez le tableau! Alors autant vous dire que passer après un roman qui vous a tant marqué est quelque peu difficile. Cette nouvelle histoire reprend les codes habituels de l’auteur à savoir une bonne dose de fantaisie, des références culturelles très marquées, des thématiques qui lui sont chers ainsi qu’une quête.

Le hic avec ce livre est que je ne me suis pas attachée au personnage principal, Ethan. C’est ce qui fait que je n’ai pas réussie à me plonger totalement dans ce roman. Son caractère n’a pas vraiment retenu mon attention ni son parcours à vrai dire. Cependant, sur le chemin de sa quête, Ethan va faire la connaissance de plusieurs protaginistes pour le moins loufoques. J’aime cette créativité et cette fantaisie. Jérôme Attal développe également au fil de son intrigue des thématiques comme l’importance de la famille et la vie avec la tristesse de proches disparus.

Ce roman n’est pas une réussite totale en ce qui me concerne. Après avoir eue un véritable coup de foudre pour son précédent roman, je n’ai pas réussi à entrer totalement dans le nouveau roman de Jérôme Attal. Je ne me suis pas plus attachée que cela au personnage principal que j’ai trouvé assez effacé. Par contre, j’ai apprécié retrouver toutes la fantaisie et les bons mots de l’auteur.

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3 romans, 3 avis, 1 billet

Mr Brown de Agatha Christie

Je continue mon challenge en lisant un roman d’Agatha Christie par mois dans l’ordre chronologique de parution. J’ai donc lu Mr Brown en février. Il s’agit du second roman de la Reine du crime mais aussi de la première enquête du duo Tuppence Cowley et Thomas Beresford. Ces deux derniers se retrouvent démobiliser après la Première Guerre mondiale et vont créer les Jeunes Aventuriers Associés. L’intrigue est parfois rocambolesque et tirée par les cheveux mais cela ne m’a empêchée de me régaler. Les deux héros sont plein de bonne volonté et d’enthousiasme. Ceci va régulièrement leur jouer des tours surtout qu’ils n’ont pas à faire à un ennemi facile.  C’est parfois drôle, plein de rebondissements et très rythmé! On ne s’ennuie pas une seule seconde. J’avoue être impatiente de retrouver Tuppence et Tommy dans une future lecture.

Taille 42 de Malika Ferdjoukh

Ce récit et témoignage m’a donné l’occasion de découvrir Malika Ferdjoukh dans un tout autre style qu’habituellement. Sous la plume de l’autrice, c’est l’histoire vraie de Charles Pollak et de sa famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale qui nous est conté. Nous suivons Charly entre Paris et sa fuite vers un petit village du Nord occupé par un commandement allemand. Là, sa famille et lui vont tenter la transparence et la dissimulation des signes de leur appartenance au judaïsme. Mais, on ne peut toujours tout maitriser. Ceci donne de vrais passages d’angoisse. Ce livre contient également de l’espoir grâce toutes ces personnes qui connaissaient leur vrai identité et n’ont jamais rien dit et les ont même aidés. Le petit Charly observe et se pose beaucoup de questions qui résonnent en nous. L’insouciance de l’enfance vient contrecarrer l’ambiance pesante de cette période pour le moins troublée. Un beau roman jeunesse saisissant et très beau.

Au bonheur des ogres de Daniel Pennac

La série des Malaussène m’a été maintes fois recommandée par des collègues de travail ou des amis. Entre roman policier, cynisme envers la société de consommation et comique de situation et de langage, Daniel Pennac nous propose un premier opus pour le moins original. Les premières pages sont assez étonnantes. Il m’a donc fallu un temps d’adaptation concernant le style de l’auteur. Finalement, on se laisse facilement porter par la plume et la fantaisie de ce dernier. L’ensemble est assez délirant et rocambolesque. Mais il y a un quelque chose qui fait tenir chaque élément ensemble. Daniel Pennac pose la famille comme un élément essentiel. Il est vrai que la tribu des Malaussène ne peut laisser indifférente. J’ai trouvé le second tome, La fée carabine, dans une vente de livres d’occasion. Je ne devrais donc pas tarder à connaitre la suite des aventures de Benjamin et sa famille.

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Les attentifs de Marc Mauguin

41sskihxjslRésumé de l’éditeur : Au coeur de l’Amérique des années 1930-1960, les personnages de douze tableaux d’Edward Hopper se croisent de manière inattendue. Un faisceau de solitaires, d’ambitieux redoutables, d’amants, de mères cruelles, de fantômes, de femmes mélancoliques et de rêveurs impénitents, tisse une comédie humaine grinçante et sensible. Marc Mauguin explore les âmes et saisit des instants de vie suspendus avant qu’une décision ou un accident ne vienne en modifier le cours. Sous sa plume, aussi originale que puissante, les toiles s’animent et nous aspirent.

Les attentifs est le premier roman de la toute nouvelle collection des éditions Robert Laffont intitulée « Les Passe-Murailles ». Pour un commencement, on peut dire que le défi est ambitieux. En effet, Marc Mauguin nous propose plusieurs nouvelles. Ces dernières font toutes références à des toiles d’Edgar Hopper. L’œuvre est d’abord reproduite en couleur, s’ensuit la courte histoire imaginée par l’auteur autour de cette dernière. Le lecteur fait donc un voyage dans les États-Unis des années 1930 à 1960. Les joies, les peines, les déconvenues, les regrets et les nostalgies des personnages nous sont dépeintes.

Je suis assez sensible aux charmes des nouvelles. Je suis souvent admirative de la façon dont les auteurs en très de peu de pages donnent corps à un texte et vie à des personnages. Les chutes sont souvent travaillées et apportent une vraie valeur ajoutée. Marc Mauguin réussit son double pari : l’exercice parfois glissant de la nouvelle et la rédaction d’un texte à partir d’un tableau. Il donne sa vérité sur les protagonistes présents sur les toiles mais aussi sur les lieux. Certaines histoires se recoupent. Ces clins d’oeil sont très agréables et permettent de donner un fil conducteur entre certaines nouvelles.

La démarche de Marc Mauguin m’a plu. Il a su donner vie à douze tableaux d’Edgar Hopper. Les personnages et les lieux prennent vie sous nos yeux. Il nous décrit une certaine Amérique avec des sentiments et des sensations. J’ai beaucoup aimé ma lecture. Je surveillerais la parution des prochains titres de cette toute nouvelle collection!

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Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh

711l6yxvv6lRésumé de l’éditeur : Une belle villa au bord de la mer, pleine de recoins et de mystère. Quatre soeurs qui sont cinq, orphelines de fraîche date. Leurs amis, leurs amours, leurs humeurs, leurs humour. Le dernier livre de Malika Ferdjoukh est une tétrade, un festival en quatre tomes, réunis en un seul volume, de personnages, de péripéties et de dialogues piquants, l’équivalent moderne et littéraire des bonnes vieilles grandes comédies américaines des années 40 et 50. Un régal pour le cœur et l’esprit.

Quel plaisir de retrouver Malika Ferdjoukh, sa fantaisie, ses jeux de mot, son ton incisif et sa vivacité! Cette intégrale regroupe les 4 tomes de la série Quatre sœurs parus d’abord séparément, ce qui donne dans l’ordre : Enid, Hortense, Bettina et Geneviève. Je ne regrette pas une seule seconde d’avoir lu l’ensemble d’une traite. Je ne sais d’ailleurs pas comment j’aurais pu laisser toute cette tribu de personnages hautement attachants. Je me suis tout simplement régalée de bout en bout! Chaque soir après le travail, une fois la nuit tombée, retrouver cet univers réconfortant et chaleureux m’a fait un bien fou. On déguste les romans de Malika Ferdjoukh comme un bonbon acidulé ou un bon thé bien chaud.

L’auteur possède un vrai don pour traiter de sujets difficiles (la mort, la maladie, les déceptions amoureuses, le poids des charges quotidiennes). Elle dédramatise tout ces éléments en usant des comiques de situation et de mots. Par ces procédés, elle prouve qu’il est possible de parler de tout aux plus jeunes sans pour autant les désenchanter. Elle nous apprend également qu’il faut parfois savoir laisser le temps faire son œuvre pour trouver du positif dans le négatif. Les cinq sœurs Verdelaine nous laissent émus, retournés, joyeux et surtout avec une nouvelle vision de la vie. Ce roman défie le temps. En effet, plusieurs éléments nous indiquent que nous sommes bien dans notre monde actuel mais parfois on se croirait revenu dans les années 50.

Cette chronique détaille mes sentiments sur ce roman. Je parle finalement peu du contenu et c’est tant mieux car j’espère attiser votre curiosité et vous donner envie d’aller vers ce livre lumineux. On pleure, on ri, on râle, on frissonne en compagnie d’Enid, Hortense, Bettina, Geneviève, Charlie et tous les personnages secondaires de tout poil. Il s’agit de mon premier coup de cœur de 2017 et je suis bien contente que cela commence avec Malika Ferdjoukh.

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