Northanger Abbey de Jane Austen

Résumé de l’éditeur : Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

Plusieurs années sans lire un seul Jane Austen, quelle erreur! Northanger Abbey dormait paisiblement dans ma pile à lire depuis trois ans. En l’en sortant, j’étais certaine qu’il me plairait beaucoup connaissant déjà l’histoire par l’adaptation de 2007. Je ne me suis pas trompée, ma lecture fut un régal. J’avais presque oublié à quel point le style de Jane Austen pouvait être incisif et mordant mais non dénué d’humour. Elle ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à émettre son avis et à tourner en dérision bien des éléments de son époque. Jane Austen rend aussi un hommage à la littérature et plus particulièrement au roman ainsi qu’à l’imagination. Il s’agit d’une histoire presque en avance sur son temps mettant en scène une héroïne terriblement moderne.

Les personnages sont bien décrits et vivants. Certains sont plus caricaturés que d’autres. John Thorpe est tout simplement assommant à ne discuter que de chevaux sans arrêt. Il ne fait clairement pas le poids face à Henry Tilney, au caractère tempérer et réfléchi. Isabelle Thorpe est, quant à elle, assez pressante avec Catherine. Cette dernière va d’ailleurs apprendre à ses dépends que derrière les faux-semblants peut se dissimuler une vraie nature toute autre. Jane Austen nous introduit ici à Bath, haut lieu de villégiature pour toute la bonne société anglaise. Nous sommes introduits dans les rooms où les jeunes gens se rencontrent. Ce sont des lieux de distraction mais aussi de parade et de recherche de bons partis pour ses enfants.

Une héroïne attachante, une histoire moderne et une plume mordante, de quoi passer un très bon moment. J’ai également apprécié mon introduction dans les rooms de Bath du XIXe siècle. Je suis ravie d’avoir retrouvé Jane Austen et j’espère ne pas m’arrêter là car il me reste encore à lire Raison et sentiments concernant les romans majeurs de l’auteur.

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Fanny

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On Chesil Beach de Ian McEwan

Résumé de l’éditeur : It is July 1962. Edward and Florence, young innocents married that morning, arrive at a hotel on the Dorset coast. At dinner in their rooms they struggle to suppress their private fears of the wedding night to come… / [traduction personnelle] C’est l’été 1962. Edward et Florence, jeunes mariés innocents du matin même, arrivent à leur hôtel sur la côte du Dorset. Lors du dîner dans leur chambre, ils s’efforcent de réprimer leurs craintes secrètes de la nuit de noce à venir.

Ce roman est le tout premier que je lis de Ian Mc Ewan. Quelle belle surprise! En un peu plus de 150 pages, l’auteur déroule une histoire qui peut paraître banale de prime abord mais qui finit par receler bien des complexités. Le tête à tête de la nuit de noce de nos deux héros devient le moment où la réalité refait brutalement surface pour balayer les idéaux et les attentes. Ces derniers ne sont pas toujours au rendez-vous tout comme la personne avec qui nous sommes censés passer le reste de nos jours. Le contexte des années 60 fait régulièrement son apparition et explique en partie le blocage de ce tout récent mariage. Nous sommes avant la libération sexuelle dans une Angleterre qui a bien du mal à se détacher de ses convenances dépassées et obsolètes.

Ian McEwan fait tout autant preuve de sensibilité que de réalisme dans ses descriptions. Je suis passée par tout un panel d’émotions. Il est virtuose dans l’art de dépeindre la fébrilité, les incompréhensions, les maladresses, les peurs face à la sexualité mais aussi les attentes de Florence et d’Edward. Ces deux personnages sont très beaux et décrits d’une bien belle manière. Les différents points de vue nous permettent de cerner la situation au mieux sans jamais prendre partie pour l’un ou l’autre. Chacun a fini par attirer mon attention et ma sympathie. Edward m’a d’ailleurs particulièrement touchée dans les poignantes et saisissantes dernières pages.

Je suis ressortie bouleversée de cette lecture intense. Il s’agit surement d’une de mes plus belles lectures de 2018. Rien que ça! Après ce coup de cœur, je n’ai qu’une envie : dénicher un autre roman de Ian McEwan. J’attends également avec impatience de pouvoir voir l’adaptation avec Saoirse Ronan, une actrice que j’admire particulièrement.

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Fanny

101 things you need to know about suffragettes de Maggie Andrews et Janis Lomas

    

Résumé de l’éditeur : Suffragettes learned jiu-jitsu, repelled policemen with their hatpins, burnt down football stadiums and planted bombs. They rented a house near to Holloway Prison and sang rebel anthems to the Suffragettes inside. They barricaded themselves into their homes to repulse tax collectors. They arranged mass runs on Parliament. They had themselves posted to the Prime Minister, getting as far as the door of No. 10. Indomitable older members applied for gun licences to scare the government into thinking they were planning a revolution. Rebels. Warriors. Princesses. Prisoners. Pioneers. Here are 101 of the most extraordinary facts about Suffragettes that you need to know. / [traduction personnelle] Les suffragettes ont appris le ju-jitsu, ont repoussé des policiers avec leurs épingles à chapeau, ont mis le feu à des stades de football et ont posé des bombes. Elles ont loué une maison à côté de la prison d’Holloway et ont chanté des hymnes rebelles pour les suffragettes qui y sont enfermées. Elles se sont barricadées dans leur maison pour repousser les collecteurs de taxe. Elles ont organisé des intrusions de masse au sein du Parlement. Elles se sont postées devant le premier ministre, au plus proche de la porte du n° 10. Les plus vieux et indomptables membres ont demandé le permis de port d’arme pour effrayer le gouvernement dans l’idée qu’elles planifiaient une révolution. Rebelles. Guerrières. Princesses. Prisonnières. Pionnières. Ici, se trouve 101 des plus extraordinaires faits à propos des suffragettes que vous devez connaitre.

Ne sachant pas vraiment pas quel ouvrage commencer avec le mouvement des suffragettes, ce livre découvert sur Whoopsy Daisy (quel lieu de perdition…) est arrivé à point. Il s’agit d’un condensé sur le sujet, le développant de manière assez concise. Les 101 textes mélangent les évènements les plus anecdotiques à ceux les plus décisifs pour l’accord du droit de vote aux femmes britanniques. Une fois terminé, ce livre dresse le portrait d’une organisation bien huilée à la communication redoutable. Toutes les classes sociales sont représentées : aristocrates, classes laborieuses ou encore artistes. Les revers sont aussi expliqués et notamment les séquelles suite à de multiples arrestations, emprisonnements, nourrissages de force et autres tortures.

Emmeline Pankhurst et sa famille sont forcémment beaucoup représentées ici mais la place est également laissée à des personnes que je ne connaissais pas mais qui ont pourtant apporter leur pierre à l’édifice ainsi que mis leur vie en jeu pour une cause majeure. C’est assez incroyable de découvrir jusqu’où elles étaient prêtes à aller pour faire changer les choses et permettre aux femmes une certaine émancipation. Quelques hommes ont également participé, il serait dommage de les oublier. Chaque fait est détaillé sur une à deux pages. Il est à noter que l’ouvrage est richement illustré grâce à de belles images d’archives qui m’ont paru vraiment bien choisies et que je n’avais jamais vu pour la plupart.

Pour un spécialiste du sujet, ce livre ne représentera pas une grande nouveauté. Par contre, pour débuter, il s’agit d’une mine d’information. J’ai beaucoup aimé ma lecture aussi enrichissante qu’agréable à lire. Les illustrations ajoutent encore à l’intérêt que je porte au sujet. Une très bonne lecture.

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Fanny

Bilan de mes lectures : MAI 2018 ~ Lectures à venir : JUIN 2018

Un joli mois de mai nous a été offert dans l’Est de la France. Beaucoup de soleil et donc d’heures de lecture au jardin. Je savoure les joies d’avoir un petit coin de verdure où m’installer à mes heures perdues. Mes aventures littéraires se poursuivent et je ressens une certaine joie rien qu’en pensant aux lecture qui m’attendent. Ce mois-ci, j’ai voyagé dans le Paris de Louis XV, j’ai retrouvé les si attachantes sœurs Verdelaine, j’ai assisté à l’initiation d’Arte dans le Florence du XVIe siècle, j’ai été témoin de la descente aux enfers de jeunes actrices américaines des années 40 et 50, j’ai découvert plein d’anecdotes à propos des suffragettes, j’ai vu tout ce qu’il est possible de faire par amour, j’ai fait la connaissance de Miss Marple, j’ai été introduite chez les Akhas (minorités de Chine) et j’ai suivi les sœurs Carmine dans leurs folles aventures.

Nombre de livres lus : 9

Nombre de pages lues : 3132


(Pour lire les chroniques disponibles, cliquez sur les couvertures)

Le cercle de pierre, Tome 2 : Le Talisman de Diana Gabaldon, éd. Presses de la cité, 800 p.

J’ai lu ce second tome au tout début du mois. Je l’ai préféré au premier. Le Paris sous Louis XV est bien décrit et m’a beaucoup plu grâce à la plume immersive de Diana Gabaldon. Claire est toujours aussi agréable à suivre. Moins de scène de sexe et un Jamie qui s’améliore nettement. Je suis ravie d’avoir poursuivi!

4/5

Quatre soeurs, Tome 2 : Hortense de Cati Baur et Malika Ferdjoukh, éd. Rue de Sèvres, 160 p.

Quel bonheur de retrouver les sœurs Verlaine avec ce second tome de l’adaptation en bande dessinée du roman jeunesse de Malika Ferdjoukh. Des personnages attachants, de la profondeur, une bonne dose de fantaisie, de jolis dessins, il ne m’en faut pas plus pour continuer à être sous le charme de cette œuvre.

5/5

Arte, Tome 2 de Kei Ohkubo, éd. Komikku, 208 p.

Ce tome est dans la lignée du précédent. Nous retrouvons Arte avec plaisir dans son initiation à la peinture dans un univers masculin. Elle sait saisir sa chance et poursuivre son rêve. J’aime les dessins et cette héroïne pour le moins entêtée. Je vais continuer ce manga très sympathique.
4/5

La vallée des poupées de Jacqueline Susann, éd. 10/18, 480 p.

Ce roman commence gentiment pour se transformer petit à petit en critique du show-biz des années d’après guerre aux États-Unis. Jacqueline Susann n’épargne rien à ses héroïnes et décrit chaque situation avec réalisme. C’est aussi la place de la femme dans ce milieu qui est mise en avant : rester belle et jeune à tout prix.

4,5/5

101 things you need to know about suffragettes de Maggie Andrews et Janis Lomas, éd. History Press, 160 p.

Il s’agit d’un ouvrage idéal pour commencer avec le sujet. Il permet d’avoir une belle vue d’ensemble à propos du mouvement des suffragettes. Les 101 textes sont richement illustrés et faciles à lire. J’ai beaucoup appris. Une fois terminé, ce livre dresse le portrait d’une organisation bien huilée à la communication redoutable.

5/5

Les jours de ton absence de Rosie Walsh, éd. Les Escales, 400 p.

J’étais assez curieuse de lire ce roman. Les premières pages ne m’ont pas forcémment subjuguée. Les chapitres passant, j’avoue bien volontiers m’être prise au jeu et avoir apprécié ma lecture. Les révélations m’ont paru intéressantes même si le récit est parfois cousu de fils blancs. Les personnages secondaires ont une vraie place.

4/5

L’affaire Protheroe d’Agatha Christie, éd. Le livre de poche, 220 p.

Agatha Christie signe ici un cosy mystery sympathique. Un petit village anglais est secoué par la mort brutale d’un de ses habitants. Commérages et suspicion sont au rendez-vous.  Pour sa première apparition dans l’œuvre de la Reine du crime, je suis déçue de ne pas avoir vu davantage Miss Marple en action.

3,5/5

La mémoire du thé de Lisa See, éd. Pygmalion, 400 p.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Nous sommes introduits au sein d’une minorité ethnique de Chine encore rurale et protégée de l’occidentalisation, les Akhas, dans les années 90 et 2000. Nous sommes initiés aux rites, aux croyances et aux us et coutumes de ce peuple. Un roman d’une grande force qui ouvre les yeux sur la condition féminine.

4,5/5

Les soeurs Carmines, Tome 1 : Le complot des corbeaux d’Ariel Holzl, éd. Mnémos, 304 p.

Lemon June a lu et adoré cette saga jeunesse qu’elle m’a donc donné  envie de découvrir. Très vite le ton est donné. Au rendez-vous : humour noir, univers décalé et récit rythmé. Le tout est servi pour une écriture travaillée et efficace. Un bon roman jeunesse dont j’espère lire la suite prochainement. Ariel Holzl est assurément un talent à suivre!

5/5

LECTURES EN COURS

    

LECTURES PRÉVUES EN juin

         

    

Je vous souhaite un très bon mois de juin!

Fanny

Le mois anglais [Saison 7]

Comme tous les ans, je participe avec grand plaisir au mois anglais. Le but est de s’immerger dans la culture anglaise pendant le mois de juin. Tentant, n’est-ce pas? Lorsque je choisis mes lectures pour cette occasion, j’ai souvent l’impression d’avoir les yeux plus gros que le ventre. 2018 ne déroge pas à la règle mais j’espère faire de belles découvertes et c’est bien le principal! N’hésitez pas si des lectures communes vous tentent.

Au programme cette année

Pour vous inscrire, c’est ici : et ici :

Le groupe facebook de l’évènement :

Serez-vous au rendez-vous?

Fanny

84, Charing Cross Road de Helene Hanff

Résumé de l’éditeur : Par un beau jour d’octobre 1949, Helene Hanff s’adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s’écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l’intime, presque à l’amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu et jamais traduit, 84, Charing Cross Road fait l’objet, depuis les années 1970, d’un véritable culte des deux côtés de l’Atlantique.

Ce livre dormait dans ma pile à lire depuis beaucoup d’années, trop d’années. Quelle erreur de l’avoir laissé si longtemps de côté! Ce très court ouvrage regroupe les lettres échangées pendant vingt ans entre Helene Hanff, new-yorkaise, et un bouquiniste londonien, Marks & Co. Le glissement progressif d’une relation d’affaire vers une émouvante amitié est palpable. En effet, petit à petit des liens se nouent et deviennent de plus en plus personnels et forts. C’est aussi l’occasion de découvrir les différences de niveau de vie entre les États-Unis et le Royaume-Uni et notamment lors des années d’après-guerre.

Derrière son écriture, il est très facile de déceler le sacré caractère d’Helene Hanff aussi impertinent que décapant. Son style apporte beaucoup de fraicheur et d’humour à l’ensemble. C’est aussi une déclaration d’amour à la littérature, aux livres et à l’écriture. J’avoue ne pas connaitre la plupart des titres et des auteurs cités dans les lettres. Heureusement, cela n’a pas gêné ma lecture. J’espère lire le second opus bientôt car celui-ci m’a laissée sur ma faim malgré l’émotion contenue dans les dernières pages. Le vie est cruelle parfois.

Ce court recueil de lettres est charmant. L’humour d’Helene Hanff est caustique mais cache difficilement sa bienveillance et son attachement pour ses correspondants. L’évolution des États-Unis et du Royaume-Uni se devine dans certains échanges. J’espère avoir l’occasion de découvrir bientôt La duchesse de Bloomsbury Street.

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  • Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
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Fanny

 

Bonjour tristesse de Frédéric Rébéna d’après Françoise Sagan

Résumé de l’éditeur : 1954, Cécile, lycéenne parisienne passe l’été de ses dix-sept ans dans une villa avec son père Raymond, veuf, et Elsa, la maîtresse de ce dernier. Cécile et son père ont une relation fusionnelle, faite de plaisirs et d’insouciance. Cécile connaitra ses premières étreintes avec Cyril. L’ambiance change quand Raymond annonce l’arrivée d’Anne, une amie. Différente d’Elsa et Cécile, Anne est une femme stricte et moralisatrice, elle apprécie la culture, les bonnes manières et l’intelligence. Dès son arrivée, un combat subtil commence entre les trois femmes. Elsa tente de maintenir la relation avec Raymond, qui est aussi attiré par Anne. Quant à Cécile, elle craint de perdre la complicité qui la lie à son père, ainsi que leurs libertés. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare…

N’ayant pas lu le roman original, j’ai tout de même souhaité découvrir ce classique de la littérature française par le biais de son adaptation en bande dessinée. Nous faisons la connaissance de Cécile, jeune fille en vacances avec son père dans une somptueuse maison. Elle profite des bains de soleil et du temps qui semble s’étirer. Très vite, un tableau bien sombre commence à se dessiner : un père volage, une Cécile nourrissant un amour inconditionnel pour ce dernier, un triangle amoureux. L’ambiance de vacances va rapidement se dégrader et finir en affrontement où tous les coups sont permis autour de la figure masculine. Les conséquences vont s’avérer désastreuses…

Les traits sont assez bruts et les expressions des personnages pincées. Habituellement, je ne suis pas une adepte de ce genre de dessin mais je dois avouer qu’il sert très bien ce récit en particulier. Il exprime toutes la tension, la cruauté et le malaise que contient l’histoire de Françoise Sagan. La chute est annoncée dès les premières pages. Ceci ne donne que plus de force à l’ensemble. Le lecteur est témoin de la descente aux enfers des personnages, de ce presque huis clos et de cet été qui tourne au vinaigre. Cécile est une héroïne assez ambigue tout comme les deux autres femmes, Anne et Elsa. Elles portent toutes les trois une espèce de froideur que seul le drame vient fissurer.

Comme vous l’aurez compris en lisant mon article, j’ai aimé cette bande dessinée. Le dessin de Frédéric Rébéna est à l’image de l’histoire de Françoise Sagan. J’ai vécu une expérience hors du commune avec ce quatuor pour le moins singulier.

Lu grâce à la masse critique Babelio et à Rue de Sèvres.

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Fanny

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Résumé de l’éditeur : Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d’un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l’occupant allemand : le « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté débordante de charme, d’humour, d’humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey…

J’ai lu ce roman pour la première fois juste après sa sortie en 2009 sans savoir qu’il s’agissait d’un bestseller. Je me suis replongée dans cette histoire il y a quelques semaines. Le rendez-vous a une nouvelle fois fonctionné. Ce recueil de lettres fictives est une petite merveille d’hommage à la littérature, d’amitiés et de sensibilité. J’ai apprécié de redécouvrir toutes ces histoires individuelles qui finissent par ne faire qu’une et faire l’Histoire de cette période trouble que fut la Seconde Guerre mondiale. Les détails de la vie quotidienne pendant l’occupation allemande sont édifiants et parlants. Les deux écrivains sont américaines. Cependant, elles ont bien retranscrit l’ambiance toute britannique mais aussi les spécificités qui régnent sur l’île Anglo-Normande de Guernesey.

Petit à petit, nous faisons la connaissance de tous les protagonistes avec lesquels Juliet entretient une correspondance. Ce genre littéraire permet de s’approcher au plus près d’eux et de leur réalité. Certains sont attachants, d’autres carrément détestables (je pense notamment à Bella Taunton ou encore Adelaide Addison…). Le personnage absent d’Elizabeth plane sur tout le récit comme une réminiscence incessante des exactions nazies. La petite Kit est également un personnage autour duquel beaucoup de destins sont reliés. J’ai mieux saisi le contexte historique qu’à l’époque de ma première lecture, ce qui n’a fait qu’apporter un peu plus de force à l’ensemble. Les touches d’humour apportent un contre-poids efficace mais aussi du charme.

Une nouvelle fois, j’ai regretté de tourner la dernière page de ce roman. Guernesey et ses habitants sont si attachants qu’il est difficile de les lâcher. Suivre les pas de Juliet vers ses nouveaux amis est toujours une expérience émouvante et de réflexion. J’avoue nourrir une crainte de voir l’adaptation à venir…

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  • La part des flammes de Gaëlle Nohant
  • La vie quand elle était à nous Marian Izaguirre
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Fanny

Chère Mrs Bird de A. J. Pearce

Résumé de l’éditeur : Londres, 1941. À vingt-quatre ans, Emmy n’a qu’un rêve : devenir reporter de guerre. Un rêve qui semble sur le point de se réaliser lorsque la jeune femme décroche un poste au London Evening Chronicles. Enfin, Emmy va pouvoir entrer dans le vif du sujet, partir sur le front, se faire un nom au fil de la plume ! Las, c’est un poste d’assistante à la rédaction du magazine féminin Women’s Day qui lui est offert. La mission d’Emmy : répondre aux courriers des lectrices adressés à Mrs Bird, la rédactrice en chef du journal. Mais attention, la terrifiante Mrs Bird est très stricte, et seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse expéditive dans le poussiéreux journal. Un cas de conscience pour la jeune journaliste qui refuse de laisser ses concitoyennes en mal d’amour et de soutien amical, errer dans les limbes en raison du diktat imposé par une vieille conservatrice bon  teint. Et Emmy a un plan pour outrepasser l’autorité de Mrs Bird… Alors que la ville sombre peu à peu sous les bombes, Emmy va mettre sa carrière en jeu pour venir en aide aux femmes restées seules à l’arrière. L’heure de la résistance féminine a sonné !

Vous connaissez dorénavant très bien mon amour pour la culture britannique en général. C’est toujours avec plaisir que je commence un nouveau roman anglais. A. J. Pearce nous entraine dans le Londres secoué par les incessants et menaçants bombardements du Blitz. Nous suivons une jeune fille, Emmy Lake, aussi ambitieuse que courageuse. Elle partage son temps entre son bénévolat en tant que standardiste d’une brigade de sapeurs-pompiers et son nouveau travail qui ne va pas tout à fait être ce qu’elle espérait. En effet, son rêve de risque et de reportage de guerre s’éloigne, mais elle pense tout de même pouvoir apporter sa pierre à l’édifice en aidant des femmes en détresse par correspondance.

Derrière la légèreté et l’humour de façade, j’ai particulièrement apprécié le réalisme qu’apporte l’auteur dans ses descriptions d’un Londres soumis au danger aérien allemand. La peur, l’urgence et la perte sont forcement présentes. A. J. Pearce ne tombe ni dans la facilité ni dans le pathos. Cependant, la vie continue et le flegme anglais aide beaucoup. Les cartes sont rebattues concernant la place des femmes dans la société britannique. Le roman le montre bien par tous les personnages féminins qui nous sont présentés. Elles souhaitent faire leur propre choix et s’affranchir du carcan des convenances. Le seul bémol? Le style d’A. J. Pearce manque un peu de caractère pour totalement emporter mon adhésion.

J’ai apprécié les heures passées à lire ce roman. C’est une histoire d’amitié et de solidarité féminines devant les différentes menaces de la Seconde Guerre mondiale. Il est dommage que le style d’A. J. Pearce ne se démarque pas davantage afin d’apporter un peu plus de force et de charme à ce récit.

Lu grâce à la masse critique Babelio et à Belfond.

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Fanny

Le cercle de pierre, Tome 1 : Le chardon et le tartan de Diana Gabaldon

Résumé de l’éditeur : Ancienne infirmière de l’armée britannique, Claire Beauchamp-Randall passe des vacances tranquilles en Écosse, où elle s’efforce d’oublier les horreurs de la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front… Au cours d’une promenade sur la lande, la jeune femme est attirée par des cérémonies étranges autour d’un menhir. Elle s’en approche, et c’est alors que l’incroyable survient : Claire est précipitée deux cents ans en arrière. 1743. L’Écosse traverse une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l’occupant anglais. Claire se retrouve plongée au cœur d’un monde inconnu, fait de violences et d’intrigues politiques qui la dépassent. Heureusement, sa route croise celle de Jamie Fraser, un Écossais au grand cœur. Happée par cette nouvelle vie palpitante, Claire saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois, désormais si lointaine ?

Je souhaitais découvrir la célèbre série de romans de Diana Gabaldon depuis un moment déjà. A tel point qu’il y a plusieurs années, j’ai acheté d’occasion quatre intégrales regroupant à chaque fois deux tomes publiées aux Presses de la cité. J’ai donc lu le premier opus en avril : Le chardon et le tartan. J’ai passé un bon moment de lecture dans l’ensemble. Le contexte spatio-temporel de l’Écosse du XVIIIe siècle fut une découverte totale pour moi. J’ai beaucoup aimé parcourir les petits détails de la vie quotidienne dans ce pays et à cette époque grâce à la plume assez dense de Diana Gabaldon. J’ai notamment apprécié d’en apprendre davantage concernant les plantes médicinales et leurs usages dans un monde où la médecine (et l’hygiène…) n’en est qu’à ses balbutiements.

Nous faisons la connaissance de Claire, une jeune femme de la première moitié du XXe siècle, qui se retrouve propulsée au XVIIIe siècle lorsqu’elle traverse le cercle de pierre de Craigh na Dun. J’ai apprécié cette héroïne naturelle et spontanée. C’est une femme forte qui ne se laisse pas marcher sur les pieds! Les anachronismes qu’elle véhicule apportent une touche d’humour très agréable. Par contre, j’avoue avoir eu du mal à m’attacher à Jamie. Il m’a semblé parfois insaisissable et machiste. Vous me direz que c’était surement le cas d’une grande majorité des écossais du XVIIIe siècle mais il m’a parfois agacée. Second bémol : les scènes de sexe sont trop présentes à mon goût et n’apportent strictement rien.

Malgré les deux bémols cités ci-dessus, j’ai passé un bon moment de lecture en compagnie de la plume addictive de Diana Gabaldon. J’ai apprécié ma plongée dans l’Écosse du XVIIIe siècle aux côtés de Claire. Je suis en train de lire le tome 2 (Le Talisman) qui m’entraine dans la France de Louis XV au cœur des tractations concernant le trône d’Écosse. Je me régale!

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Fanny