Avec vue sur l’Arno de E. M. Forster

Résumé de l’éditeur : Miss Bartlett ne s’en remet pas : pour son premier voyage à Florence, sa jeune cousine Lucy devait bénéficier d’une chambre avec vue. Comment la tenancière de leur pension a-t-elle pu si cruellement les décevoir ? Tandis que la jeune fille et son chaperon accusent ce terrible coup, M. Emerson et son fils George, également pensionnaires, ont l’impertinence de proposer leurs propres chambres, qui, elles, ont vue sur l’Arno. Son éducation prévient Lucy contre les Emerson, mais son instinct lui suggère que le mal n’est pas grand… Avec finesse et humour, E. M. Forster livre ici une délicieuse satire des préjugés et convenances ridicules qui contraignent les affinités naturelles. Au monde terne et étriqué de la bienséance, côté cour, s’oppose l’évasion promise par cette fameuse vue. Le récit du combat intérieur que mène Lucy pour dépasser ce confinement et affirmer ses désirs est une ode délicate et sensible à la liberté.

J’avais hâte de pouvoir découvrir ce grand classique de la littérature britannique contemporaine. Je ne regrette pas une seconde d’avoir ouvert ce roman tant il m’a plu par bien des aspects. L’histoire s’ouvre à Florence où nous faisons la connaissance de la jeune et vive d’esprit Lucy Honeychurch accompagnée de son chaperon, Charlotte Bartlett. Dans une première partie, E. M. Forster laisse le lecteur se faire sa propre idée à propos de l’héroïne. Il insinue beaucoup et pousse le lecteur à lire entre les lignes. Il donne ensuite les tenants et les aboutissants de la pensée de Lucy. Cette dernière est pleine de réflexion et d’observation sur sa condition de femme de l’époque édouardienne encore très empreinte de toutes les convenances et de la rigidité de l’ère victorienne.

E. M. Forster n’hésite pas à utiliser l’ironie pour décrire son temps, ses convenances parfois désuètes et le face à face entre l’ancienne et la nouvelle génération. C’est avec humour qu’il nous décrit diverses situations et fait intervenir des personnages truculents mais aussi détestables pour certains. J’ai beaucoup aimé suivre le glissement de la psychologie de Lucy imposée par son éducation vers une émancipation. Elle découvre son libre-arbitre et sa capacité à réfléchir par elle-même malgré toutes les barrières que son entourage tente de dresser autour d’elle. C’est une héroïne à la fois moderne mais aussi très humaine de par ses peurs. Je tenais également à noter les très belles descriptions de l’Italie qui m’ont complétement immergée dans ce beau pays.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman qui nous dépeint une héroïne et une époque finement analysées par l’auteur entre l’Italie et le Royaume-Uni. Suivre Lucy permet de se rendre compte de la difficulté d’être une jeune fille puis une femme au début du XXe siècle. Avec vue sur l’Arno a beaucoup de charme et mérite vraiment d’être lu.

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  • Le jardin blanc de Stéphanie Barron
  • Prodigieuses créatures de Tracy Chevalier
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Fanny

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Une bonne école de Richard Yates

Résumé de l’éditeur : Septembre 1941, Connecticut. À la Dorset Academy, un campus sélect tout de vieilles pierres et de pelouses géantes, on entend former les fils de la haute bourgeoisie – parents et enseignants répètent à l’envi que c’est une « bonne école ». Pourtant, à son arrivée à l’internat, William Grove découvre l’envers du décor : lui, le fils nerveux d’un couple divorcé, se retrouve projeté dans un climat de « libido à l’état pur », ou les garçons les plus populaires règnent en maîtres. Même les professeurs ressemblent à des lions en cage – en particulier Jack Draper, invalidé par la polio, témoin impuissant de la liaison qu’entretiennent au grand jour sa femme et le prof de français. Et puis il y a Edith Stone, le fantasme de tous les élèves, qui est prête à vivre son premier amour…

C’est toujours avec enthousiasme que je commence un Richard Yates. Une bonne école est son avant-dernier roman. Dès les premières pages, celui-ci m’a déroutée et surprise. Nous sommes introduits dans un pensionnat pour garçons perdu dans la campagne américaine. L’auteur nous dépeint un portrait au vitriol, réaliste et parfois cruel de ces établissements où les rivalités, les humiliations et les petits ou grands drames sont courants. L’ambiguïté réside dans la nostalgie qui transparait parfois. Ceci est surement du à une forte part d’autobiographie car il faut savoir que Richard Yates a fréquenté une institution semblable dans le Connecticut.

Le lecteur assiste presque à un huis-clos où les élèves sont livrés à eux-mêmes et doivent faire leurs armes. C’est parfois un peu violent, glauque et inquiétant. Les professeurs sont à la fois à la traine et franchement névrosés. Ils ne semblent pas vraiment à la hauteur de la fragile réputation de cette école. Le monde extérieur et la Seconde Guerre mondiale font quelques incursions. Ce conflit parait d’abord lointain et irréel. En touchant certains élèves, il finit par devenir le sujet de toutes les conversations. Les éléments autobiographiques sont très nombreux. On les reconnait notamment en William, le principal protagoniste.

Ce court roman est assez particulier et différent de ce que j’ai pu lire précédemment avec Richard Yates. J’ai ressenti un réel intérêt à son égard mais il m’a laissée perplexe par son ambiguïté latente. J’ai surement oublié de parler de plusieurs éléments mais j’avoue que mon ressenti reste flou. Je serait curieuse de connaitre d’autres avis pour en discuter.

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  • Un dernier moment de folie, nouvelles oubliées
  • Un destin d’exception
  • Un été à Cold Spring

Fanny

Captive de Margaret Atwood

Résumé de l’éditeur : 1859. Grace Marks, condamnée à perpétuité, tourne lentement en rond dans la cour d’un pénitencier canadien. À l’âge de seize ans, elle a été accusée de deux meurtres horribles. Personne n’a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné trois versions des faits, elle s’est murée dans le silence : amnésie ou dissimulation ? Le docteur Simon Jordan, jeune et prometteur spécialiste de la maladie mentale, veut découvrir la vérité. Il obtient l’autorisation de rencontrer Grace, de la faire longuement parler… Avec lui, la prisonnière va dévider le terrible fuseau de ses souvenirs : son enfance irlandaise, l’agonie de sa mère sur le bateau qui les emmène au Canada, ses emplois de domestique, la mort de sa seule amie… À écouter ce récit, Grace ne semble ni démente ni criminelle, et pourtant, que sont ces troublants rêves qu’elle cache à Jordan : cauchemars, hallucinations ou réminiscences d’actes monstrueux ?

Margaret Atwood a le vent en poupe ces derniers mois grâce notamment à La servante écarlate. Avec Captive, j’ai souhaité découvrir un autre de ses romans peut-être un peu moins connu. Je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, je suis ressortie frustrée de cette lecture et un brin déçue. Le sujet est, en soi, très intéressant. Margaret Atwood reprend un fait divers canadien de la première moitié du XIXe siècle. Deux points de vue nous sont proposés. D’abord celui de Simon Jordan, jeune médecin et chercheur sur la maladie mentale, puis celui de Grace Marks, accusée de deux meurtres et enfermée dans un pénitencier. Une relation, parfois ambiguë, se noue entre les deux personnages principaux.

Le sujet, le cadre spatio-temporel et les personnages sont, de prime abord, passionnants. Malheureusement et très vite, la lassitude m’a envahie. L’ensemble est monotone malgré l’alternance de deux points de vue, la division en plusieurs parties et l’utilisation de différents schémas (la coupure de presse, la déposition, le récit pur, etc.). Généralement, j’aime les longs romans mais celui-ci m’a paru interminable. D’ailleurs, j’avoue avoir lu les 150 dernières pages en diagonale pour connaitre le destins de nos deux protagonistes. Je suis déçue car c’est tout à fait le genre de roman qui pourrait provoquer un coup de cœur chez moi ou tout du moins m’apporter un bon moment de lecture. C’est donc un rendez-vous manqué avec Margaret Atwood.

Le sujet, le contexte et les personnages sont intéressants. Malheureusement, l’ensemble m’a paru long et monotone. Je ressors donc déçue de cette lecture qui promettait pourtant beaucoup. La servante écarlate m’attend gentiment dans ma pile à lire. J’espère adhérer à l’élan général qui entoure ce roman.

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  • 10 jours dans un asile de Nellie Bly
  • Harriet d’Elizabeth Jenkins
  • La cuisinière de Mary Beth Keane

Fanny

Une colonne de feu de Ken Follett / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu’il connaissait va changer à tout jamais… Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu’il voulait épouser, Margery Fitzgerald. L’accession d’Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l’Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France ou la séduisante Marie Stuart – considérée comme l’héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l’un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent…

Depuis le temps que j’entendais parler de Ken Follett et de sa célèbre série de Kingsbridge, je ne pouvais décemment pas passer à côté de son dernier né. Ce dernier se lit tout à fait comme un one-shot même si quelques références facilement discernables aux tomes précédents sont faites. Je me suis plongée avec plaisir dans les 900 pages de cette fresque historique assez impressionnante. Ken Follett nous fait découvrir toute une génération de personnages, témoins et participants de luttes politiques, de tractations matrimoniales, de stratégies d’espionnages et de guerres de religion dans l’Europe du XVIe et XVIIe siècle. Nous rencontrons Mary Tudor, Elizabeth Ire, Marie Stuart, Catherine de Medicis, la terrible famille de Guise et bien d’autres noms très connus de l’Histoire. L’ensemble est ambitieux mais réussi.

Les différents personnages que nous suivons à tour de rôle nous apportent différents points de vue concernant chaque situation et chaque endroit. Le terrible massacre de la Saint-Barthélémy est surement la scène qui m’a le plus fait frémir. L’horreur et le déchaînement de haine sont très bien décrits par l’auteur. Le récit est entrecoupé de moments plus doux notamment lorsqu’une romance pointe le bout de son nez. Ce roman est un vrai page-turner. Le lecteur suit des personnages attachants dans la réalisation de l’œuvre de toute une vie auprès d’un monarque. D’autres protagonistes sont au contraire franchement détestables. A noter que le style de Ken Follett m’a semblé assez classique sans vraiment de démarcation ni d’originalité.

Cette fresque historique m’a beaucoup plu dans son ensemble. Nous sommes introduits dans les rouages de tractations politiques, d’espionnages, de guerres de religion dans l’Europe du XVIe et XVIIe siècle. C’est aussi l’histoire de toute une génération porteuse d’idées et au service des puissants. La plume assez passe-partout de Ken Follett est compensée par son talent de conteur.

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  • City on fire de Garth Risk Hallberg
  • La vie ne danse qu’un instant de Theresa Revay
  • Les roses de Somerset de Leïla Meacham 

Fanny

3 romans, 3 avis, 1 billet

Petit à petit je rattrape mon retard. J’ai lu beaucoup de livres ces derniers mois dont je souhaite vous parler. Voici donc une nouvelle fournée de trois ouvrages très différents les uns des autres.

Gala et Dali : de l’autre côté du miroir de Dominique de Gasquet et Paquita Llorens Vergés

Dominique de Gasquet a partagé des moments inoubliables avec Salvador et Gala Dalí alors qu’elle n’était encore qu’une jeune femme. Plusieurs décennies plus tard, elle décide de retrouver les intimes de ce couple hors du commun et mythique afin d’écrire ce livre. C’est évidemment un hommage à Gala et Dalí mais aussi à toute une époque, à l’art, à une ville espagnole du nom de Cadaquès (bien rendue par de belles descriptions), à Arturo et Paquita (domestiques mais surtout amis indéfectibles). J’ai beaucoup appris sur ces deux personnalités au caractère bien trempé et sur leur vie pour le moins extraordinaire. Les quelques photos d’archives qui agrémentent l’ouvrage sont superbes et donnent une matière palpable à tout ce qui est raconté.

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Lettres choisies de la famille Brontë (1821-1855) recueil de Constance Lacroix

Je voue une admiration et une adoration particulières pour Charlotte, Anne et Emily Brontë. Après cette lecture, cette sensation n’a fait que se renforcer. Ce recueil est une vraie pépite ainsi qu’une mine d’informations directes. On découvre la vie difficile d’une petite paroisse de la partie nord de l’Angleterre. La météorologie, le paysage, la maladie, l’éloignement de grandes villes ne font pas d’Haworth un endroit propice à l’épanouissement. Et pourtant, la fratrie Brontë va puiser dans son imagination pour surmonter leur condition. Les lettres de Charlotte sont majoritaires. Cette dernière est extrêmement clairvoyante sur sa situation de femme. Dans les moments d’abattement, elle arrive toujours à rebondir. De la peine, de la joie et de l’émotion avec ce bel ouvrage.

L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski de Romain Slocombe

Le premier opus en compagnie de Léon Sadorski m’avait déjà fait froid dans le dos et aussi beaucoup réfléchir. Nous le retrouvons dans ce nouveau tome plus virulent et remonté que jamais. Romain Slocombe nous propulse une nouvelle fois en plein cœur de l’occupation allemande à Paris durant la Seconde Guerre mondiale. Il nous introduit dans les coulisses de la collaboration et de la traque des indésirables selon l’idéologie nazie. Léon Sadorski est un personnage plus qu’ambigu à la psychologie brouillée. Les descriptions des différentes scènes de tortures auxquelles nous assistons ainsi que de la rafle du Vél’ d’Hiv sont impressionnantes et difficilement tenables. La violence et l’acharnement sont inouïs. Ce roman est percutant et saisissant.

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Vous aimerez aussi découvrir :

  • L’affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe
  • Le monde infernal de Branwell Brontë de Daphne du Maurier
  • Mariage en douce d’Arianne Chemin

Fanny

Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull de Claire Barré / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : « Je pars pour le Dakota du Sud. Direction Amsterdam, puis Minneapolis, ou un troisième avion m’emmènera à Rapid City, ville située aux pieds des Black Hills, en plein territoire indien. Là-bas, une voiture de location m’attend. Je vais conduire jusqu’à la petite ville de Deadwood, pour y rejoindre l’hôtel que j’ai réservé en ligne, il y a quelques mois. L’établissement s’appelle le Mineral Palace Hotel & Gaming et possède son propre casino. Alors que l’avion décolle, mon esprit continue à s’interroger, à revenir en boucle sur tous les curieux événements qui m’ont poussée à entreprendre ce voyage. » Quand Sitting Bull apparaît mystérieusement dans sa cuisine, Claire, scénariste parisienne et mère de deux enfants, cherche à décrypter le sens de cette vision… Sa quête la conduit d’abord chez une chamane russe, puis auprès d’Ernie LaPointe, l’arrière-petit- fils du célèbre chef indien.

Ce livre de la rentrée littéraire m’a très rapidement fait de l’œil. Son titre ainsi que son pitch m’ont tout de suite donné envie de plonger entre les pages de cet ouvrage. Mon intuition ne m’a pas fait défaut puisque ce fut un coup de cœur. Claire Barré nous fait part du jour où sa vie à basculer. En effet, la vision de Sitting Bull dans sa cuisine va l’amener à découvrir sa prédisposition pour le chamanisme. Nous la suivons dans son parcours spirituel. Elle apprivoise ce don et apprend à s’en servir. En parallèle nous assistons à son émouvante rencontre avec le descendant de Sitting Bull, Ernie Lapointe, lors d’un voyage aux États-Unis.

Claire Barré m’a tout simplement bouleversée. Je ne suis pas du tout portée spiritualité ou religion mais avec des mots simples elle a réussi à susciter mon intérêt quant à son cheminement. Sa rencontre avec Ernier Lapointe et sa femme Sonja est franchement touchante. C’est l’occasion pour elle de rappeler l’horreur qu’ont vécu les indiens d’Amérique mais aussi d’évoquer la façon dont la tradition ainsi que les croyances ont survécu à ce massacre. Claire Barré porte un discours qui remet en perspective nos modes de vie et nos schémas de pensée. Elle m’a ouvert les yeux et fait réfléchir sur bon nombre d’éléments.

J’ai l’impression de ne pas avoir réussi à transmettre dans cet article ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre qui a remué pas mal de choses en moi. Par contre, je ne peux que vous inciter à découvrir pourquoi Claire Barré n’a pas écrit de film sur Sitting Bull car la raison est pleine de sens.

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Vous aimerez aussi découvrir :

  • Ciel d’acier de Michel Moutot
  • La déchéance de Mrs Robinson de Kate Summerscale
  • Une apparition de Sophie Fontanel
Fanny

3 romans, 3 avis, 1 billet / Rentrée littéraire 2017

Je manque cruellement de temps pour tout chroniquer individuellement mais je souhaitais tout de même vous parler de ces trois découvertes littéraires réalisées il y a quelques semaines. Je vous laisse découvrir tout ça!

Une apparition de Sophie Fontanel

Et si arrêter la teinture et laisser pousser ses cheveux gris et blancs apportaient un vrai renouveau? C’est l’idée folle qu’a poursuivi Sophie Fontanelle. Pendant plusieurs mois, elle voit les cheveux blancs prendre le dessus sur sa teinture qu’elle entretenait obsessionnellement jusque là. Elle nous partage ses pensées lors de ce parcours, le regard d’autrui mais aussi l’envie qu’elle suscite chez d’autres femmes. Tout ceci sans pour autant porter de jugement mais plutôt comme un modèle à suivre pour se libérer d’un certain carcan. Le côté mondain (on croise Inès de la Fressange ou encore Arielle Dombasle) est surement ce qui m’a le moins plu. Ceci n’apporte rien à la réflexion intéressante et dans l’air du temps que Sophie Fontanelle développe dans son livre.

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Les maison des Turner d’Angela Flournoy

J’étais plutôt enthousiaste lorsque j’ai commencé ce livre. Dans son premier roman, Angela Flournoy nous plonge dans la vie d’une famille nombreuse afro-américaine. Le contexte me plaisait et le fait de faire intervenir le plus âgé et la plus jeune de la fratrie (qui compte treize frères et sœurs) m’a paru intéressant. J’avoue avoir assez vite décrochée avec  l’impression d’avoir survolée les 200 premières pages. L’ensemble m’a assez vite paru assez long et manquer d’un but. Depuis mon déménagement il y a un peu plus d’un mois, impossible de le reprendre. Le manque de temps et d’enthousiasme m’a clairement fait passer à autre chose. Je n’aime pas ce sentiment d’inachevé mais parfois il est impossible de passer au delà de ce blocage.

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Neverland de Timothée de Fombelle

Avec ce livre biographique pour adulte, Timothée de Fombelle s’essaie à un nouvel exercice. En un peu plus d’une centaine de pages, il part à la recherche de son enfance. Il nous partage ses souvenirs, ses sensations mais aussi ses sentiments. C’est l’occasion de faire remonter les nôtres souvent bien enfouis mais qui ne demandent qu’à refaire surface. Il nous présente l’enfance comme une bouée à laquelle se raccrocher dans nos vies d’adulte. Je dois dire que cette idée est assez réconfortante. Mon seul regret est qu’il s’agit d’un récit tellement intime que cela nous empêche parfois de totalement saisir son contenu. En effet, Timothée de Fombelle se livre complétement grâce à cette poésie qui lui est propre.

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  • Instinct primaire de Pia Petersen
  • L’immeuble Christodora de Tim Murphy
  • Vango, Tome 1 : Entre ciel et terre de Timothée de Fombelle

Fanny

La serpe de Philippe Jaenada / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Un matin d’octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n’est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l’unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l’arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d’un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l’enquête abandonnée. Alors que l’opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s’exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.

Ma découverte de Philippe Jaenada avec La petite femelle s’était soldée par un coup de cœur il y a deux ans. Depuis, je trépignais d’impatience de pouvoir me plonger dans un nouvel ouvrage façonné de sa patte. La serpe n’a pas déçu mes espérances. L’auteur nous propose de rouvrir le dossier d’un fait divers se déroulant dans un château de Dordogne. Il dépoussière complétement le genre en y apportant sa touche si reconnaissable et si personnelle. En effet et comme à son habitude, il agrémente son récit d’anecdotes drôles et personnelles, il fait des apartés concernant les deux autres personnages ayant fait l’objet d’un livre (Bruno Sulak et Pauline Dubuisson) et il se raconte sur les différents lieux clés de son enquête.

A chaque fois, Philippe Jaenada me bluffe par son flair, sa maîtrise de l’art délicat du recoupement et son sens de la psychologie. Les archives, qu’il manie avec un regard neuf, n’ont aucun secret pour lui. Il nous propose même une solution qu’il déduit grâce à son cheminement et à ses déductions. Il insuffle beaucoup d’humanité et de tendresse, qu’il nous transmet, dans ses personnages. J’ai d’ailleurs découvert un protagoniste central de cette affaire, Maurice Garçon, grand avocat et connu pour sa verve. Au moment où son récit s’essouffle un peu (vers le fin, je vous rassure), Philippe Jaenada a su rattraper mon attention avec un chapitre 20 de haute volée. Il m’a émue et m’a fait frissonner.

Une nouvelle fois, Philippe Jaenada m’a totalement convaincue. Il est clairement passé maître dans l’art de rouvrir des dossiers judiciaires et de manier les archives en y instillant sa grande humanité et son sens de la psychologie qui ne sont plus à prouver. Pour l’avoir rencontré par deux fois, je peux vous assurer que l’homme qui se cache derrière ces briques est d’une gentillesse et d’une simplicité touchantes. A découvrir sans tarder!

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  • 10 jours dans un asile de Nellie Bly
  • Harriet d’Elizabeth Jenkis
  • La petite femelle de Philippe Jaenada
Fanny

Miss you de Kate Eberlen

Résumé de l’éditeur : Et si votre âme soeur était un visage caché dans la foule ? «Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie. » Cette phrase, Tess l’a vue des centaines de fois sur une assiette chez elle, dans le sud de l’Angleterre. En cet été 1997, la jeune fille ne peut s’empêcher d’y songer tandis qu’elle savoure la fin de ses vacances idylliques à Florence avec sa meilleure amie. Car sa vie est bel et bien sur le point de changer : elle s’apprête à entrer à l’université. À son retour pourtant, une terrible nouvelle va bouleverser son existence à jamais. Gus est aussi en vacances à Florence, avec ses parents. La vie de sa famille a déjà changé de manière soudaine et tragique depuis que son frère a disparu, et Gus ne pense qu’à une chose : voler de ses propres ailes. À la rentrée, lui doit entamer des études de médecine. Ce jour-là, ces deux inconnus admirent côte à côte la basilique San Miniato al Monte… Au cours des seize prochaines années, leurs chemins vont se croiser et se recroiser, quelques secondes à peine, sans que l’un ou l’autre ne s’en aperçoive. Séparés par la distance et leurs destins respectifs, auront-ils un jour l’occasion de se découvrir ?

Quoi de mieux qu’une romance comme lecture d’été pour lâcher prise? Kate Eberlen ne s’enferme pas dans ce genre littéraire et nous propose bien plus qu’une simple histoire d’amour. Cette dernière ne se développe d’ailleurs que tard dans le récit. Nous suivons donc deux personnages qui ne font que se croiser sans jamais (ou presque) prendre conscience l’un de l’autre. L’autrice déroule la vie de chacun d’entre eux dans une alternance de chapitres. L’un est consacré à Tess, le suivant à Gus et ainsi de suite. C’est bien écrit et c’est subtile. Je me suis très facilement laissée prendre par la main. J’ai ri, j’ai pesté, j’ai été déçue parfois.

A mon sens, la grande réussite de Kate Eberlen est d’avoir réussi à croquer des personnages hautement attachants. Dès les premières pages, une subtile intimité s’installe entre le lecteurs et les protagonistes. L’autrice nous les fait découvrir dans leurs moindres détails. Nous suivons leurs parcours, leurs joies, leurs peines et leurs choix de jeune adulte puis d’adulte. Tous les évènements mis bout à bout les forgent et font ce qu’ils sont lorsqu’ils se rencontrent enfin. Les thématiques fortes abordées peuvent toutes nous concerner : le syndrome d’Asperger, le cancer et sa potentiel hérédité, des obstacles à franchir et des décisions difficiles à prendre.

Ce premier roman est franchement réussi. A peine le livre posé, je n’avais de cesse de vouloir le retrouver. C’est un signe qui ne trompe pas!  Kate Eberlen nous fait rencontrer deux protagonistes très attachants auxquels le lecteur s’identifie et se reconnait facilement. Le tout est raconté avec subtilité, ce qui ne gâche rien.

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  • Le théorème du homard de Graeme Simsion
  • Mémoire d’elles de Tammy Greenwood
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Fanny

 

Tu seras ma beauté de Gwenaële Robert / Rentrée littéraire 2017

Résumé de l’éditeur : Lisa, une professeure de sport au physique parfait, ne perd pas de temps en grands discours. C’est une femme directe. Mais lorsqu’elle rencontre, lors d’un salon du livre, Philippe Mermoz, séduisant auteur à succès, elle pressent que sa seule beauté ne suffira pas. Elle demande à Irène, une collègue de français à l’apparence ordinaire, éprise de littérature, d’écrire à sa place quelques lettres destinées à le charmer. Irène accepte, se prend au jeu, et voilà que ses jours monotones, un peu tristes – un mari notaire, un enfant qu’elle n’arrive pas à avoir –, s’en trouvent profondément bouleversés. La correspondance s’intensifie, devient intime, se prolonge. Jusqu’à ce que Lisa, perdant patience, décide de retrouver l’écrivain pour une nuit… Irène sombre dans le désarroi. Peut-elle continuer à vivre comme avant ?

Pour son premier roman adulte, Gwenaële Robert ne s’attaque pas à l’exercice le plus simple. En effet, avec Tu seras ma beauté, elle nous propose une réécriture moderne du célèbre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. N’ayant jamais eu l’occasion de lire le roman original, j’ai parcouru un résumé détaillé avant de commencer ma lecture afin de me remémorer l’histoire. L’autrice nous propose ici un véritable hommage à la littérature ainsi qu’à l’écriture. Au fil des pages, on ressent une certaine nostalgie envers les relations amoureuses épistolaires. Gwenaële Robert signe une romance contemporaine joliment menée.

L’autrice reprend les éléments principaux de la pièce d’Edmond Rostand. Cependant et à première vue, cette réécriture me semble plus gentillette et surement moins tragique que la pièce d’origine. Malgré tout, je lui ai trouvé un charme certain et notamment grâce au personnage d’Irène et de ses pensées. On retrouve bien entendu des références à quelques dialogues de Cyrano de Bergerac. Le titre du roman fait d’ailleurs parti d’une strophe pleine de sens et qui regroupe tout l’enjeu de l’histoire originale mais aussi de ce roman-ci. Le seul bémol à mon sens réside dans la description du personnage de Lisa qui est beaucoup trop stéréotypé à mon gout.

Le premier roman adulte de Gwenaële Robert est plutôt réussi. C’est un bel hommage à Cyrano de Bergerac mais aussi à la littérature et à l’écriture en général. A mon sens, il ne manque plus que davantage de subtilités dans les descriptions de certains personnages pour optimiser tout le potentiel de l’autrice. Je continuerais de suivre les parutions de cette dernière, c’est certain!

Merci Gwenaële de m’avoir fait parvenir votre dernier roman.

Sortie le 24 août 2017.

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