3 romans, 3 avis, 1 billet [spécial mois anglais]

Je manque cruellement de temps en ce moment. C’est pourquoi je suis peu présente ici et sur les réseaux sociaux. Entre le travail, la préparation d’un oral de concours, un déménagement pour la rentrée, la vie quotidienne, les loisirs et la chaleur qui assomme, je suis bien occupée! Cependant, je souhaitais absolument vous parler de trois bonnes lectures réalisées entre mai et juin. C’est parti!

L’homme au complet marron de Agatha Christie

Je vous présente aujourd’hui mon avis sur le Agatha Christie lu en mai. Je me suis beaucoup amusée avec ce roman publié en 1924. La productivité de la Reine du crime n’aura de cesse de m’étonner! L’intrigue n’est surement pas des plus crédibles et semble parfois fantasque. J’avoue avoir appréciée cette fantaisie qui m’a bien divertie. Clairement inspiré de ses premiers voyages, ce récit nous emmène cette fois dans une traversée exotique et hautement dangereuse pour notre téméraire héroïne. Elle va devoir découvrir ce qui se cache derrière le masque des suspects mais aussi prendre garde à ses arrières. Nous découvrons donc une jeune fille courageuse et au sang froid impressionnant. Un roman fort distrayant entre aventures, romance et policier.

Frenchman’s creek de Daphne du Maurier

Comme vous le savez peut-être, je souhaite lire tous les livres de Daphne du Maurier. Le mois anglais est l’occasion rêvée d’en sortir un de sa pile à lire. Cette fois, j’ai souhaité lire cette autrice en version originale pour la première fois. Je n’ai pas regretté mon choix car ce fut un régal une fois le lexique de la navigation bien en main. Ce roman est très autobiographique. On y découvre la transcription de la vie maritale décevante de Daphne mais aussi ses fantasmes et ses envies d’aventures. Il s’agit d’une histoire entre romance et roman d’aventure historique. C’est aussi la remise en question de la vie trop convenue d’une jeune mère de famille qui cherche à s’évader. Les descriptions de la Cornouailles, de la navigation et de la demeure familiale sont encore une fois une réussite. Une belle lecture entre rebondissements et paysages à couper le souffle.

Lu en lecture commune avec Coquelicote.

La carrière du mal de Robert Galbraith

J’ai enfin retrouver mes deux enquêteurs contemporains préférés! Cette nouvelle intrigue policière est encore plus glauque et prenante que les deux précédentes puisqu’elle touche personnellement nos deux héros, Cormoran et Robin. De plus, l’auteur introduit des chapitres du point de vue d’un coupable retors et pervers. Ceci ne fait qu’accentuer la tension et l’impuissance du lecteur face à la menace imminente. On en apprend énormément sur le passé de Cormoran mais aussi de Robin. J’ai d’ailleurs souvent pesté contre les choix de cette dernière. Robert Galbraith développe un style très accrocheur et maintient son lecteur en haleine d’un bout à l’autre. Je suis impatiente de lire la suite à paraitre prochainement mais surtout de découvrir l’adaptation en série qui devrait débuter en août à la télévision britannique.

Lu en lecture commune avec Coquelicote.

Article rédigé dans le cadre du mois anglais de Cryssilda et Lou.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Le ver à soie de Robert Galbraith
  • Les enquêtes d’Hercule Poirot de Agatha Christie
  • Les oiseaux et autres nouvelles de Daphne du Maurier

Fanny

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3 romans, 3 avis, 1 billet

Mr Brown de Agatha Christie

Je continue mon challenge en lisant un roman d’Agatha Christie par mois dans l’ordre chronologique de parution. J’ai donc lu Mr Brown en février. Il s’agit du second roman de la Reine du crime mais aussi de la première enquête du duo Tuppence Cowley et Thomas Beresford. Ces deux derniers se retrouvent démobiliser après la Première Guerre mondiale et vont créer les Jeunes Aventuriers Associés. L’intrigue est parfois rocambolesque et tirée par les cheveux mais cela ne m’a empêchée de me régaler. Les deux héros sont plein de bonne volonté et d’enthousiasme. Ceci va régulièrement leur jouer des tours surtout qu’ils n’ont pas à faire à un ennemi facile.  C’est parfois drôle, plein de rebondissements et très rythmé! On ne s’ennuie pas une seule seconde. J’avoue être impatiente de retrouver Tuppence et Tommy dans une future lecture.

Taille 42 de Malika Ferdjoukh

Ce récit et témoignage m’a donné l’occasion de découvrir Malika Ferdjoukh dans un tout autre style qu’habituellement. Sous la plume de l’autrice, c’est l’histoire vraie de Charles Pollak et de sa famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale qui nous est conté. Nous suivons Charly entre Paris et sa fuite vers un petit village du Nord occupé par un commandement allemand. Là, sa famille et lui vont tenter la transparence et la dissimulation des signes de leur appartenance au judaïsme. Mais, on ne peut toujours tout maitriser. Ceci donne de vrais passages d’angoisse. Ce livre contient également de l’espoir grâce toutes ces personnes qui connaissaient leur vrai identité et n’ont jamais rien dit et les ont même aidés. Le petit Charly observe et se pose beaucoup de questions qui résonnent en nous. L’insouciance de l’enfance vient contrecarrer l’ambiance pesante de cette période pour le moins troublée. Un beau roman jeunesse saisissant et très beau.

Au bonheur des ogres de Daniel Pennac

La série des Malaussène m’a été maintes fois recommandée par des collègues de travail ou des amis. Entre roman policier, cynisme envers la société de consommation et comique de situation et de langage, Daniel Pennac nous propose un premier opus pour le moins original. Les premières pages sont assez étonnantes. Il m’a donc fallu un temps d’adaptation concernant le style de l’auteur. Finalement, on se laisse facilement porter par la plume et la fantaisie de ce dernier. L’ensemble est assez délirant et rocambolesque. Mais il y a un quelque chose qui fait tenir chaque élément ensemble. Daniel Pennac pose la famille comme un élément essentiel. Il est vrai que la tribu des Malaussène ne peut laisser indifférente. J’ai trouvé le second tome, La fée carabine, dans une vente de livres d’occasion. Je ne devrais donc pas tarder à connaitre la suite des aventures de Benjamin et sa famille.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Le Mystère de Listerdale de Agatha Christie
  • Le théorème du homard de Graeme Simsion
  • Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh

Fanny

3 romans, 3 avis, 1 billet

J’ai pris un petit peu de retard dans la rédaction de mes articles. Je regroupe donc trois chroniques dans un seul billet car j’aimerais tout de même vous écrire quelques mots sur trois belles lectures réalisées en janvier.

910-tschrhlLe ver à soie de Robert Galbraith

Il s’agit du second tome des enquêtes de Cormoran Strike. On retrouve ce dernier toujours aussi torturé que ce soit physiquement ou mentalement. Il est touchant et attachant à souhait. Nous découvrons également un peu plus sa comparse, Robin. Ce personnage s’étoffe et prend de l’importance. Elle n’hésite plus à imposer ses désirs à son entourage et devient une vraie graine de détective. Pour ceux qui ont déjà lu ce roman, j’ai adoré la scène de l’accident sur l’autoroute où elle se révèle complétement. La plume de Robert Galbraith (aka J. K. Rowling) est toujours aussi agréable à lire. Il/elle prend son temps grâce à une écriture détaillée et imagée. La plongée dans le monde cruel de l’édition londonienne est une réussite tout comme l’investigation autour d’un meurtre glauque et mis en scène. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette seconde enquête.

71ipmqopyplLa mystérieuse affaire de Styles de Agatha Christie

En janvier, j’ai lu un second roman policier et pas n’importe lequel. En effet La mystérieuse affaire de Styles est le tout premier roman écrit par la Reine du crime mais c’est aussi la toute première enquête du célèbre détective belge Hercule Poirot. Ce dernier se montre sous un jour pour le moins ambigu. Il agace autant qu’il intrigue. Il garde ses spéculations pour lui et nous fait languir jusqu’à la chute. Son caractère bien trempé est également à noter. Tous les protagonistes restent sans voix face à ce petit bonhomme fort perspicace. Comme je m’y attendais, l’ambiance so british est délicieuse. Le lecteur suit la résolution d’une enquête de meurtre au sein d’un petit village anglais. C’est aussi l’occasion de découvrir la machine judiciaire britannique. Tous les suspects sont détaillés et des cadavres sont sortis des placards. En février, je vais lire Mr Brown.

a54189A la croisée des mondes, Tome 2 : La tour des anges de Philip Pullman

Lu il y a un peu plus d’un an, le premier tome des aventures de Lyra m’avait beaucoup plu. Nous la retrouvons dans cette nouvelle histoire où elle est, cette fois, accompagné de Will.  Ce second tome est très différent du précédent. J’ai eu comme l’impression qu’une étape était franchie vers des sujets nombreux et plus matures voire plus difficiles à appréhender. L’ambiance est également plus sombre. Il plane un danger qu’on ne peut nommer. Les personnages secondaires sont très chouettes. J’ai hâte de les retrouver. On peut dire que Philip Pullman sait faire réfléchir son lecteur. Beaucoup de questions se posent. Certaines notions restent floues mais je pense que c’est tout à fait volontaire de la part de l’auteur. Il reste de quoi faire pour clôturer cette série. Le dernier tome promet d’être plein de révélations. Rendez-vous bientôt pour Le miroir d’ambre!

Participation au challenge A year in England de Titine.

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Fanny

Mad de Daphné du Maurier

81kLVeTIlHLRésumé de l’éditeur : Mad, célèbre comédienne, s’est retirée avec sa petite-fille Emma et les six garçons qu’elle a adoptés dans sa propriété de Cornouailles. Cette famille originale, comme tous ceux qui l’entourent, va traverser un étrange drame. Tout commence un matin d’hiver. Plus de radio ni de téléphone. Un navire de guerre est amarré dans la baie. Des soldats américains, l’arme au poing, marchent vers la maison…C’est dans un scénario de politique-fiction que nous entraîne, avec ce roman paru en 1974, l’auteur de Rebecca. En cette année 2000 où elle a situé l’action, l’Angleterre, séparée de la communauté européenne, a formé une fédération avec les États-Unis. Pourtant, le peuple n’accepte pas cette tutelle. Le petit groupe anticonformiste réuni autour de Mad va se jeter dans la résistance. Le lecteur, lui, découvrira une Daphné Du Maurier pour le moins inattendue.

Mad est le dernier roman écrit par Daphné du Maurier. Il est surprenant et étonnant par bien des aspects. L’histoire se déroule en 2000 alors que la Grande-Bretagne s’est séparée de l’Europe et que les États-Unis viennent occuper le pays en commençant par la Cornouailles. En 1972, Daphné du Maurier imagine déjà la possibilité d’un Brexit. C’est assez déroutant pour le lecteur de 2016 que nous sommes. A aucun moment elle n’imagine les évolutions techniques de l’an 2000. Elle laisse tout ce pan dans le flou comme si sa région serait restée figée dans le temps. L’écrivain s’est apparemment inspirée de Gladys Cooper pour créer le personnage de Mad. Pour ma part, elle m’a plutôt fait penser à l’auteur elle-même. C’est aussi une histoire au multiples rebondissements qui nous fait nous poser bien des questions.

A la lecture de ce roman, nous sentons régulièrement poindre de la nostalgie. Daphné du Maurier a très bien connu J. M. Barrie, l’auteur de Peter Pan. Elle rend hommage à cette œuvre qu’elle adore et à son auteur car on retrouve ici plusieurs garçons adoptés par Mad. Ils font bien sûr penser au garçons perdus inspirés de plusieurs cousins de Daphné du Maurier. Ensuite, certains éléments rappellent la Seconde Guerre mondiale : les restrictions, la main-mise des américains sur le pays et la résistance artisanale. L’auteur a très bien connu cette période tout comme son mari qui a participé à de grandes opérations en tant que commandant de section aéroportée. On sait qu’à la fin de sa vie, elle a milité pour l’indépendance de la Cornouailles, donc finalement rien de vraiment étonnant dans les idées qui transparaissent dans ce roman.

Sous ses abords de petit roman original voire de comédie un peu farfelue à certains moments, Mad est un roman où transparait beaucoup d’éléments chers à Daphné du Maurier. C’est d’ailleurs tout son intérêt et c’est pour cela qu’il est assez particulier à mes yeux. L’inconvénient est qu’il peut être difficile à appréhender pour des personnes ne connaissant que très peu la vie de cette dame de lettres britannique.

Lu dans le cadre du challenge A year in England.

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Fanny

L’auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier

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Résumé de l’éditeur : Orpheline et pauvre, Mary Yellan n’a pas d’autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l’Atlantique. Dès son arrivée à l’Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu’elle a connue jeune et gaie n’est plus qu’une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant, qui enjoint à Mary de ne pas poser de questions sur les visiteurs de l’auberge. Auberge dans laquelle, d’ailleurs, aucun vrai voyageur ne s’est arrêté depuis longtemps… De terribles épreuves attendent la jeune fille avant qu’elle ne trouve le salut en même temps que l’amour.

Je continue tranquillement ma découverte de la totalité de l’oeuvre de Daphné du Maurier. L’auberge de la Jamaïque est un incontournable qui plait généralement beaucoup. Le moins que l’on puisse dire est que ce roman m’a totalement passionnée. L’auteur a su m’embarquer dans une aventure au cœur de la lande désolée de la Cornouailles du XIXe siècle. En seulement 300 pages, Daphné du Maurier nous offre un roman complet et abouti. Il y a du rythme, des rebondissements, de la noirceur, des sentiments et du suspens. Bref, les ingrédients idéals pour passer un très bon moment de lecture.

Mary Yellan est une héroïne très agréable à suivre. On s’intéresse facilement à son destin. Elle a du caractère, du cran et du courage. Son inconscience est sa plus grande faiblesse et va lui jouer bien des tours. Ce personnage m’a souvent fait penser à l’auteur elle-même surement à cause de sa liberté d’esprit et de son côté impétueux. On retrouve des éléments chers à Daphné du Maurier comme la mer (ici il est question de naufrageurs), la folie humaine et la nature sauvage de sa région de cœur. La fin a été à la hauteur de mes espérances : bien glauque et énigmatique.

Ce livre rejoint directement le palmarès de mes romans préférés de Daphné du Maurier. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et me suis attachée à son héroïne. De plus, j’ai adoré les descriptions des paysages tout comme le contexte historique. Je suis donc impatiente de pouvoir découvrir l’adaptation de 2014. Je peux déjà vous annoncer que je lirais Mad en août. Il s’agit du dernier roman écrit par l’écrivain.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle et A year in England.

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Fanny

Pique-nique à Hanging Rock de Joan Lindsay

81fwR8D24fLRésumé de l’éditeur : 14 février 1900, Australie. L’été touche à sa fin. Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin de Hanging Rock. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq chevaux bais magnifiques. Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau… puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois jeunes filles manquent à l’appel.

La maison d’édition Le livre de poche a récemment réédité ce roman paru en 1967. J’aime beaucoup l’idée de mettre en avant des œuvres quelque peu oubliées. J’ai aimé tous les romans australiens que j’ai lu jusqu’ici et celui-ci ne fait pas exception. En effet, quelle belle surprise! C’est un roman d’ambiance au suspens travaillé. Joan Lindsay ne ménage pas son lecteur tout en insérant des informations ici et là mais sans trop en dire. Les quelques touches d’ironie relèvent encore un peu plus le tout. La chute est assez géniale. Elle nous laisse pantois et ne peut que nous faire réfléchir sur les évènements et leur sens. Le contexte spatio-temporel se prête magnifiquement à ce type de roman et lui apporte une aura toute particulière.

Les points de vue de différents personnages de toutes les classes sociales sont également très intéressants. Chacun réagit à sa manière d’un extrême à l’autre. L’évènement dramatique provoque une onde de choc ainsi que beaucoup de messes basses dans cet endroit reculé d’Australie. Il faut dire que ce rocher majestueux se trouvant dans une nature sauvage est propice à alimenter l’imaginaire collectif. Durant toute ma lecture, j’ai vécu un vrai dépaysement. L’auteur connait bien Hanging Rock et ses alentours  car elle nous les décrit avec beaucoup de détails et de précisions. Nous sommes transportés sur ces terres bien mystérieuses sans aucun problème. Les conditions de vie dans un pensionnat pour jeunes filles nous sont aussi présentées sans détour.

Je comprends complétement que ce roman ait marqué le lectorat des années 60. Encore aujourd’hui, son effet est intact. Cette histoire est fascinante. Il est difficile de lâcher ce livre car les demoiselles disparues nous poursuivent sans cesse en arrière-pensée. Un vrai et beau coup de cœur! J’espère voir l’adaptation de 1975 qui, parait-il, est très réussie.

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Fanny

Manderley forever de Tatiana de Rosnay

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Résumé de l’éditeur : Je l’ai décrite comme si je la filmais, caméra à l’épaule, afin que mes lecteurs comprennent d’emblée qui elle était. J’ai décrypté ses livres, sa voix, son regard, sa façon de marcher, son rire. J’ai écouté ses enfants, ses petits-enfants. Autour des maisons qu’elle aimait avec passion, j’ai dressé le portrait d’une écrivaine atypique et envoûtante, méprisée des critiques parce qu’elle vendait des millions de livres. Son univers macabre et fascinant a engendré une œuvre complexe, étonnamment noire, à l’opposé de l’étiquette « eau de rose » qui lui fut si injustement attribuée. Ce livre se lit comme un roman, mais je n’ai rien inventé. Tout y est vrai. C’est le roman d’une vie. – Tatiana de Rosnay

C’est la toute première biographie que je lis à propos de Daphné du Maurier, un de mes auteurs favoris. Tatiana de Rosnay nourrit depuis toujours une passion ainsi qu’une fascination pour cette femme de lettres aux nombreux ouvrages et a donc souhaité lui consacrer un livre. Comme je m’y attendais, j’ai appris beaucoup de choses surtout à partir du mariage de Daphné du Maurier. En effet, j’ai lu il y a quelques temps Myself when young avec ma copine Coquelicote, une autobiographie qui s’arrête à ses 25 ans et qui m’a permis de connaitre assez bien cette tranche de sa vie. Ce livre est une mine d’information. C’est détaillé, précis sans être voyeuriste. Tatiana de Rosnay a réussi avec brio à croquer un portrait digne et réaliste grâce notamment à des rencontres avec des descendants ainsi qu’à l’accès à des documents privés (notamment des extraits de journal intime). D’ailleurs une liste des sources utilisées ainsi que plusieurs annexes sont présentes en fin d’ouvrage.

L’histoire de la famille a tout du romanesque. En effet, l’entourage de Daphné du Maurier n’est pas des plus communs : des ancêtres français, un père acteur à succès, une sœur écrivain qui restera toujours dans l’ombre et un mari commandant lors de l’opération Market Garden durant la Seconde Guerre mondiale. Vous pouvez donc facilement imaginer qu’on ne s’ennuie pas à la lecture de cette biographie. Daphné du Maurier a souvent trouvé l’inspiration grâce à différentes demeures qu’elle a habité. Tatiana de Rosnay les place donc légitimement au cœur de son livre. On suit les différents déménagements et ce que cela implique pour l’auteur dans son quotidien et dans son œuvre (les inspirations et les blocages). J’ai également adoré les quelques passages où Tatiana de Rosnay retranscrit les sentiments qui l’ont traversé lorsqu’elle est partie sur les traces de Daphné du Maurier. Je me suis très bien imaginer à sa place avec les mêmes pensées émues qu’elle.

Ce fut une très belle lecture pour moi. Elle m’a permise d’aller plus loin dans ma connaissance d’un de mes auteurs préférés. Ce n’est pas un coup de cœur car Tatiana de Rosnay en dit parfois trop sur le contenu des histoires écrites par Daphné du Maurier. Mis à part cela, c’est une biographie d’une belle qualité qui se lit comme un roman.

Lu en lecture commune avec Coquelicote.

nouveauLu dans le cadre du mois anglais.

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Fanny

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Dix petits nègres d’Agatha Christie

41IM8S-LmyLRésumé de l’éditeur : Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Cela fait des années que je n’avais pas lu un Agatha Christie. Cette lecture commune proposée sur Whoopsy Daisy a donc été l’occasion de renouer avec cet auteur. Et pour tout vous dire, j’avais oublié comme c’était chouette d’en lire un! Agatha Christie a le chic de présenter ces personnages par de grandes caractéristiques sans avoir besoin de détailler énormément. On arrive très vite à les cerner. Ils sont donc faciles à apprivoiser et à distinguer les des autres. Avec la révélation de la voix, on comprend que le huis clos est inévitable et que chaque personnage se trouve dans une situation intenable.

On adore détester certains personnages ou au contraire les aimer. Chacun est susceptible d’être l’instigateur de cette grande manipulation et machination. Comme à son habitude, Agatha Christie fait preuve de beaucoup d’imagination. On se régale de chaque phrase et de chaque rebondissement. Elle ménage son suspens, son intrigue et la chute finale. On ne s’y attend pas forcément mais cette dernière résonne comme un couperais. Je me suis fait balader tout le long du roman. De toute façon, je suis assez nulle pour découvrir le meurtrier d’une intrigue.

Il s’agit d’un très très bon roman. Agatha Christie et son talent indéniable en font un livre qu’on ne souhaite pas lâcher avant d’arriver au point final. J’ai vu la dernière adaptation diffusée au Royaume-Uni sous le titre And then there were none. C’est également une vraie réussite.

Participation au challenge A year in England de Titine.

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Fanny

Tess d’Urberville de Thomas Hardy

613fDEM65JLRésumé de l’éditeur : Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d’Urberville, un de ses jeunes maîtres. L’enfant qu’elle met au monde meurt en naissant. Dans la puritaine société anglaise de la fin du XIXe siècle, c’est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance.

Après avoir découvert et beaucoup aimé Loin de la foule déchainée, je ne pouvais passer à côté de la lecture de Tess d’Urberville. C’est un très beau roman porté davantage sur le dramatique et le tragique. En effet, l’ensemble est empreint de mélancolie, de tristesse, d’espoirs déçus et de choix difficiles. Tess est un personnage auquel on s’attache forcement. Le lecteur compatit face à ses aventures malheureuses. On aimerait souvent pouvoir l’aider et la sortir de l’enchevêtrement de situations où elle se trouve. Cette histoire est embellie par la très belle écriture de l’auteur. Elle est précise, détaillée voire poétique parfois.

Plusieurs grands thèmes se démarquent clairement de cette œuvre. D’abord, le cadre spatial de la campagne anglaise est un vrai plaisir à découvrir. Nous sommes introduits dans la vie des fermes et des travaux des champs souvent difficiles. Cette société fonctionne en fonction des saisons ainsi qu’au rythme de diverses fêtes. La condition de la femme au XIXe siècle est également au cœur du récit. Entre mariage, situation matérielle précaire, ignorance des choses des relations intimes, Tess n’est pas au bout de ses peines. L’auteur prend parti et montre un réel engagement.

Thomas Hardy a signé ici un roman tragique, mélancolique et rude mais tellement beau. Tess est très attachante et les différents thèmes abordés intéressants. Cette nouvelle plongée au coeur du XIXe siècle anglais est encore une fois une vraie réussite. J’espère voir prochainement deux adaptations : celle de Polansky et celle par la BBC de 2008.

Lu en lecture commune avec Holly Goli.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Participation au challenge A year in England de Titine.

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Fanny

Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley

frankenstein_shelleyRésumé de l’éditeur : En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle. Paru en 1818, Frankenstein est né deux ans plus tôt sur les bords du Léman, un jour où Lord Byron proposait à quelques amis, dont le poète Shelley et son épouse Mary, que chacun écrivît une histoire de spectre. Ce roman fantastique annonce la science-fiction et, depuis près de deux siècles, n’a cessé de susciter un sublime effroi – de terrifier, donc, mais surtout de séduire.

Je vous présente aujourd’hui mon ressenti de lecture à propos d’un classique du XIXe siècle et de la science-fiction. J’ai été très surprise par ce texte à propos duquel je ne connaissais que très peu de chose. J’ai d’abord été étonnée par la forme : un melting-pot de lettres, de flashbacks, de récits. Ensuite, le mélange des genres est également à noter : science-fiction, roman d’aventure, thriller. Mary Shelley sait ménager son effet puisqu’elle nous laisser mariner avant la fameuse première rencontre avec la créature de Frankenstein. Celle-ci est d’ailleurs très courte voire frustrante et ne nous laisse entrevoir que peu de chose. Elle repousse encore l’échéance d’une confrontation avec elle. L’auteur possède un vrai talent pour écrire les scènes clés de son roman. Les lieux choisis sont souvent exceptionnels et donnent une vraie force à l’ensemble. Les mots échangés n’en sont que plus forts et chargés de sens ainsi que d’émotions exacerbées.

Victor est un personnage assez fou. On apprend à le connaitre, à apprivoiser sa démarche scientifique. Il semble être un homme assez extrême dans ses sentiments. Il est si passionné et fasciné qu’il est capable de mettre sa famille et sa vie entre parenthèse pour arriver à ses fins sans forcément bien cerner les conséquences de ses actes. Mais il peut tout aussi bien tomber très bas et se morfondre sur son sort. C’est un roman assez sombre sur bien des points. Il y a beaucoup de tristesse, de frustration ainsi qu’un énorme gâchis. C’est une histoire très moderne de par la création d’un être qui pourrait s’apparenter au robot de nos jours. Sauf que Mary Shelley appui sur la faille : le libre arbitre et les sentiments d’une telle créature. Cette dernière est d’ailleurs remarquable. On se rend compte qu’elle a quelque chose finalement de très humain par sa quête d’amour, de reconnaissance. Elle m’a rendu triste parfois car elle doit subir une solitude écrasante ainsi qu’une haine effroyable. Finalement, on ne sait plus qui est le monstre entre la créature et l’humain.

Dans ce roman, Mary Shelley  a su insufflé une vraie dimension dramatique, gothique et fantastique à son récit. C’est beau mais aussi très triste. Les thèmes abordés posent de nombreuses interrogations au lecteur. La modernité de cette histoire est également à noter.

Lu en lecture commune sur le forum Whoopsy Daisy.

Participation au challenge A year in England de Titine.

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Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny