Lectures intimes de Virginia Woolf

Ce livre est en fait un recueil d’essais et de réflexions littéraires rédigés par Virginia Woolf. Il est possible de distinguer deux parties. La première porte sur des écrivains en particuliers (Jane Austen, Charlotte et Emily Brontë, Thomas Hardy, Henry James, Madame de Sévigné, etc.). La seconde se focalise davantage sur des genres littéraires (biographies, mémoires, essais, etc.) et sur la vie des écrivains en général  (La vie et le romancier, Métiers de femmes, etc.).

Il s’agit d’une lecture à la fois rigoureuse car le vocabulaire et la façon d’écrire sont assez soutenus mais aussi facile à lire. A mon avis, il est mieux de connaitre un minimum les romans et les auteurs dont elle nous parle ou au moins s’être renseigné auparavant afin de bien saisir tout ce dont il est question. Parfois, il m’est arrivé de me retrouver dans une ignorance totale du sujet. Ces passages furent quelque peu fastidieux.

En lisant ce recueil il faut garder à l’esprit que tout ce que dit Virginia Woolf est subjectif. Elle donne son point de vue. A chaque fois elle nuance son avis en nous donnant les qualités de tel chose ou de tel auteur mais aussi les défauts et travers. Cependant, elle conclut bien souvent sur un auteur avec bienveillance et en complimentant. Voilà, par exemple, ce qu’elle dit à la fin du chapitre sur Jane Austen :

« Vaines sont les spéculations : l’artiste la plus parfaite parmi les femmes, l’écrivain dont les livres sont immortels, mourut  » juste comme elle commençait à avoir confiance en son propre succès. « »

Une lettre incendiaire de Virginia nous est également retranscrite. C’est là que nous nous rendons compte de son caractère bien trempé et de sa répartie. Elle n’y va pas de main morte. A travers cette lecture on ressent vraiment la femme libre et engagée (notamment du point de vue de la condition féminine) qui se cache derrière ce personnage de la vie littéraire anglaise dans une société en pleine mutation. Elle met également en avant ses amis intellectuels du Bloomsbury Group. D’ailleurs ce livre permet d’en apprendre beaucoup et de voir sous un autre jour la littérature du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle.

Une lecture intéressante et très enrichissante qui donne envie de découvrir les romans de Virginia Woolf.

Merci aux éditions Robert Laffont – Pavillons Poche, à Christelle ainsi qu’à Cécile pour l’envoi de ce livre.

 

 Fanny

Coeurs de rouille de Justine Niogret

9782842285074

Cela fait quelques temps que je voulais découvrir cette auteure. Voilà qui est chose faite. Je suis d’ailleurs plutôt enthousiaste quant à mon ressenti.

Résumé de l’éditeur : « La cité du ciel est en plein déclin. Les robots, jadis fidèles serviteurs, régressent jusqu’à devenir des machines stupides ou de terrifiants prédateurs. Saxe est un artiste qui survit en travaillant sur les golems actionnés par magie. Dresde est une jolie automate qui n’a connu que le luxe avant que son maître l’abandonne. Tout les sépare, [spoiler : et pourtant ils vont partager un rêve commun : s’enfuir de la forteresse volante]. Traqués par un tueur mécanique qui écorche les humains pour voler leur peau, ils se lancent dans une course peut-être sans espoir : retrouver la mythique porte ouvrant sur la liberté. Un roman de Steam Fantasy, inspiré par le meilleur du manga (Fullmetal Alchemist) aussi bien que par les chefs-d’oeuvre classiques (Metropolis), où l’action et la poésie font la part belle à l’angoisse… »

Cœurs de rouille est un roman de fantasy avec une pointe de science-fiction et de steampuck. L’auteure mixe ces différents genres avec brio. Justine Niogret possède une créativité et une imagination foisonnante. Tout ceci se ressent notamment grâce aux descriptions des personnages et des paysages que nous traversons durant cette aventure. Le monde créé est surtout très sombre voire glauque par moment mais aussi riche et mystérieux.  Sa plume particulière avec ses constructions de phrases comprenant beaucoup de virgules est un peu troublante au départ. Cependant, au fur et à mesure nous nous habituons et finissons par avoir une lecture fluide.

Dès le début du roman et durant plus de 50 pages nous assistons à la mise en place du contexte, de l’intrigue mais aussi des différents personnages. Pendant les premiers chapitres, ces passages m’ont paru un peu brouillon voire un peu poussif. Un manque de fluidité s’est donc ressenti à la lecture. J’ai dû relire quelques phrases pour bien comprendre de quoi il retournait. Par contre, une fois le tout bien installé j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman plein d’originalité. Par contre un conseil pour les futurs lecteurs : ne lisez surtout pas la quatrième de couverture. Elle dévoile un détail qui est censé être une révélation ainsi qu’un retournement de situation à la fin du roman et qui remet totalement en cause les croyances des deux personnages principaux. Ces deux héros, Saxe et Dresde, sont d’ailleurs très attachants. Il court après un idéal et un monde ancien décrit comme un eldorado.

Une facette de ce roman m’a particulièrement plu. C’est la mise en avant de la complexité et de l’ambiguïté des relations entre un humain et un automate (un robot). Ici plusieurs questions sont posées : un robot est-il capable de sentiment ? Un humain peut-il s’attendre égoïstement à une réciprocité d’attention ? Ce sujet de science-fiction est assez courant mais reste intéressant et m’interpelle. Ici Saxe, l’humain, s’attend à chaque fois que Dresde lui procure une certaine affection ainsi que de l’empathie. On se rend vite compte des limites d’une telle relation.

Malgré un début un peu difficile, j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman avec une mention spéciale à cette belle couverture.  J’ai découvert une auteure française au talent indéniable. J’essaierais de suivre son évolution ainsi que de lire ses précédents romans.

Merci aux éditions du Pré aux Clercs et à Lætitia pour l’envoi de ce roman.

Fanny

Etude en rouge de Arthur Conan Doyle

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J’ai enfin fait la connaissance de l’un des personnages les plus mythiques de la littérature : Sherlock Holmes. Etude en rouge (1887) est le premier opus des enquêtes du célèbre détective.

Résumé de l’éditeur : « Un homme est trouvé mort dans une maison inhabitée, au cœur d’un des plus sinistres quartiers de Londres. Autour de lui, des traces de sang, bien que le cadavre n’ait aucune blessure. De quoi laisser perplexes Lestrade et Gregson, les limiers de Scotland Yard.
Parue en 1887, cette Étude en rouge est la première des enquêtes de Sherlock Holmes. Nous y faisons la connaissance de l’extraordinaire détective à travers les yeux du bon Dr Watson. Nous y apprenons le « raisonnement analytique» et l’art de faire parler les indices. Ce classique du roman policier est aussi un roman d’aventures qui nous conduit dans le Nevada des mormons et de la ruée vers l’or, où s’enracine le mystère…« 

On sent dans cette œuvre toute la discipline d’écriture dont fait preuve Arthur Conan Doyle par la division très claire et franche en plusieurs parties de son roman. Le vocabulaire est fouillé et l’humour est assez présent notamment par les dialogues. Le Londres du XIXe siècle nous est présenté par quelques descriptions de lieux et par la présence des deux inspecteurs de police Lestrade et Gregson. Nous découvrons l’intrigue par le biais du Dr Watson qui est le narrateur. Malgré la brièveté de ce roman (à peine 150 pages), je me suis délectée de chaque phrase grâce à une écriture est très agréable.

Sherlock Holmes est tout à fait comme je me l’imaginais. Il s’agit d’un personnage haut en couleur avec une personnalité et des dons bien à lui. Au fil de la lecture, nous sentons que tout va très vite et que sa brillante matière grise file à toute allure. De même la science est très présente puisque Sherlock s’efforce de prouver des faits par une nouvelle méthode de recherche alliant déduction logique et faits scientifiques. J’ai également beaucoup aimé le long passage se déroulant aux États-Unis dans une société mormone bien des années auparavant (à la façon d’un western) nous racontant comment l’assassin en est arrivé à commettre un tel crime et ainsi appuyer les découvertes de Sherlock.

Une lecture intéressante que j’ai vraiment appréciée. J’ai découvert un héros à la hauteur de mes espérances. Maintenant j’ai hâte de lire un second roman mettant en scène Mr Holmes qui sera surement Le signe des quatre. Merci à Syl du blog Thé, lectures et macarons pour la belle initiative qu’est cette lecture commune.

Lu dans le cadre de la lecture commune Oh, Sherlock you are merveilleux ! avec Nahe, Syl, Claire, Caro.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny

Parce que tu me plais de Fabien Prade / Rentrée littéraire 2013

Parce que tu me plais est un roman racontant l’histoire de Théo. C’est un jeune homme de 25 ans qui ne pense qu’à jouer aux jeux-vidéos, voir ses amis, faire la fête et si possible passer des nuits avec des filles de passage. Cette vie lui convient très bien jusqu’au jour où il fait la rencontre de Diane, une fille bien sous tous rapports et bientôt mariée.

Dès le début de ma lecture, je me suis demandée où l’auteur voulait nous emmener. Théo est homme un peu borderline et ayant des réactions extrêmes. Je n’ai pas su aimer ni comprendre ce personnage ni au début ni à la fin. Dans la vie, ce genre de personnes m’agace sincèrement. Je pensais réellement que la rencontre de Diane allait le changer et lui faire voir la vie sous un autre jour. Mais non pas du tout puisqu’il n’évolue pas. J’ai surtout ressenti de la pitié à son égard. Pour moi l’auteur nous montre une jeunesse bien triste. Heureusement toutes les personnes de cette génération (pas loin de la mienne) ne se laissent pas vivre à ce point. Le public visé est, à mon sens, assez restreint car beaucoup de personnes ne se reconnaitrons pas dans le personnage de Théo ni dans cette vie parisienne débridée.

Ce livre est très court (120 pages) et se lit en une heure. L’auteur a une écriture fluide mais très directe et crue. A la lecture de ce roman, il est facile de ressentir que Fabien Prade a travaillé sur des courts-métrage grâce à son écriture très imagée, l’enchainement des scènes, les dialogues très présents et le vocabulaire du narrateur (Théo) très orale. Tout se déroule sous nos yeux sans que l’on y mette aucun effort. Une vraie réussite de ce côté là. Le format poche est très sympa avec cette couverture à rabat épaisse mais souple. Ce livre est très agréable en main.

Comme vous l’aurez compris ce roman n’a pas su me convaincre par son histoire ni par ses personnages. J’ai l’impression d’être passée à côté du sens de ce livre. Par contre, j’ai été séduite par l’écriture directe, imagée et très orale de l’auteur ainsi que l’amour qui arrive sans que l’on s’y attende et vient bousculer nos croyances et nos habitudes.

Je remercie les éditions Robert Laffont – NiL, Christelle ainsi que Cécile pour l’envoi de ce roman car malgré une petite déception toute découverte et expérience littéraire est bonne à prendre.

Fanny

Le monde de Downton Abbey de Jessica Fellowes

Downton Abbey est une célèbre série réalisée par Julian Fellowes retraçant la vie quotidienne de la famille d’un lord anglais. Se déploie sous nos yeux une fresque familiale qui débute en 1912. Nous suivons également les aventures de leur domestique. Entre amour, jalousie, déception et trahison, cette série nous dévoile également tout un pan de l’histoire britannique en pleine rupture.

Le présent livre est en réalité un guide de la série. Il permet d’aller plus loin et de nous apprendre des choses qui n’apparaissent pas forcément à l’écran. Pour y trouver son intérêt il faut, à mon avis, avoir vu la série d’abord. D’autant plus, qu’il comporte beaucoup de spoilers sur la saison 1 et 2. Le but est vraiment de se faire plaisir en prolongeant la série dont les minutes passent toujours trop vite. Je trépigne déjà d’impatience de voir la saison 4 arriver…

Jessica Fellowes, nièce du réalisateur, a fait un travail magnifique. Elle suit un plan simple et clair qui se divise en plusieurs parties : la vie de famille, la société, le changement, le personnel de maison, une question de style (mode), le manoir et son domaine, l’amour, la guerre et les coulisses. Ceci lui permet de traiter de la plupart des thèmes de la série et de son contexte.

L’objet-livre est superbe. Nous avons de beaux textes pas trop longs et intéressants illustrés d’images de la série, de photos des coulisses et d’images d’archive ainsi que de citation de dialogues. La mise en page est extrêmement soignée jusque dans les plus petits détails : polices de caractère, encadrements des images, arrière-plans, encarts explicatifs.

Un objet-livre que tous les fans de la série se doivent d’avoir dans leur bibliothèque. Je le conseille donc vivement pour aller plus loin et découvrir pleins de nouveaux aspects.

Merci aux éditions Charleston pour la découverte de ce livre.

Sortie le 27 septembre 2013.

Fanny

Quelques heures au Livre sur la Place, Nancy (54), le 15 septembre 2013

Il s’agit d’un salon créé en 1978 qui regroupe des auteurs et une littérature généralistes. En effet, tous les genres et les styles sont présents. Cependant, en déambulant sous le chapiteau on se rend vite compte que la rentrée littéraire est largement mise en avant. De grands noms étaient donc présents comme Amélie Nothomb, Valentine Goby, Franz-Olivier Giesbert, les frères Bogdanoff, Sofi Oksanen et bien d’autres encore. Quelques figures de la fantasy étaient également au rendez-vous comme Samantha Bailly, Jean-Luc Bizien ou Pierre pevel. J’ai pu croiser des personnalités populaires tels que Nelson Monfort, Annie Duperey, Tatiana de Rosnay, David Foenkinos ou encore Eric-Emmanuel Schmitt. Kheira a, quant à elle, assité à une lecture de Stéphane Bern à l’hôtel de ville et l’a rencontré ensuite. La chanceuse !

Pour ma part je me suis arrêtée aux stands de deux auteures : Samantha Bailly et Claudie Gallay.

– J’ai une sympathie particulière pour Samantha Bailly grâce à la lecture de Ce qui nous lie mais aussi grâce à notre précédente rencontre lors des Imaginales. C’est donc avec plaisir que je l’ai retrouvé et que nous avons discuté. Au départ, je pensais lui prendre son dernier roman graphique Kotori, le chant du moineau (adaptation d’un conte traditionnel japonais) mais ils n’avaient plus aucun exemple. Donc j’ai acheté le précèdent réalisé en 2012 et dessiné par Ein Lee. : La princesse au bol enchanté  que cette jeune auteure m’a gentiment dédicacé.

– Je n’avais pas du tout prévu de programme ni vraiment regardé qui était présent. Cependant, j’ai eu envie de m’arrêter devant Claudie Gallay. Son livre Une part de ciel, sorti lors de la rentrée littéraire, a eu un certain succès. Cependant je me suis tournée vers son fameux roman Les Déferlantes qu’elle m’a dédicacé. Elle m’a parlé de son livre, de sa méthode d’écriture et le tout avec beaucoup de passion. Il s’agit d’une femme vraiment sympathique, ouverte, humaine et qui met très à l’aise. L’amour commun de la Basse-Normandie a notamment était un très bon moyen de prolonger la discussion.

J’ai ressenti à la rencontre de ces deux auteures toujours les mêmes sentiments que lors des Imaginales : un peu de trac mais beaucoup de satisfaction et de bonheur. J’ai également retrouvé au Livre sur la place cette fête et cette effervescence  particulière au salon littéraire.

    

Site internet de l’évènement : – Page facebook :

Vous pouvez également retrouver le compte-rendu passionnant de ma collègue Kheira :

Fanny

Short ! ~ Eté 2013 / numéro 5

Je vous retrouve avec une chronique un peu particulière dans laquelle je vais vous présenter une belle initiative qu’est shortEdition et leur magazine Short !. Cette maison d’édition a été créé il y a quelques années dans le but de promouvoir la short littérature c’est à dire les nouvelles, les courtes BD, les poèmes, les chansons et autre courts textes. Les meilleurs œuvres ayant récoltées le plus de votes sur le site internet des éditions se voient l’honneur d’être publié dans le magazine qui parait à chaque saison.

J’ai donc pu découvrir ce magazine et plus particulièrement l’édition été 2013. 31 auteurs ont été désignés pour le composer. Ce recueil forme un tout très éclectique et permet la découverte d’auteurs inconnus bourrés de talent. Au rendez vous : émotion, humour (voire humour noir), texte engagé, petites choses de la vie éclairées d’une nouvelle manière et des chutes comme je les aime avec des retournements de situation soudain. Il y en a vraiment pour tous les goûts.

Pour aller plus en détail, voici les textes et strip qui m’ont le plus touché :

Promenade de santé des démons enneigés de Clément Cheuret. Il s’agit d’un texte engagé et poignant traitant des prisonniers du Goulag.

Le monstre de foire de Yannick Pagnoux est un poème sur Joseph Merrick alias Elephant Man. Une vraie leçon d’humanité et du goût de la différence.

Leçon de géographie de Lagantoise. Ce texte entremêle poésie et jeux de mots autour de noms de grandes villes françaises.

Le cuistot de Marc Goncalves alias Sarell. Un strip vraiment rigolo et bien pensé. (voir ci-dessous)

Parlons un peu de la forme. Le format est très agréable. Le lecteur a vraiment l’impression de tenir un petit cahier entre ses mains. La couverture souple permet une bonne prise en main et une aisance de lecture. Petit plus non négligeable : les illustrations y sont en couleurs.

Alors n’hésitez plus à feuilleter et lire le site internet, à voter pour les futurs publiés et à acheter ensuite le magazine. Plein de talents se cachent dans ces pages. Pour ma part ce sont davantage les textes vraiment courts (1 ou 2 pages) et les strips qui m’ont le plus plu.

Je remercie shortEdition et Élodie de m’avoir permis de recevoir ce magazine pour lequel j’ai une affection naissante grâce aux perles qu’il renferme.

Le site internet shortEdition

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Fanny