L’homme au complet gris de Sloan Wilson

9782714457721Résumé de l’éditeur : A New York, dans les années 1950 « Le complet gris », c’est l’uniforme de l’Américain moyen, celui qui arrive tous les jours de sa banlieue pour travailler dans un quelconque gratte-ciel. Il est jeune encore, il a une femme et trois enfants, son travail ne l’intéresse pas beaucoup et la grande aventure de sa vie a été la guerre. Il a de l’ambition pourtant et en Amérique ambition égale argent ; il faut gagner beaucoup d’argent pour être un homme. Il accepte la situation d’avenir que lui offre un magnat de la télévision, mais cela veut dire de longues heures de travail, des absences, presque plus de vie de famille. Alors, non. L’homme s’aperçoit que son ambition, c’est de vivre en paix avec sa conscience et de vivre heureux auprès des siens. Et le destin lui donnera l’un et l’autre, une réussite qui ne sera pas une réussite sociale, mais une réussite humaine.

Certains points de ce roman m’ont clairement rappelé Richard Yates (Un destin d’exception, Un été à Cold Spring) comme la présence déterminante de la Seconde Guerre mondiale. En effet, les deux auteurs l’ont vécu et lui laissent une grande place dans chacun de leur texte. Mais ce roman traite surtout du destin professionnel et personnel d’un homme. L’auteur nous montre parfaitement que l’un influe sur l’autre. Il s’agit également de l’histoire de la classe moyenne américaine des années 50 qui fait les va-et-vient entre la banlieue-dortoir et la ville où l’ambition de devenir quelqu’un, de gagner beaucoup d’argent et de porter avec fierté son complet gris est très forte. Cependant, même si ce roman nous montre la middle class américaine classique, Sloan Wilson a su faire preuve de modernité notamment dans sa vision de la place de la femme. Certes cette dernière est femme au foyer et passe beaucoup de temps à la maison mais elle a son mot à dire, n’hésite pas à exprimer ses opinions, est force de proposition et est quotidiennement consultée pour un avis ou une décision à prendre.

Tom Rath est un personnage facile à adopter. Il est marqué de diverses manières par sa participation à la Seconde Guerre mondiale. C’est un jeune trentenaire qui se cherche même s’il est surtout en quête d’une place dans la société. Mais jusqu’où est-il prêt à aller pour y arriver, quelle concession est-il résolu à faire? Car c’est avant tout un homme généreux ayant la tête sur les épaules même s’il se laisse parfois griser par les évènements. Sinon j’ai particulièrement apprécié le personnage du juge Berstein. Il est bienveillant, possède un sens aigu de la justice et reste clairvoyant sur les intentions des gens. D’ailleurs, l’auteur nous permet quelques incursions dans la vie de personnages secondaires sans que le héros soit présent. Il nous donne ainsi à les voir dans leur vie privée ce qui nous aide à comprendre leurs réactions. L’écriture de Sloan Wilson est très descriptive mais tellement agréable à lire. On prend plaisir à suivre les pérégrinations de toute cette panoplie de personnages. Un beau retour 60 ans en arrière !

Un roman coup de cœur en ce qui me concerne. Je prends de plus en plus de plaisir à découvrir la littérature américaine que je lis trop peu à mon goût. Tout comme Richard Yates, Sloan Wilson a, à sa manière, une vraie tendresse pour la middle class américaine. La fin est une vraie bouffée d’air frais et met forcément un peu de baume au cœur.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Belfond.

    

Fanny

Je suis un dragon de Martin Page

9782221144947Résumé de l’éditeur : Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu’à ce qu’un événement tragique la contraigne à se dévoiler. On lui demande alors de mettre ses dons au service de l’humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d’une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ? En s’inspirant de l’univers des superhéros, Martin Page se réapproprie les codes habituels du genre. Captivant, bouleversant, Je suis un dragon est un roman sur la puissance de la fragilité et sur la possibilité de réinventer sans cesse nos vies.

Je vous présente un roman qui restera forcément particulier pour moi de par le contexte dans lequel je l’ai lu. En effet, j’ai ouvert ce livre au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo et des différentes prises d’otages. Les thèmes abordés dans cette histoire ne peuvent que faire écho à tout ce qui s’est déroulé lors de ses trois journées interminables et effarantes. Martin Page donne vie à une héroïne aux super-pouvoirs qui se trouve dans la capacité de faire taire toute personne malintentionnée. Bien sûr les terroristes y sont mentionnés. Dans ce triste contexte, ce roman m’a amené à réfléchir sur bien des points. Il n’y a aucun temps mort. L’auteur ne perd pas de temps et permet à son roman de maintenir un rythme soutenu grâce notamment à des chapitres très courts.

C’est certain que les évènements ont dirigé ma lecture, lui ont donné une saveur particulière. Mais je n’oublie pas que c’est aussi un roman à propos de l’adolescence. Certes Margot est un être à part mais elle a les envies de n’importe qu’elle jeune adulte de son âge. Elle est touchante par sa naïveté des petites choses de la vie malgré qu’elle connaisse les pires horreurs du monde et tentent de les vaincre chaque jour. Certes elle est invincible mais elle n’en reste pas moins un être humain et une femme douée de sentiments ce que semble oublier les gouvernants qui veulent l’utiliser pour servir leurs intérêts. Heureusement les personnages secondaires qui lui servent de « famille » font ce qu’ils peuvent pour la protéger. Je me suis beaucoup attachée à eux.

Lu dans un contexte particulier, je n’ai surement pas parcouru ce roman de la même manière que si je l’avais fait à un autre moment. Toujours est-il que je vous le conseille vivement car il a le mérite de faire réfléchir et pas qu’un peu. Servi par une plume et un style maitrisés, cette histoire saura vous toucher par son héroïne et ses protecteurs qu’on prend plaisir à suivre.

Fanny

Reines et dragons, anthologie dirigée par Sylvie Miller et Lionel Davoust – #1 Le dit du drégonjon et de son elfrie de Chantal Robillard

logo1Ce recueil de nouvelles comprend 12 textes autour du thème des reines et des dragons. Je lis moins de fantasy depuis quelques temps, c’est donc avec plaisir que j’ai accepté de participer à cette lecture commune avec Dawn, Marie et Anne, Nyxx et Dionysos. Nous allons lire une œuvre par mois pour ensuite la chroniquer. Ce livre commence en beauté par un grand nom de la fantasy française : Chantal Robillard.

Son récit prend la forme d’une sorte de poème à plusieurs voix : celles du drégon et celles des Elfries. Le style est très particulier comme venu d’un temps très ancien et d’une civilisation inconnue. Même s’il demande un temps d’adaptation, il est une vraie valeur ajoutée et apporte cohérence et vraisemblance au tout. La brièveté de ce texte ne m’a pas dérangé. A mon avis il doit prendre toute sa grandeur en étant lu à haute voix et servi par plusieurs personnes. Chantal Robillard signe là un très bel écrit car malgré le manque de détails qu’impose le format de la nouvelle, nous arrivons tout de même à s’imaginer les créatures et le contexte. L’auteure fait fonctionner l’imagination de son lecteur et lui permet de s’approprier complétement cette histoire.

Comme vous l’aurez compris, ce livre commence sur les chapeaux de roue avec un texte très original qui augure un ensemble éclectique. J’ai hâte de découvrir les autres auteurs et j’espère faire de belles découvertes.

Lu dans le cadre d’une lecture commune autour du receuil de nouvelles Reines et dragons organisé par Dawn.

Fanny

Mémoire d’elles de T. Greenwood

1411-memoires_orgRésumé de l’éditeur :  Massachussetts, années 1960. Billie et Eva ont du mal à se contenter du bonheur en sourdine que connaissent les mères au foyer. Malmenées par leurs maris, elles ne puisent aucun réconfort dans les joies de la vie domestique et se soutiennent pour faire face à l’adversité. Pour la première fois, elles trouvent quelqu’un avec qui partager leurs tourments, quelqu’un qui les comprend et leur redonne le goût de vivre. L’amitié qui les unit laisse bientôt place à des sentiments plus profonds. Et peut-être même à l’envie de tout recommencer. Mais ces deux femmes éprises de liberté peuvent-elles vraiment vivre un tel amour au grand jour?

Ce roman regorge de beaucoup de thématiques différentes et de messages mais c’est avant tout un roman d’amour déchirant. Celui de deux femmes qui ne souhaitent qu’une seule chose : vivre librement et sans entrave. Un chapitre sur deux se déroule dans notre présent, l’autre nous emporte dans l’Amérique des années 60. La toute-puissance du mari règne, et s’il le souhaite, il peut ne laisser aucune marche de manœuvre à sa femme qui n’a d’autre choix que de supporter un quotidien pour le moins compliqué. Il faut le dire ce n’est pas un roman très joyeux mais il a le mérite de faire réfléchir. Le constat est consternant puisqu’apparemment les mentalités et les préjugés pour certains concernant l’homosexualité n’ont pas l’air d’avoir beaucoup évolués depuis les années 60.

L’auteure a su tout à fait nous retranscrire les sentiments de ses personnages sans tomber dans le pathos. D’ailleurs, elle ne nous épargne aucune douleur en faisant vivre à Billie et Eva un vrai calvaire. Cette histoire m’a tenue en haleine du débout à la fin car je n’ai eu de cesse de vouloir tout connaitre du destin de ces deux femmes. J’avoue avoir été au bord des larmes à la fin. C’est bien écrit et les pages s’enchainent. On ne croirait pas que ce roman compte près de 500 pages. Je crois que cette histoire va me marquer mais encore plus Billie et Eva. Quel beau roman et quelle leçon de vie ! Je regrette seulement quelques redondances dans les pensées de l’héroïne et narratrice en conclusion de chapitre. C’est assez dommage car à mon sens T. Greenwood frôle la perfection.

Ce roman est franchement touchant. Le destin de ces deux femmes ne peut que donner à réfléchir et sera surement inoubliable pour moi. Malgré quelques petites redondances gênantes dans l’écriture, j’ai réellement apprécié cette lecture où je n’ai pas vu les pages se tourner.

Fanny

Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro

10359487_938129329549092_1575378840032022339_nRésumé de l’éditeur : Le vieux majordome Stevens a passé sa vie à servir les autres, métier dont il s’acquitte avec plaisir et fierté. C’est un homme qui se croit heureux, jusqu’à ce voyage qu’il entreprend vers Miss Kenton, l’ancienne gouvernante du château, la femme qu’il aurait pu aimer s’il avait su ouvrir ses yeux et son cœur… Une histoire belle et triste, au pouvoir de séduction rare, à la dignité des mots et des personnages, bouleversante, adaptée à l’écran par James Ivory, avec le succès que l’on sait et les inoubliables Anthony Hopkins et Emma Thompson.

Stevens, le personnage principal de ce livre, porte en lui et représente toute l’histoire et la grandeur d’une corporation bien particulière et à part qu’est le métier de majordome. Ce roman se déroule en 1956 mais il est saupoudré de beaucoup de charme et de nostalgie d’un autre temps. Et en effet, on sent qu’un tournant se déroule pour cette profession à ce moment-là. La plume de Kazuo Ishiguro est très belle. L’auteur a su à merveille se mettre dans la peau de son personnage et analyser sa façon de penser en toute pudeur. Stevens passe son temps à cacher ce qu’il ressent derrière son professionnalisme. Ce dernier le rend aveugle à tous messages sociaux ainsi qu’à tout fait qui pourrait le détourner de sa tâche.

En réalité, la quête de notre héros vers Miss Kenton a bien plus de sens qu’elle n’y parait. Elle va l’amener à se connaitre lui-même mais surtout à faire le point sur sa vie, sur ses actions passées et donc sur ses souvenirs. Mais parfois sa mémoire lui joue des tours. Toute cette réflexion va le mener à une conclusion à méditer et à réfléchir. Il s’agit également d’un personnage suranné, comme surgit d’un temps lointain. Malgré une certaine froideur (seulement de façade), il suffit de lire entre les lignes pour se rendre compte qu’il est aussi plein de sentiments. Le prouve d’ailleurs les moments rares et extrêmes où il ne peut retenir ses larmes. Certes cette retenue est franchement touchante mais on aimerait qu’il s’épanche enfin et réellement et surtout plus facilement.

Un beau roman sur la condition de majordome, sur le professionnalisme sans borne, sur un personnage touchant et sur l’histoire d’un amour manqué. J’ai apprécié la pudeur et la profondeur du personnage de Stevens sans que l’auteur ait besoin de tout nous dire directement mais plutôt en nous incitant à lire entre les lignes.

Lu en lecture commune avec Céline.

 Fanny

Maggy Garrisson, Tome 1 : Fais un sourire Maggy de Lewis Trondheim et Stéphane Oiry

BD-Maggy-Garrison-T1Résumé de l’éditeur : Même dans l’agence miteuse d’un détective alcoolique, un boulot, ça reste un boulot. Et depuis le temps qu’elle en cherche un, Maggy Garrisson veut bien faire quelques concessions. D’autant qu’il y a toujours moyen de se faire quelques billets, quand on est prêt à aider son prochain et qu’on sait faire preuve d’un minimum de présence d’esprit. Ce qui semble d’ailleurs sacrément manquer à Anthony Wight, son patron, qui s’est fait passer à tabac cinq jours après qu’elle eut commencé à travailler pour lui et qui ne reprend connaissance que pour lui demander de lui apporter son vieux portefeuille à l’hôpital. Menue monnaie, facturette, reçu de parking, coupons pour une salle d’arcade… Pas de quoi faire le déplacement, et pourtant, quand Maggy constate qu’elle est suivie dans la rue, elle flaire le coup fourré. Car sous leur aspect anodin, les coupons semblent susciter une vraie convoitise.

Dès sa sortie, j’ai souhaitais découvrir cette bande-dessinée. Le résumé et le style de la couverture m’ont tout de suite attirée. Cette histoire est ancrée dans le réel de nos sociétés, entre chômage et personnages parfois blasés. L’héroïne a un physique différent des canons dont on nous abreuve les yeux dans les médias. Par ce biais il est facile de s’identifier à Maggy car finalement elle peut être n’importe laquelle d’entre nous. Mais elle est également unique en son genre par ce petit quelque chose qui dénote. En effet, elle est franche, culottée, vive et ne semble avoir peur de rien. Elle semble parfois complétement inconsciente des conséquences de ces actes et est une opportuniste née. C’est donc un personnage original qu’on prend plaisir à suivre.

Maggy-Garrisson-T1-Fais-un-sourire-Maggy-3L’ambiance générale est assez sombre. Les couleurs choisies sont souvent foncées même si du rouge-orangé vient quelque fois contrebalancer le tout. J’avoue avoir beaucoup aimé le dessin sobre, sans fioriture mais expressif de Stéphane Oiry. Les dialogues sont bien sentis. Certaines phrases vont rester cultes. Même si le rythme est présent notamment grâce à un récit à suspens et à pas mal de mystères, il manque à mon avis d’un peu de peps ou d’un petit quelque chose pour faire totalement décoller le lecteur et l’histoire. C’est donc pour cette raison que j’ai une certaine hâte de lire le tome 2. Je souhaite ainsi en découvrir un peu plus Maggy et voir ce que les auteurs vont nous concocter.

Malgré un petit manque de peps pour me faire totalement adhérer à ce premier tome, c’est dans l’ensemble une réussite. Maggy Garrisson est un personnage atypique, les dessins sont réussis et l’ambiance bien marquée. Je suis curieuse de découvrir la suite.

Fanny

Seven Dials de Anne Perry

anne-perry-seven-dials-L-1Résumé de l’éditeur : Thomas Pitt, membre bien malgré lui de la Special Branch, un organe aussi puissant que mystérieux des services secrets britanniques, se voit confier une périlleuse affaire. On a surpris, dans le jardin d’une luxueuse demeure londonienne, la belle Égyptienne Ayesha Zakhari, maîtresse d’un ministre du gouvernement de Sa Majesté Victoria, transportant le corps d’un jeune diplomate, fraîchement assassiné. Détail embarrassant : le ministre se trouvait sur les lieux du crime. L’Empire, déjà aux prises avec des mouvements de grève et des émeutes dans le pays, se passerait bien des conséquences d’un tel scandale. Crime passionnel ou sordide piège politique ? Tout accuse la jeune étrangère mais Thomas Pitt se fie rarement aux apparences. Des champs de coton de la lointaine Égypte aux infâmes taudis londoniens, il va remuer terre et ciel pour découvrir la vérité, malgré un climat politique explosif…

Je vous présente la chronique du fameux tome des aventures de Charlotte et Thomas Pitt du mois. Je n’en reviens pas de notre fidélité et de notre ponctualité à lire cette série avec les copines. Notre assiduité sans borne nous a donc amené à lire ce 23e opus. Rien que ça ! Pour ne rien gâcher, il s’agit d’une très très bonne histoire. Anne Perry casse un peu les codes de ses précédents romans en nous offrant une enquête inédite entre Londres et Alexandrie en Égypte. Elle en profite d’ailleurs pour faire un peu disparaitre le cercle intérieur. C’est plutôt une bonne chose car j’avoue que je commençais à me lasser de son omniprésence. Ce tome est rythmé et rondement mené. On ne s’ennuie jamais en suivant les deux enquêtes distinctes qu’il comporte.

J’ai beaucoup aimé les descriptions physiques de Vespasia. Elle me parait être une dame avec beaucoup d’élégance grâce à ses tenues et à ses cheveux argentés. J’aimerais beaucoup lui ressembler en vieillissant (pas tout de suite tout de même…). Dans cet opus nous découvrons un nouveau trait de caractère de notre cher Thomas. En effet, nous avons à faire à un véritable aventurier qui a hâte d’enquêter à Alexandrie. Je suis impatiente de connaitre le suite de l’histoire de Gracie et de son soupirant. J’espère que nous assisterons vite à une union heureuse. Par contre, Emily est encore une fois aux abonnés absentes. J’aimerais beaucoup la retrouver dans une future enquête.

Comme vous l’aurez compris avec cet article, voici une enquête qui m’a beaucoup plu. J’espère qu’Anne Perry continuera sur cette lancée pour la suite de cette série. Rendez-vous dans quelques semaines après ma lecture de Long Spoon Lane.

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Claire, Bianca et Céline

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle, du challenge Quelques heures avec Anne Perry, et du challenge British Mysteries.

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Fanny