La cuisinière de Mary Beth Keane

516tr+d3g1LRésumé de l’éditeur : Immigrée irlandaise arrivée seule à New York, Mary Mallon travaille comme lingère avant de se découvrir un talent pour la cuisine. Malheureusement, dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde et certains en meurent. Mary, de son côté, n’en présente aucun symptôme. Des médecins finissent par s’intéresser à son cas, mais la cuisinière déteste qu’on l’observe comme une bête curieuse et refuse de coopérer. Les autorités sanitaires, qui la considèrent comme dangereuse, décident de l’envoyer en quarantaine sur une île au large de Manhattan. Commence alors pour Mary Mallon, femme indépendante, un combat à armes inégales pour sa liberté…

Dans cette biographie romancée, c’est le destin tragique d’une femme qui nous est raconté. En effet, Mary Mallon est déclarée comme premier cas découvert de porteur sain de la typhoïde. C’est une véritable tare car elle ne développe aucun symptôme tout en transmettant la maladie à son entourage par le biais de son métier de cuisinière. Les tabloïds (qui passent également sa vie intime au peigne fin) la surnomme même « Mary Typhoïde », une célébrité dont elle se serait bien passée. S’ensuit le combat de toute une vie pour tenter d’avoir un semblant de vie normale. Le contexte historique de la toute fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle est comme souvent passionnant. La médecine fait de belles avancées même si les conditions de vie dans certains quartier de New-York sont une vraie calamité et viennent donc contrecarrer tous ces efforts.

J’ai pris plaisir à suivre Mary Mallon dans sa vie de tous les jours mais également lors de ses retraites forcées sur l’île de North Brother Island. C’est aussi sa vie intime qui est montrée du doigt car pour ne rien arranger, elle vit avec un homme hors des liens du mariage pendant plusieurs années. Son histoire est triste même si quelques rayons de soleil viennent l’éclairer ici et là. On se doute qu’une grande part de fiction compose ce livre mais le travail de recherche n’est pas à oublier car il semble énorme pour retracer aussi précisément la vie de Mary. On ne lit pas un livre comme celui-ci pour trouver de l’action et des rebondissement à foison. C’est autant la vie d’une femme qu’une fresque sociale que l’auteur souhaite nous montrer et donc une certaine époque, une mentalité, une société et un fonctionnement.

J’ai été très intéressée de découvrir la vie de Mary Mallon. Ce n’est pas un livre joyeux ni très rythmé. Mais j’y ai trouvé ce que je cherchais. J’ai donc passé un bon moment de lecture en ayant l’impression d’avoir appris quelque chose.

Lu en lecture commune dans le cadre du challenge XIXe siècle.

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Fanny

Dalva de Jim Harrison

9782264016126Résumé de l’éditeur : Pour reprendre le contrôle de sa vie, Dalva s’installe dans le ranch familial du Nebraska et se souvient : l’amour de Duane, les deuils, l’arrachement à ce fils nouveau-né qu’elle cherche obstinément. Meurtrie mais debout, elle découvre l’histoire de sa famille liée à celle du peuple sioux et d’une Amérique violente. Chef-d’oeuvre humaniste, Dalva est un hymne à la vie.

Dalva est surement l’un des romans de Jim Harrison qui a le plus marqué son lectorat. En ce qui me concerne, je dois bien avouer que ma lecture a été semée d’embuche. Dalva commence par nous raconter son histoire. Elle retranscrit ses souvenirs comme ils lui viennent sans forcément de lien ni de trame chronologique. Certes cette spontanéité est légitime mais apporte aussi un côté brouillon que j’ai eu du mal à affronter. A plusieurs reprises lors de ma lecture je me suis demandée où Jim Harrison voulait en venir, quel message il souhaitait faire passer. J’ai l’impression d’être passé à côté de l’essence de cette histoire et de ce qui peut en faire, pour d’autres, un grand roman.

Malgré ma difficulté à rentrer totalement dans ce roman, j’ai su apprécier certaines choses : l’histoire personnelle de Dalva, les descriptions des grands espaces américains, la vie à la ferme du Nebraska, l’histoire de l’ancêtre de Dalva au côté des indiens (notamment les Sioux) opprimés et décimés. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé les quelques passages de son journal où il est témoin des atrocités réalisées par les deux parties. De grands noms indiens sont cités comme le célèbre Crazy Horse par exemple. Ce sont véritablement les dernières pages qui donnent tout son sens au roman. Dommage qu’il m’ait fallu attendre presque 500 pages pour que la lumière se fasse dans mon esprit…

Mon avis est mitigé concernant ce roman. J’ai aimé les grandes thématiques mais cela n’a pas suffit à me faire entrer totalement dans l’histoire de Dalva et de sa famille. Je retiendrais surtout le récit concernant son ancêtre ayant vécu au milieu des indiens. Un pan de l’histoire nord-américaine aussi terrible qu’intéressante.

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Fanny

Le Monde caché d’Axton House d’Edgar Cantero

9782264067340Résumé de l’éditeur : Âgé d’une vingtaine d’années, A. vient d’hériter d’Axton House, un mystérieux domaine niché dans les bois de Point Bless, en Virginie. A. ignorait pourtant avoir un parent éloigné nommé Ambrose Wells, et savait encore moins que le pauvre homme s’était récemment défenestré le jour de son 50e anniversaire, tout comme l’avait fait son père, au même âge, trente ans plus tôt. Quel sens donner à ces suicides ? Où est passé le majordome qui s’est enfui le jour de la mort d’Ambrose Wells ? Quel mystère abrite le labyrinthe du jardin ? Et que penser de cette rumeur qui voudrait qu’à chaque solstice d’hiver, sous le pâle halo lunaire, un mystérieux rassemblement s’y produise ?

J’ai commencé ce livre en ne sachant pas du tout dans quoi je mettais les pieds. Il s’agit d’un véritable OVNI de la littéraire. J’avoue n’avoir jamais rien lu de pareil auparavant. En effet, c’est en tout point original. D’abord l’auteur use de différents genres littéraires : épistolaire, thriller, science-fiction. Il mélange également et allègrement les différents types de narration : lettres, journaux intimes, extraits d’ouvrages, transcriptions de discussions, de vidéosurveillances, d’enregistrements audio et j’en passe surement. Ce roman est donc un véritable melting pot qui surprend et intrigue dès le départ. Mais toutes les pièces sont habilement mises les unes à la suite des autres pour donner un ensemble cohérent et une chronologie facile à suivre.

Le fond n’est pas exempt d’originalité et d’intérêt. En effet, Edgar Cantero nous introduit dans le giron d’une société secrète. Ce roman comprend aussi son lot de manifestations surnaturelles, d’engins étranges et de théories scientifiques. Le cadre spatio-temporel assure encore un peu plus le mystère de l’ensemble. Dès les premières pages, nous nous retrouvons dans un manoir de Virginie pour le moins délabré et inquiétant. L’auteur sait maintenir le suspens autour de ses personnages et de son intrigue. Il y a d’ailleurs quelque fois où il a bien failli me perdre. J’ai donc relu les quelques passages posant problème et le voyage s’est finalement plutôt passé sans embuche.

J’ai vécu une expérience hors du commun avec ce roman. C’est original, hors des sentiers battus et très mystérieux. Ce livre recèle nombre de genres et de formes littéraires. Malgré quelques complexités dans certaines explications, j’ai réussi à m’en sortir sans trop de mal.

Lu en lecture commune avec Élodie.

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Fanny

Black-out de John Lawton

9782264064417Résumé de l’éditeur : Londres, 1944. Alors que la Luftwaffe fait son assaut final sur la capitale britannique déjà exsangue, les Londoniens se précipitent dans les rues, cherchant un abri souterrain au cœur de la ville obscure. Lorsque le calme revient, d’autres horreurs refont surface… Un bras coupé est découvert par un groupe d’enfants jouant sur un site bombardé de l’East End ; et lorsque le sergent détective Frederick Troy de Scotland Yard arrive sur les lieux, il devient évident que le corps démembré n’est pas l’œuvre d’une fusée. Troy parvient à relier le bras coupé à la disparition d’un scientifique réfugié de l’Allemagne nazie. Il déterre alors une chaîne de secrets menant tout droit au haut commandement des Alliés, et pénètre les mystères d’un monde corrompu, peuplé de réfugiés apatrides et d’agents secrets.

Aujourd’hui, je vous présente ce livre qui est devenu un coup de cœur alors que je ne m’y attendais pas du tout. Avec ce polar, j’ai fait la découverte d’un nouvel enquêteur anglais se prénommant Frederick Troy. Ce dernier ne manque pas de charme, de clairvoyance et de courage. Il va braver tous les obstacles qui vont régulièrement lui barrer la route lors de son enquête. En effet, le rythme est soutenu et les rebondissements très présents. On ne s’ennuie pas une seule seconde tout en prenant plaisir à découvrir indices, preuves et autres témoignages qui nous mènent vers la chute finale. L’espionnage ajoute encore un peu de piment à l’ensemble.

Le cadre spatio-temporal n’est pas en reste. Le récit commence en 1944 pendant les bombardements allemands sur Londres pour se terminer en 1948 à Berlin. Tous les détails historiques sont un régal à lire et permettent une vraie plongée dans un temps ancien. Comme vous l’avez compris précédemment j’ai été séduite par Mr Troy dont j’ai aimé suivre les pérégrinations et le cheminement de pensées. Les personnages secondaires sont également excellents. Le lecteur se remet sans cesse en question car on ne sait à qui se fier ou non. Les faux semblants et les manipulations sont légion durant cette période troublée.

J’ai découvert un polar anglais très intéressant alors que je ne m’y attendais pas du tout. Je me suis très vite attachée à Frederick, à la plume de l’auteur ainsi qu’à sa façon maitrisée de construire son intrigue. J’ai aimé et j’ai hâte que 10/18 publie le second tome.

Lu dans le cadre de la masse critique de Babelio.

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Participation au challenge A year in England de Titine

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Fanny

Le carrefour des écrasés de Claude Izner

9782264034939Résumé de l’éditeur : Le carrefour des Écrasés porte bien son nom. Hiver 1891, le corps d’une femme y est découvert, défigurée, toute de rouge vêtue, pieds nus. Ce même jour, on livre à Victor Legris, un escarpin rouge, tapissé du papier à en-tête de sa librairie. Étrange coïncidence? L’enquetteur ès lettres est loin de se douter que les jeunes filles en fleurs cachent parfois de terribles secrets….

Je vous retrouve aujourd’hui avec le troisième tome des enquêtes parisiennes de Victor Legris. Je suis assez gênée puisque je reste encore une fois mitigée. J’aime les personnages et leur caractéristique, le contexte historique, l’intrigue et la chute finale. Mais l’écriture, le côté brouillon des 150 premières pages, certaines longueurs et le manque de fluidité ne me permettent pas de m’y plonger complétement et d’apprécier ma lecture autant que je le souhaiterais.

Comme lors des tomes précédent, l’enquête est assez longue et a du mal à se mettre en place. Une fois les différents aspects de l’intrigue bien installés, cela va déjà mieux. Jojo est un personnage délicieux. Avec sa mère, ils forment un duo pour le moins cocasse. C’est l’un de mes personnages favoris pour l’instant. J’aime le charme de Victor et son attachement à Tasha. Même si nous apprenons à connaitre Mr Mori d’opus en opus, il reste encore bien mystérieux.

Comme vous l’aurez compris, tout n’est pas négatif loin de là. Mais je pense tout de même arrêter là cette lecture commune car contrairement à mes compagnes de lecture, je ne suis pas emballée plus que cela. Je continuerais peut-être un jour, qui sait.

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Bianca, Le livre d’après et Camille.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny

La disparue du Père-Lachaise de Claude Izner

9782264034922Résumé de l’éditeur : Victor Legris est perplexe. Son ancienne maîtresse s’est volatilisée à la suite d’un étrange rendez-vous au cimetière du Père-Lachaise. Sa disparition aurait-elle un lien avec ce spiritisme tant en vogue, dont elle était devenue adepte? Dans le Paris gouailleur de 1890, ou le crime pousse à chaque coin de rue, Victor compte bien percer tous les mystères…

Mes collègues et moi-même sommes de retour avec une nouvelle lecture commune autour des aventures policières de Victor Legris. Il s’agit du second tome. Nous commençons donc à connaitre ce cher Victor qui n’est pas pour me déplaire. Enjôleur et intrépide, il est très agréable à suivre. Cet opus contient pas mal d’humour que ce soit par les dialogues ou certaines situations. Les personnages secondaires sont excellents. J’aime beaucoup Tasha et Joseph. A eux deux ils apportent beaucoup de fraicheur. Kenji Mori est encore bien mystérieux. Il semble entourer d’une aura infranchissable. J’espère en savoir plus à son propos dans les prochaines histoires.

Je regrette le côté brouillon de ce récit. En effet, durant les cent premières pages l’histoire part un peu dans tous les sens. Ensuite, le tout se recadre mais il faut quelque peu s’accrocher. J’ai apprécié le contexte général entre spiritisme et fausses pistes. Il ne faut jamais oublier que les apparences sont parfois trompeuses. Mr Legris va l’apprendre à ses dépends. L’enquête en elle-même m’a plutôt intéressée même si, je dois bien l’avouer, je reste fidèle à Anne Perry qui semble mieux maitriser le genre. La postface sous forme de notes historiques est une très bonne idée. Elle permet de faire le point sur la situation de l’époque. On y apprend d’ailleurs pas mal de choses.

Pour le moment, je reste mitigée à propos de cette série. Il y a du bon et du moins bon. J’espère que le prochain réussira à trancher cette sensation. J’apprécie particulièrement le contexte, les intrigues et les personnages. J’aime moins le côté brouillon des premières pages.

Lu en lecture commune avec Céline, Bianca, Le livre d’après, Camille, Laure et Claire.

Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny

Brooklyn de Colm Tóibín

9782264056481Résumé de l’éditeur : Années 1950. New York, terre d’exil et terre promise, s’étend à l’horizon. Alors qu’elle quitte l’Irlande pour travailler à Brooklyn, la jeune Eilis se perd dans cette ville anonyme. Mais bientôt, un drame la rappelle à son pays natal. Déchirée entre deux mondes, entre l’enfance et l’avenir, quels choix fera-t-elle pour imposer sa voie ?

Brooklyn conte l’histoire d’une irlandaise qui s’exile à New-York. S’en suit toute une adaptation, des rencontres, des états d’âme et des rebondissements. La terre américaine est un rêve pour beaucoup de jeunes de l’époque où une nouvelle vie semble possible. Eilis, pour sa part, se retrouve propulsée assez brutalement sur ce continent inconnu. La reconstitution historique est intéressante. Colm Toibin nous plonge dans ces années d’après-guerre où l’envie d’une nouvelle vie et de bonheur refait surface. Cependant, il m’a manqué une petite étincelle pour en faire un roman inoubliable. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à pointer du doigt ce qui a pu me manquer. Peut-être davantage d’explication, de profondeur ou de détail.

J’ai beaucoup aimé l’héroïne, Eilis. Elle a la tête sur les épaules, le sens des réalités et se remet sans cesse en question. Elle se retrouve confronter à un monde inconnu auquel elle doit s’intégrer : un travail, de nouvelles personnes, un nouveau toit et une nouvelle façon de vivre. C’est aussi un passage de sa vie qui va la mener de l’adolescence vers la vie de femme adulte. Elle va devoir faire des choix et se retrouvera régulièrement tirailler par ses sentiments. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et sont très bien croqués. L’auteur possède une belle écriture qui nous embarque avec facilité. On découvre le métier de vendeuse de l’époque, la mixité sociale de Brooklyn mais aussi une jeunesse pleine d’espoir.

Il s’agit d’un roman intéressant sur le parcours d’une jeune fille entre l’Irlande et l’Amérique, entre sa famille et sa nouvelle vie, entre sa culture et son adaptation à la vie new-yorkaise. Elle a su me toucher malgré un manque de détail général. Je suis impatiente de découvrir l’adaptation avec Saoirse Ronan dans le rôle principal car je suis convaincue que ce livre fera un très beau film. Rendez-vous en salles obscures le 9 mars 2016.

 Fanny