4 bandes dessinées, 3 avis, 1 billet

    

Culottées, Tome 1 et 2 de Pénélope Bagieu

Avec beaucoup de talent, Pénélope Bagieu nous propose de découvrir plusieurs portraits de femmes souvent oubliées par l’Histoire ayant suivi leur passion, bravé les interdictions et les convenances ou encore défendu des causes. Des destins plus ou moins heureux mais qui montrent qu’aucune barrière ne peut arrêter une femme dans son ascension. Vous l’aurez compris, ces deux bandes dessinées ont une véritable portée féministe. Pour ne rien gâcher l’ensemble est coloré et bien mené. Le schéma est toujours le même : une double-page blanche annonce le nom de la personnalité traitée suivie de plusieurs planches racontant sa vie. Chaque chapitre se termine par une superbe double page dessinée. Ces deux tomes sont très variés et évitent tout à fait la monotonie. Chaque femme à son univers bien à elle et c’est un plaisir à découvrir!

Agatha, la vraie vie d’Agatha Christie de Anne Martinetti, Guillaume Lebeau et Alexandre Franc

Cette bande dessinée commence sur les chapeaux de roue avec un évènement bien connue de la biographie d’Agatha Christie : sa disparition. Ensuite, nous suivons chronologiquement la vie de la Reine du crime avec tout de même quelques flashbacks qui permettent de donner un bon rythme à l’ensemble. Le récit tient donc la route et nous présente une femme moderne et indépendante. J’ai appris beaucoup d’éléments la concernant. Les dessins sont assez simples mais dotés d’un certain charme, colorés et agréables à regarder. Hercule Poirot (mais aussi Miss Marple dans une moindre mesure) s’évertue à titiller sa créatrice à l’image d’un petit diable sur une épaule. C’est assez drôle et surprenant. Une belle bande dessinée que je suis ravie d’avoir dans ma bibliothèque. C’est aussi un bel hommage à une autrice britannique majeure!

Mars Horizon de Florence Porcel et Erwan Surcouf

Je me passionne de plus en plus pour l’astronomie. Je suis Florence Porcel depuis quelques temps déjà. Ici, nous accompagnons plusieurs astronautes dans leur participation à un programme d’installation d’une communauté sur Mars. Il  y a beaucoup de rebondissements couplés à des passages d’émotion ou de stress intense. A mon sens, quelques longueurs auraient pu être évitées. Mis à part cela, cette bande dessinée est d’une bonne facture. Certes elle prend quelques libertés mais le cheminement est respecté et plusieurs notions sont expliquées. Je vous invite à regarder la série en 6 épisodes Mars pour découvrir ce qui est réellement prévu pour la colonisation de Mars. J’ai beaucoup aimé les références en tout genre notamment à The Big Bang Theory (t-shirt « Bazinga! »), à Retour vers le futur (le rover porte le nom de Delorean), à Star Wars (un écran enregistreur s’appelle O.Biwan) ou encore à l’astronaute Jean-François Clervois (l’héroïne s’appelle Jeanne Clervois) entre autres. On retrouve toute l’excitation et l’enthousiasme que Florence Porcel nourrit pour cette planète et ça c’est magique!

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Fanny

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Un océan d’amour de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione

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Résumé de l’éditeur : Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

Cette bande dessinée me tentait énormément depuis sa sortie. Entre les premiers visuels dévoilés et les avis élogieux, je ne pouvais passer à côté. Je me suis tout de suite prise au jeu de cet ouvrage muet. En effet aucun texte n’est présent : ni narration, ni dialogue. J’avoue m’être beaucoup amusée à imaginer les paroles avec les intonations qui vont bien et autres onomatopées dans ma tête. L’histoire est une vraie aventure qui bouscule la vie et les habitudes d’un vieux couple de bretons. Il y a du rythme et des rebondissements. Le tout est drôle, attendrissant mais aussi dramatique parfois. Le scénario est écrit d’une main de maître.

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Les planches sont superbes. Nous allons de petites vignettes en dessins en pleine page. Il n’y a ainsi aucune monotonie. Le rythme est sans cesse relancé. Chaque page nous donne l’occasion de découvrir tout plein de détails que les auteurs ont inséré ici et là. Les dessins sont superbes à la fois simple et travaillé. Le grain de l’ensemble est agréable à regarder. Les couleurs sont bien choisies avec ces camaïeux de bleu, de vert, de jaune. Le fait qu’il n’y ait aucun texte nécessite forcément de trouver une contrepartie afin que le lecteur comprenne ce qu’il se passe. Les expressions des personnages pallie en grande partie à ce manque.

Le parti pris est original et complétement assumé. Le challenge est une réussite. Cette bande dessinée muette est un petit bijou. Qu’il s’agisse du scénario, de l’ambiance, du dessin ou des couleurs, tout est soigné et pensé. A déguster !

Lu dans le cadre de « La BD fait son festival » par PriceMinister-Rakuten.

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Fanny

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

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Mauvais genre raconte la vie de Paul, un soldat français durant la Première Guerre mondiale qui fait le choix de déserter. Afin de ne pas finir parmi un peloton d’exécution, il décide de se travestir en femme et ainsi éviter de se cacher pendant de longues années. Son couple avec Louise sera mis à mal jusqu’à une descente aux enfers.

Ce roman graphique a fait beaucoup parlé de lui notamment grâce aux commémorations du centenaire de la guerre 14-18 mais aussi à son prix au festival BD d’Angoulême. C’est donc tout naturellement que j’ai eu envie de découvrir cette histoire. J’avoue ne pas avoir été préparée à ce que j’allais lire. J’ai été surprise du début à la fin par la tournure de l’intrigue. Au fil des pages, un glissement s’opère. Certains passages sont violents, sordides mais aussi terribles. Des thèmes finalement très actuels sont abordés notamment le genre et l’identité. Paul se prend au jeu d’être une femme à part entière. Ceci le mènera dans des situations inattendues. Les souvenirs de la guerre le suivent à chacun de ses pas et n’arrangent pas ses affaires.

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Les planches sont sombres : du noir, du blanc, du gris, du bleu foncé. Il n’y a finalement que le rouge d’un vêtement ou d’un drapeau qui ressort de temps en temps ; la couleur du sang, de la passion, de la douleur, de la féminité aussi. Les dessins m’ont également convaincu. Ils sont à la fois simples et éloquents. L’objet-livre est très beau avec sa couverture rigide et son illustration ainsi que la garde de couleur (il me semble que cet élément s’appelle comme cela) d’un rouge vif qui annoncent déjà le contenu.

Il s’agit d’un roman graphique surprenant et qui ne laisse pas indemne. C’est parfois dur, violent, poignant, déroutant et dramatique. Le scenario inspiré de faits réels nous tient en haleine. Une réussite sur un sujet et un contexte pas si facile que cela à aborder.

Lu dans le cadre du challenge Première guerre mondiale de Claire.

3257094219Lu grâce à Priceminister et à la librairie Pages Après Pages.

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Fanny