Le Seigneur des anneaux, Tome 1 : La fraternité de l’anneau de J. R. R. Tolkien [livre audio]

Résumé de l’éditeur : C’est un dangereux héritage que Bilbo Bessac cède à son neveu avant de disparaître : l’anneau de pouvoir forgé par Sauron et dérobé jadis à Gollum. Le mage noir n’aspire qu’à retrouver son arme et sa puissance, et déjà ses cavaliers font route vers le Comté… Pour leur échapper et détruire la menace que représente cet anneau, le jeune hobbit, Frodo, et ses compagnons commencent la périlleuse traversée de la Terre du Milieu, dans l’espoir d’atteindre la Faille du Destin, au cœur du Mordor.

Connaissant très très bien les adaptations, je souhaitais depuis longtemps découvrir l’œuvre originale du Seigneur des anneaux. L’opportunité s’est présentée grâce à la proposition d’Audiolib de me faire découvrir la lecture audio. Je me suis donc embarquée pour une aventure dont le retour est loin d’être une certitude. L’univers que J. R. R. Tolkien a imaginé est foisonnant de détails et d’anecdotes. Nous rencontrons d’abord les hobbits. Découvrir leur façon de vivre et leur Histoire dans les moindres détails est un vrai régal. Le récit s’assombrit ensuite petit à petit avec les effets de l’anneau maléfique, la traversée de terres hostiles et les premiers affrontements avec les orques.

J’ai particulièrement apprécié revivre la rencontre à Fondcombe de tous les personnages qui vont former la Fraternité de l’anneau. Ils sont tous si différents mais vont savoir s’unir pour une même cause et un intérêt commun. C’est ainsi que nous découvrons la culture et la langue enchanteresse des elfes, le savoir-faire et la loyauté des nains, la bonhomie et le courage des hobbits, la clairvoyance et la bravoure des hommes ainsi que l’intuition et le talent de Gandalf. Le moindre élément des us et coutumes des différents peuples est détaillé à l’extrême. Thierry Janssen réussit très bien à nous faire ressentir toute l’étendue du monde de Tolkien mais aussi et surtout de son style si poétique et finement ciselé.

J’ai adoré ma première expérience de lecture audio. Thierry Janssen a su m’emporter dans l’univers incroyable de J. R. R. Tolkien et dans une aventure palpitante. Les personnages sont comme je m’y attendais : charismatiques et hautement attachants. N’hésitez pas à profiter de l’offre d’un livre audio offert pour tester!

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  • Anges d’Apocalypse, Tome 1 : Le Tourment des aurores de Stéphane Soutoul
  • Cavalier vert, Tome 1 de Kristen Britain
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Fanny

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Une poignée de cendres d’Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : Une lady saisie par la débauche, son nobliau de mari perdu dans la jungle amazonienne et condamné à lire à voix haute les œuvres de Dickens pour ne pas mourir de faim… D’une cruauté indicible, en même temps que d’une folle drôlerie, Une poignée de cendres propose un voyage sans complaisance dans l’âme humaine. Jamais sans doute l’impertinence de l’auteur du Cher disparu et de Retour à Brideshead à l’égard de l’aristocratie de son pays ne s’était exercée avec autant de virulence. Et la critique vaudrait aussi bien aujourd’hui, envers telle ou telle figure de nos sociétés contemporaines. Pour nombre des fidèles du « clan » des admirateurs de Waugh, ce roman iconoclaste, classique de l’humour anglais, reste son plus grand chef-d’œuvre.

Depuis ma très belle lecture de Retour à Brideshead d’Evelyn Waugh, je souhaitais découvrir d’autres ouvrages de cet auteur britannique. J’ai sauté sur la sortie toute récente d’Une poignée de cendre pour retenter l’expérience. L’une des thématiques fétiches de l’auteur est le déclin de l’aristocratie britannique. Elle est donc tout naturellement et sans surprise présente ici. Evelyn Waugh prend un malin plaisir à égratigner cette catégorie sociale. Derrière le vernis des apparences, le délitement de l’aristocratie a de réelles conséquences sur ses plus jeunes membres vite perdus et sans repères que nous suivons entre l’Angleterre et l’Amazonie.

Les personnages ne sont pas épargnés par l’esprit caustique de leur créateur. En effet, Evelyn Waugh ne les ménage pas et fait preuve d’une cruauté assez effrayante envers eux. Malheureusement, cela les rend assez insaisissables. Quand je repense au pauvre Toni malmené et manipulé, j’en ai des sueurs froides. Les dialogues sont, quand à eux, aussi délicieux qu’effarants. On assiste à des situations dramatiques sans pouvoir rien y faire. Le tout est servi par une plume simple et efficace. L’auteur nous propose non pas une mais bien deux fins.

Une poignée de cendre est un roman assez particulier entre la satire, un certain réalisme et une cruauté envers des personnages assez insaisissables. Je suis heureuse d’avoir lu ce roman et d’avoir constaté le peu de limite que s’impose Evelyn Waugh. J’imagine que dans les années 30, une certaine catégorie sociale a dû regarder d’un assez mauvais œil la sortie de ce roman.

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Vous aimerez aussi découvrir :

  • La poursuite de l’amour de Nancy Mitford
  • Mr Ashenden, agent secret de Somerset Maugham
  • Retour à Brideshead d’Evelyn Waugh

Fanny

3 romans, 3 avis, 1 billet [spécial Agatha Christie]

Je continue mon challenge de lire un ouvrage d’Agatha Christie par mois dans l’ordre chronologique de parution. Je vous propose aujourd’hui mes avis concernant les trois ouvrages lus en ce début d’année.

Le train bleu

Résumé de l’éditeur : À bord du luxueux Train bleu qui emmène ses élégants passagers de Londres à la Riviera, la fille gâtée d’un millionnaire est sauvagement assassinée et ses bijoux volés. La piste du Marquis, un célèbre voleur de joyaux est aussitôt privilégiée. Mais cela ne satisfait pas Hercule Poirot qui, se trouvant à bord par le plus grand des hasards, va examiner de près l’entourage de la jeune femme.

Ce roman est la sixième enquête du très célèbre Hercule Poirot. C’est un mystère de plus à résoudre pour notre fin limier à bord d’un superbe train. Les allées et venues de chacun sont décortiquées, les paroles analysées et les comportements observés. L’enquête est intéressante et bien ficelée. Elle est notamment rythmée grâce à un saut dans le temps qui fait avancer les investigations. Comme à son habitude, Hercule Poirot est en grande forme et nous fait mariner dans diverses fausses pistes avant de nous annoncer son verdict. Cette enquête se déroule majoritairement en France. Agatha Christie n’hésite pas à se moquer ouvertement de nous autres, mangeurs de grenouilles! Certains personnages nous font lever les yeux au ciel par leur mentalité et leur stupidité. La Reine du crime possède un vrai don pour croquer des personnages plein de faiblesse et de travers.

Les sept cadrans

Résumé de l’éditeur : Une bande d’amis passe le week-end à la campagne. L’un d’eux a les plus grandes difficultés à se réveiller le matin et ses compagnons décident de lui jouer un tour. Ils placent huit réveils autour de sa chambre. Mais le lendemain le jeune homme n’apparaît toujours pas au petit déjeuner : il est retrouvé mort dans son lit et des huit réveils, il n’en reste que sept… Les enquêteurs feront bientôt un lien avec le célèbre night club de la région, « Les sept cadrans », et découvriront qu’il est le quartier général d’une bien étrange société secrète. 

Que feriez-vous si une inquiétante société secrète semait la terreur dans votre entourage? Eileen Brent (ou Bundle) ne réfléchit pas longtemps avant de se lancer sur les traces de personnages bien mystérieux. J’ai beaucoup aimé cette héroïne moderne, forte et fonceuse. J’espère la retrouver dans une nouvelle histoire car elle m’a fait forte impression. A noter également, le retour du superintendant Battle, un brin nonchalant, qui apparait déjà dans Le Secret de Chimneys. L’ironie, l’humour et le sens aigu pour brouiller les pistes d’Agatha Christie m’ont amusée. Les romans de cette dernière sont parfois sympathiques sur le moment mais plutôt oubliables à long terme. Les sept cadrans me laisse un ressenti bien plus enthousiaste grâce à une idée de départ assez originale.

Associés contre le crime

Résumé de l’éditeur : Tommy et Tuppence s’ennuient. Quoi de mieux qu’une agence de déctectives pour rompre le train-train de la vie quotidienne? Et les voilà lancés dans quinze aventures exaltantes mais périlleuses, dont ils sauront se sortir avec humour.

Après Mr Brown, j’attendais particulièrement de revoir Tommy et Tuppence Beresford dans une nouvelle enquête car j’avais éprouvé une certaine affection pour eux. Le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas été déçue. J’ai adoré retrouver ce couple plein d’humour, d’ironie et de facétie. Ils sont drôles certes, mais aussi courageux et opiniâtres. Une enquête principale se joue dans l’intégralité du livre et plusieurs petites affaires sont à résoudre pour nos deux héros sous forme de nouvelles. Ces dernières comportent plus ou moins d’enjeux et quelques chutes sont bien vues. Elles n’ont rien d’exceptionnel mais restent vraiment plaisantes à lire. Les dialogues entre Tommy et Tuppence sont délicieux et toujours vifs. Il est aussi question de littérature policière, certains titres ou personnages célèbres sont cités.

Vous aimerez aussi découvrir ces autres romans d’Agatha Christie :

  • Dix petits nègres
  • La mystérieuse affaire de Styles
  • Mr Brown

Fanny

Un assassin de première classe de Robin Stevens

Résumé de l’éditeur : Hazel et Daisy partent en vacances à bord de l’Orient-Express avec M. Wong. Une seule interdiction : jouer les détectives. Alors qu’un espion se cache dans le train, une riche héritière est assassinée dans une cabine verrouillée de l’intérieur. Le club de détectives est obligé de reprendre du service ! Attention, elles ne sont pas les seules sur l’affaire…

J’aime beaucoup lire un roman jeunesse une fois de temps en temps. Ce type de littérature regorge de petite pépite qu’il est très agréable à parcourir. Un assassin de première classe fait partie d’une série (il s’agit du troisième tome) mais peut très bien se lire indépendamment, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait. J’ai fait la connaissance de deux jeunes filles de 14 ans complétement inconscientes mais tellement courageuses et perspicaces. Elles se sont découvertes des talents de fin limier et ont donc créé le club de détectives Wells & Wong. Entre moments de tension, d’émotion mais aussi d’humour, je les ai suivies avec beaucoup d’intérêt.

Comme le titre et l’enquête le laissent deviner, il s’agit d’un hommage à Agatha Christie et à son célèbre roman Le meurtre de l’Orient-Express. A l’image de ce dernier, ce train mythique est ici plus vraie que nature. Il y a également quelques références à Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle. Je ne me suis jamais ennuyée. Sous la plume d’Hazel, nous sommes entrainés au cœur d’une double enquête dont le dénouement est pour le moins incertain. J’ai beaucoup aimé les descriptions des différents protagonistes et notamment des suspects. Ces derniers ont tous une caractéristique ou un signe distinctif particuliers qui brouillent les pistes.

Un assassin de première classe est un bon petit roman jeunesse mais aussi policier. Je me suis beaucoup amusée à suivre Hazel et Daisy. Les autres personnages ne sont pas en reste et sont très bien croqués. Et puis, il faut le dire, le cadre de l’Orient-Express provoque un certain émerveillement. J’espère avoir l’occasion de lire une autre enquête du club de détectives Wells & Wong.

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  • L’extraordinaire voyage de Sabrina de P. L. Travers
  • Miss Dashwood, nurse certifiée, Tome 1 : De si charmants bambins de Gwenaële Barussaud
  • The making of Mollie d’Anna Carey

Fanny

La chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan

Résumé de l’éditeur : 1940. Un paisible village anglais voit partir ses hommes au front. Restées seules, les femmes affrontent une autre bataille : sauver la chorale locale pour défier la guerre en chantant. Autour de Miss Primrose Trent, charismatique professeur de chant, se rassemble toute une communauté de femmes, saisie dans cet étrange moment de liberté : Mrs. Tilling, une veuve timide ; Venetia, la « tombeuse » du village ; Silvie, une jeune réfugiée juive; Edwina, une sage-femme qui cherche à fuir un passé sordide. Potins, jalousies, peurs, amours secrètes… Entre rires et larmes, Jennifer Ryan, s’inspirant des récits de sa grand-mère qui a vécu le conflit depuis un petit village du Kent, sonde les âmes de ce chœur que vous n’êtes pas près d’oublier.

La promesse d’un roman so british est toujours très attirante. Avec La chorale des dames de Chilbury, nous voilà directement transportés au cœur d’un petit village anglais. L’image bucolique de ce dernier est vite ternie par les troubles de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements allemands et les rumeurs d’invasion. Sauf exception, les hommes sont au front, les femmes se retrouvent donc maître à bord et vont devoir faire preuve de solidarité afin de continuer à faire vivre leur communauté. Jennifer Ryan navigue entre un ton badin (potins du village ou encore amourettes) et un ton plus grave (bombardements, décès d’habitants du village, mensonges, etc.).

Le style de l’auteur n’est pas ce que je retiendrais. Il est assez passe-partout. Le sujet est également assez classique et le contenu attendu. Ce roman reprend par exemple les mêmes ingrédients que la série Home fires, la chorale en plus. Cependant, j’avoue ne pas avoir boudé mon plaisir en lisant ce livre. Plusieurs personnages interviennent par le biais de leur journal intime ou de lettres. C’est assez vivant et permet de s’approcher au plus près des protagonistes et des évènements. L’auteur suggère bien que les cartes sont redistribuées et les vieilles traditions obsolètes. Certaines personnes vont bien devoir s’y faire et revoir leur copie.

J’ai passé un bon moment avec cette lecture détente même si elle ne ne révolutionne clairement pas le genre. La musique, par le biais de la chorale des dames de Chilbury, comme moyen d’adoucir les mœurs est au cœur du roman. Les petits et grands drames de cette époque troublée sont également bien présents.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux Albin Michel.

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  • L’été avant la guerre de Helen Simonson
  • Les jonquilles de Green Park de Jérôme Attal
  • Lettres à Stella de Iona Grey

Fanny

Rebelles honorables de Jessica Mitford

Résumé de l’éditeur : Jessica Mitford a décidé de l’écriture de ce livre à son retour dans la maison de sa mère en 1955, après vingt ans d’absence. « Sur les vitres des fenêtres, on pouvait voir encore les svastikas gravés dans le verre avec une bague en diamant, et pour chaque svastika, une faucille et un marteau soigneusement dessinés. Ma soeur Unity et moi les avions gravés quand nous étions enfants. » Cet étrange vestige de l’enfance donne accès à une réflexion sur les ravages concomitants produits par les familles, sur le mélange de rébellion et de sens de l’honneur qui a permis à Jessica Mitford de faire résonner dans le titre héréditaire d’honorable les tourments et les bonheurs de sa vocation d’écrivain. Émouvant et attachant, ce livre offre une réflexion ironique sur la passion « totalitaire » d’une famille aristocratique anglaise. Ce récit autobiographique de la plus rebelle d’entre les soeurs Mitford révèle une période cruciale du XXe siècle à travers leurs destins contrastés.

A force de vous partager mes lectures autour de la famille Mitford, j’espère ne pas vous agacer mais plutôt attiser votre curiosité. C’est pourquoi je vous présente aujourd’hui la passionnante autobiographie de Jessica Mitford. Cette dernière est la cinquième des six sœurs Mitford. Dotée d’un caractère bien trempé, d’une conscience politique qu’elle développe assez tôt et d’une grande humanité, Jessica va s’affranchir de son extraction sociale et ne pas hésiter à franchir les frontières afin de s’engager pour de grandes causes. Elle nous raconte son parcours avec humour, honnêteté, recul mais aussi une certaine pudeur. J’ai tout simplement adoré découvrir ce destin hors norme.

Jessica Mitford évoque son enfance cloitrée et son éducation aristocratique dans les diverses demeures occupées par ses parents. Vient ensuite le moment d’une émancipation assez brutale puisqu’elle va fuguer pour prendre part à la guerre d’Espagne en compagnie d’Esmond Romilly qu’elle va épouser ensuite. Le récit s’arrête à la mort de ce dernier au début de la Seconde Guerre mondiale. Jessica suggère beaucoup dans les dernières pages, ce qui les rendent d’autant plus déchirantes. J’aurais beaucoup aimé continuer le voyage en sa compagnie car je sais que sa vie ensuite fut foisonnante et pleine de combats aussi bien politiques que familiaux.

Jessica Mitford est une femme hautement inspirante, presque un modèle à suivre. Elle a fait preuve d’une véritable modernité en choisissant sa voie et en s’émancipant de sa famille. Son talent pour l’écriture permet une lecture passionnante, instructive et édifiante sur bien des points.

Vous aimerez aussi découvrir :

  • Ces extravagantes sœurs Mitford d’Annick Le Floc’hmoan
  • La poursuite de l’amour de Nancy Mitford
  • The Mitford murders de Jessica Fellowes

    Fanny

The Mitford murders de Jessica Fellowes

Résumé de l’éditeur : Christmas 1919. When Florence Nightingale’s goddaughter is murdered on a train, maid Louisa Cannon and eldest Mitford sister Nancy find themselves entangled in the crimes of a killer who will do anything to hide their secret… / Noël 1919. Lorsque la filleule de Florence Nightingale est assassinée dans un train, Louisa Cannon, une domestique, et Nancy, l’ainée des sœurs Mitford, se retrouvent enchevêtrées dans les crimes d’un meurtrier  prêt à tout pour cacher ses secrets…

Depuis plusieurs semaines et ma lecture de l’excellente biographie Ces extravagantes sœurs Mitford de Annick Le Floc’hmoan, je nourris une véritable curiosité concernant cette famille. Après avoir découvert le roman phare de Nancy (La poursuite de l’amour) et l’autobiographie de Jessica (Rebelles honorables), je continue mon exploration avec ce roman se déroulant en partie dans la propriété des Mitford. L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place. Jessica Fellowes prend comme point de départ un fait divers réel, celui de l’assassinat d’une infirmière dans un train le 12 janvier 1920. Tous les protagonistes nous sont présentés grâce à des chapitres propres à chacun. Dès les premières pages, nous sommes plongés juste après la Première Guerre mondiale au Royaume-Uni.

Une fois l’intrigue policière bien installée, Jessica Fellowes nous introduit dans la demeure type d’une famille aristocratique britannique à un détail près. En effet, les occupants d’Asthall Manor, c’est à dire les Mitford, sont un peu fantasques. Nous faisons plus particulièrement la connaissance de Nancy, l’ainée de la fratrie Mitford. Cette dernière n’hésite pas à prendre part à l’enquête policière en compagnie de Louisa, jeune domestique fraichement employée à Asthall. Les personnages sont attachants et intéressants à suivre. J’ai particulièrement aimé Guy Sullivan, membre de la police ferroviaire. Les traumatismes liés à la Première Guerre mondiale ont une place importante dans ce roman. Les anciens soldats sont détruits aussi bien physiquement que moralement.

J’ai beaucoup aimé ma lecture : aussi divertissante que prenante grâce à plusieurs points de vue, des personnages attachants, une enquête intéressante et une mise en avant des traumatismes de guerre. Le petit côté Charlotte et Thomas Pitt d’Anne Perry est très agréable! Pas de traduction française pour l’instant mais une autre enquête est déjà en cours de rédaction par Jessica Fellowes. Je suis impatiente de la découvrir!

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  • Dix petits nègres de Agatha Christie
  • La mort s’habille en crinoline de Jean-Christophe Duchon-Doris
  • Resurrection Row de Anne Perry

    Fanny

Lady Rose and Mrs Memmary de Ruby Ferguson

Résumé de l’éditeur : Lady Rose Targenet, later created the Countess of Lochlule, marries Sir Hector, owner of the estate next to ‘Keepsfield’, the palatial Scottish mansion where she lives. But one day she meets someone on a park bench in Edinburgh… ‘It’s a little book about dreams and the hard world of money and position and their relations to one another. It’s also a love story and a love letter – to Scotland’ (Candia McWilliam). // Lady Rose Targenet, plus tard Comtesse de Lochlule, se marie à Sir Hector, propriétaire du domaine proche de Keepsfield, le magnifique hôtel particulier écossais où elle vit. Mais un jour, elle rencontre quelqu’un sur le banc d’un parc d’Édimbourg… « C’est un petit livre sur les rêves et sur le monde difficile fait d’argent et de position et les relations de l’un à l’autre. C’est aussi une histoire d’amour et une lettre d’amour à l’Écosse » (Candia McWilliam).

L’une de mes résolutions pour 2018 est de lire davantage en anglais. Cette première lecture de l’année est tout à fait dans cet optique et j’en suis ravie. Pour vous situer un peu, Lady Rose and Mrs Memmary est édité chez Persephone Books. Il s’agit d’une maison d’édition mais aussi d’une librairie londonienne qui met en avant des femmes écrivains parfois oubliées du XIXe et du XXe siècle. Ce roman est une très belle lecture. J’ai particulièrement apprécié la plume simple, douce et pleine de sensibilité de Ruby Ferguson. Cette dernière nous introduit d’abord dans la superbe demeure écossaise de Keepsfield où nous avons droit à une véritable visite guidée de celle-ci. Se déroule ensuite, sous forme de flashbacks, l’histoire d’une jeune fille, Lady Rose, qui a vécu ici il y a plusieurs décennies.

Nous apprenons à connaitre Rose au fil des étapes de sa longue vie. Un lien fort entre le lecteur et elle se noue. Nous découvrons notamment son éducation dans le plus propre respect des convenances et de l’histoire de l’Écosse (le souvenir de Mary Stuart est d’ailleurs religieusement entretenu). Un destin tout tracé lui est fortement suggéré qu’elle va d’abord suivre. Le roman débute sur un ton mondain et badin pour se terminer dans l’émotion. Le grand attachement de nos deux héroïnes à l’Écosse mais aussi à leur demeure est vraiment palpable et impressionnant. J’ai assez vite deviner le dénouement de l’histoire mais je n’ai pas pour autant boudé mon plaisir. J’ai refermé ce livre avec un sentiment de nostalgie et d’avoir vécu un moment hors du temps.

Je suis passée tout proche du coup de cœur avec cette lecture. Je n’oublierais surement pas Lady Rose and Mrs Memmary de sitôt. Le parcours de Rose est touchant et représentatif d’une certaine époque. Ce roman n’a malheureusement pas bénéficié d’une traduction à ce jour et c’est bien dommage. Cependant, le niveau d’anglais est très abordable.

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  • La poursuite de l’amour de Nancy Mitford
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Fanny

La poursuite de l’amour de Nancy Mitford

Résumé de l’éditeur : Désireuses de conquérir leur destin, deux jeunes aristocrates anglaises aspirent à l’amour comme elles s’éprendraient d’un rêve. Tandis que l’une se précipite vers le mariage avec fougue, la seconde guette patiemment l’élu qui viendra bouleverser sa vie. Dans le trouble de l’avant-guerre débute alors un long apprentissage sinueux et passionné, à jamais universel.

Suite à mon excellente lecture de Ces extravagantes sœurs Mitford d’Annick Le Floc’hmoan, j’ai toute de suite voulu lire ce roman phare de Nancy Mitford. J’ai découvert un récit riche et plus profond qu’il n’y parait. Le contexte de la Guerre d’Espagne et de la Seconde Guerre mondiale (il est question de Dunkerque, de la capitulation de la France et de bombardements) est en toile de fond. Nous faisons la connaissance de Fanny (la narratrice) et Linda, deux jeunes filles de l’aristocratie britannique. Une naïveté forgée par leur éducation se dégage d’abord d’elles. Elles rêvent d’amour parfait et ne sont pas préparées à affronter la réalité. Elles vont apprendre à leur dépens qu’elle est souvent beaucoup plus compliquée. Éclairée de ce qui a précédé, la chute de cette histoire est d’une mélancolie saisissante.

Je suis très heureuse d’avoir lu la biographie très détaillée d’Annick Le Floc’hmoan avant de m’attaquer à l’œuvre de Nancy Mitford. Elle m’a permis de relever tous les détails autobiographiques. Ils sont très nombreux dans certains personnages, certaines situations et dans les convenances de la vie aristocratique et mondaine britanniques. Nancy est pleine de surprise car sans que l’on s’y attende un certain cynisme et une ironie font leur apparition. Son ton est parfois mordant. On se rend vite compte qu’elle pose un regard assez dur sur sa classe sociale et sur sa propre éducation.  Au fil des pages, les multiples facettes de ce roman lui font gagner en profondeur. La poursuite de l’amour contient des scènes très drôles (celle du labrador dans un bateau est excellente).

J’ai beaucoup aimé ce roman. Derrière l’humour et la plume acérée de Nancy Mitford, se cache la réalité bien moins reluisante de grandir au sein de l’aristocratie britannique. Fanny et Linda font leur entrée dans le monde sans grande connaissance de ce qu’est d’être adulte dans leur sphère sociale. C’est un roman finalement profond et empreint d’une certaine mélancolie sur la fin.

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Fanny

Avec vue sur l’Arno de E. M. Forster

Résumé de l’éditeur : Miss Bartlett ne s’en remet pas : pour son premier voyage à Florence, sa jeune cousine Lucy devait bénéficier d’une chambre avec vue. Comment la tenancière de leur pension a-t-elle pu si cruellement les décevoir ? Tandis que la jeune fille et son chaperon accusent ce terrible coup, M. Emerson et son fils George, également pensionnaires, ont l’impertinence de proposer leurs propres chambres, qui, elles, ont vue sur l’Arno. Son éducation prévient Lucy contre les Emerson, mais son instinct lui suggère que le mal n’est pas grand… Avec finesse et humour, E. M. Forster livre ici une délicieuse satire des préjugés et convenances ridicules qui contraignent les affinités naturelles. Au monde terne et étriqué de la bienséance, côté cour, s’oppose l’évasion promise par cette fameuse vue. Le récit du combat intérieur que mène Lucy pour dépasser ce confinement et affirmer ses désirs est une ode délicate et sensible à la liberté.

J’avais hâte de pouvoir découvrir ce grand classique de la littérature britannique contemporaine. Je ne regrette pas une seconde d’avoir ouvert ce roman tant il m’a plu par bien des aspects. L’histoire s’ouvre à Florence où nous faisons la connaissance de la jeune et vive d’esprit Lucy Honeychurch accompagnée de son chaperon, Charlotte Bartlett. Dans une première partie, E. M. Forster laisse le lecteur se faire sa propre idée à propos de l’héroïne. Il insinue beaucoup et pousse le lecteur à lire entre les lignes. Il donne ensuite les tenants et les aboutissants de la pensée de Lucy. Cette dernière est pleine de réflexion et d’observation sur sa condition de femme de l’époque édouardienne encore très empreinte de toutes les convenances et de la rigidité de l’ère victorienne.

E. M. Forster n’hésite pas à utiliser l’ironie pour décrire son temps, ses convenances parfois désuètes et le face à face entre l’ancienne et la nouvelle génération. C’est avec humour qu’il nous décrit diverses situations et fait intervenir des personnages truculents mais aussi détestables pour certains. J’ai beaucoup aimé suivre le glissement de la psychologie de Lucy imposée par son éducation vers une émancipation. Elle découvre son libre-arbitre et sa capacité à réfléchir par elle-même malgré toutes les barrières que son entourage tente de dresser autour d’elle. C’est une héroïne à la fois moderne mais aussi très humaine de par ses peurs. Je tenais également à noter les très belles descriptions de l’Italie qui m’ont complétement immergée dans ce beau pays.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman qui nous dépeint une héroïne et une époque finement analysées par l’auteur entre l’Italie et le Royaume-Uni. Suivre Lucy permet de se rendre compte de la difficulté d’être une jeune fille puis une femme au début du XXe siècle. Avec vue sur l’Arno a beaucoup de charme et mérite vraiment d’être lu.

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Fanny