Northanger Abbey de Jane Austen

Résumé de l’éditeur : Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

Plusieurs années sans lire un seul Jane Austen, quelle erreur! Northanger Abbey dormait paisiblement dans ma pile à lire depuis trois ans. En l’en sortant, j’étais certaine qu’il me plairait beaucoup connaissant déjà l’histoire par l’adaptation de 2007. Je ne me suis pas trompée, ma lecture fut un régal. J’avais presque oublié à quel point le style de Jane Austen pouvait être incisif et mordant mais non dénué d’humour. Elle ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à émettre son avis et à tourner en dérision bien des éléments de son époque. Jane Austen rend aussi un hommage à la littérature et plus particulièrement au roman ainsi qu’à l’imagination. Il s’agit d’une histoire presque en avance sur son temps mettant en scène une héroïne terriblement moderne.

Les personnages sont bien décrits et vivants. Certains sont plus caricaturés que d’autres. John Thorpe est tout simplement assommant à ne discuter que de chevaux sans arrêt. Il ne fait clairement pas le poids face à Henry Tilney, au caractère tempérer et réfléchi. Isabelle Thorpe est, quant à elle, assez pressante avec Catherine. Cette dernière va d’ailleurs apprendre à ses dépends que derrière les faux-semblants peut se dissimuler une vraie nature toute autre. Jane Austen nous introduit ici à Bath, haut lieu de villégiature pour toute la bonne société anglaise. Nous sommes introduits dans les rooms où les jeunes gens se rencontrent. Ce sont des lieux de distraction mais aussi de parade et de recherche de bons partis pour ses enfants.

Une héroïne attachante, une histoire moderne et une plume mordante, de quoi passer un très bon moment. J’ai également apprécié mon introduction dans les rooms de Bath du XIXe siècle. Je suis ravie d’avoir retrouvé Jane Austen et j’espère ne pas m’arrêter là car il me reste encore à lire Raison et sentiments concernant les romans majeurs de l’auteur.

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Fanny

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On Chesil Beach de Ian McEwan

Résumé de l’éditeur : It is July 1962. Edward and Florence, young innocents married that morning, arrive at a hotel on the Dorset coast. At dinner in their rooms they struggle to suppress their private fears of the wedding night to come… / [traduction personnelle] C’est l’été 1962. Edward et Florence, jeunes mariés innocents du matin même, arrivent à leur hôtel sur la côte du Dorset. Lors du dîner dans leur chambre, ils s’efforcent de réprimer leurs craintes secrètes de la nuit de noce à venir.

Ce roman est le tout premier que je lis de Ian Mc Ewan. Quelle belle surprise! En un peu plus de 150 pages, l’auteur déroule une histoire qui peut paraître banale de prime abord mais qui finit par receler bien des complexités. Le tête à tête de la nuit de noce de nos deux héros devient le moment où la réalité refait brutalement surface pour balayer les idéaux et les attentes. Ces derniers ne sont pas toujours au rendez-vous tout comme la personne avec qui nous sommes censés passer le reste de nos jours. Le contexte des années 60 fait régulièrement son apparition et explique en partie le blocage de ce tout récent mariage. Nous sommes avant la libération sexuelle dans une Angleterre qui a bien du mal à se détacher de ses convenances dépassées et obsolètes.

Ian McEwan fait tout autant preuve de sensibilité que de réalisme dans ses descriptions. Je suis passée par tout un panel d’émotions. Il est virtuose dans l’art de dépeindre la fébrilité, les incompréhensions, les maladresses, les peurs face à la sexualité mais aussi les attentes de Florence et d’Edward. Ces deux personnages sont très beaux et décrits d’une bien belle manière. Les différents points de vue nous permettent de cerner la situation au mieux sans jamais prendre partie pour l’un ou l’autre. Chacun a fini par attirer mon attention et ma sympathie. Edward m’a d’ailleurs particulièrement touchée dans les poignantes et saisissantes dernières pages.

Je suis ressortie bouleversée de cette lecture intense. Il s’agit surement d’une de mes plus belles lectures de 2018. Rien que ça! Après ce coup de cœur, je n’ai qu’une envie : dénicher un autre roman de Ian McEwan. J’attends également avec impatience de pouvoir voir l’adaptation avec Saoirse Ronan, une actrice que j’admire particulièrement.

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Fanny

101 things you need to know about suffragettes de Maggie Andrews et Janis Lomas

    

Résumé de l’éditeur : Suffragettes learned jiu-jitsu, repelled policemen with their hatpins, burnt down football stadiums and planted bombs. They rented a house near to Holloway Prison and sang rebel anthems to the Suffragettes inside. They barricaded themselves into their homes to repulse tax collectors. They arranged mass runs on Parliament. They had themselves posted to the Prime Minister, getting as far as the door of No. 10. Indomitable older members applied for gun licences to scare the government into thinking they were planning a revolution. Rebels. Warriors. Princesses. Prisoners. Pioneers. Here are 101 of the most extraordinary facts about Suffragettes that you need to know. / [traduction personnelle] Les suffragettes ont appris le ju-jitsu, ont repoussé des policiers avec leurs épingles à chapeau, ont mis le feu à des stades de football et ont posé des bombes. Elles ont loué une maison à côté de la prison d’Holloway et ont chanté des hymnes rebelles pour les suffragettes qui y sont enfermées. Elles se sont barricadées dans leur maison pour repousser les collecteurs de taxe. Elles ont organisé des intrusions de masse au sein du Parlement. Elles se sont postées devant le premier ministre, au plus proche de la porte du n° 10. Les plus vieux et indomptables membres ont demandé le permis de port d’arme pour effrayer le gouvernement dans l’idée qu’elles planifiaient une révolution. Rebelles. Guerrières. Princesses. Prisonnières. Pionnières. Ici, se trouve 101 des plus extraordinaires faits à propos des suffragettes que vous devez connaitre.

Ne sachant pas vraiment pas quel ouvrage commencer avec le mouvement des suffragettes, ce livre découvert sur Whoopsy Daisy (quel lieu de perdition…) est arrivé à point. Il s’agit d’un condensé sur le sujet, le développant de manière assez concise. Les 101 textes mélangent les évènements les plus anecdotiques à ceux les plus décisifs pour l’accord du droit de vote aux femmes britanniques. Une fois terminé, ce livre dresse le portrait d’une organisation bien huilée à la communication redoutable. Toutes les classes sociales sont représentées : aristocrates, classes laborieuses ou encore artistes. Les revers sont aussi expliqués et notamment les séquelles suite à de multiples arrestations, emprisonnements, nourrissages de force et autres tortures.

Emmeline Pankhurst et sa famille sont forcémment beaucoup représentées ici mais la place est également laissée à des personnes que je ne connaissais pas mais qui ont pourtant apporter leur pierre à l’édifice ainsi que mis leur vie en jeu pour une cause majeure. C’est assez incroyable de découvrir jusqu’où elles étaient prêtes à aller pour faire changer les choses et permettre aux femmes une certaine émancipation. Quelques hommes ont également participé, il serait dommage de les oublier. Chaque fait est détaillé sur une à deux pages. Il est à noter que l’ouvrage est richement illustré grâce à de belles images d’archives qui m’ont paru vraiment bien choisies et que je n’avais jamais vu pour la plupart.

Pour un spécialiste du sujet, ce livre ne représentera pas une grande nouveauté. Par contre, pour débuter, il s’agit d’une mine d’information. J’ai beaucoup aimé ma lecture aussi enrichissante qu’agréable à lire. Les illustrations ajoutent encore à l’intérêt que je porte au sujet. Une très bonne lecture.

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Fanny

Chère Mrs Bird de A. J. Pearce

Résumé de l’éditeur : Londres, 1941. À vingt-quatre ans, Emmy n’a qu’un rêve : devenir reporter de guerre. Un rêve qui semble sur le point de se réaliser lorsque la jeune femme décroche un poste au London Evening Chronicles. Enfin, Emmy va pouvoir entrer dans le vif du sujet, partir sur le front, se faire un nom au fil de la plume ! Las, c’est un poste d’assistante à la rédaction du magazine féminin Women’s Day qui lui est offert. La mission d’Emmy : répondre aux courriers des lectrices adressés à Mrs Bird, la rédactrice en chef du journal. Mais attention, la terrifiante Mrs Bird est très stricte, et seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse expéditive dans le poussiéreux journal. Un cas de conscience pour la jeune journaliste qui refuse de laisser ses concitoyennes en mal d’amour et de soutien amical, errer dans les limbes en raison du diktat imposé par une vieille conservatrice bon  teint. Et Emmy a un plan pour outrepasser l’autorité de Mrs Bird… Alors que la ville sombre peu à peu sous les bombes, Emmy va mettre sa carrière en jeu pour venir en aide aux femmes restées seules à l’arrière. L’heure de la résistance féminine a sonné !

Vous connaissez dorénavant très bien mon amour pour la culture britannique en général. C’est toujours avec plaisir que je commence un nouveau roman anglais. A. J. Pearce nous entraine dans le Londres secoué par les incessants et menaçants bombardements du Blitz. Nous suivons une jeune fille, Emmy Lake, aussi ambitieuse que courageuse. Elle partage son temps entre son bénévolat en tant que standardiste d’une brigade de sapeurs-pompiers et son nouveau travail qui ne va pas tout à fait être ce qu’elle espérait. En effet, son rêve de risque et de reportage de guerre s’éloigne, mais elle pense tout de même pouvoir apporter sa pierre à l’édifice en aidant des femmes en détresse par correspondance.

Derrière la légèreté et l’humour de façade, j’ai particulièrement apprécié le réalisme qu’apporte l’auteur dans ses descriptions d’un Londres soumis au danger aérien allemand. La peur, l’urgence et la perte sont forcement présentes. A. J. Pearce ne tombe ni dans la facilité ni dans le pathos. Cependant, la vie continue et le flegme anglais aide beaucoup. Les cartes sont rebattues concernant la place des femmes dans la société britannique. Le roman le montre bien par tous les personnages féminins qui nous sont présentés. Elles souhaitent faire leur propre choix et s’affranchir du carcan des convenances. Le seul bémol? Le style d’A. J. Pearce manque un peu de caractère pour totalement emporter mon adhésion.

J’ai apprécié les heures passées à lire ce roman. C’est une histoire d’amitié et de solidarité féminines devant les différentes menaces de la Seconde Guerre mondiale. Il est dommage que le style d’A. J. Pearce ne se démarque pas davantage afin d’apporter un peu plus de force et de charme à ce récit.

Lu grâce à la masse critique Babelio et à Belfond.

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Fanny

Affaires urgentes de Lawrence Durrell

Résumé de l’éditeur : Nommé en 1949 attaché de presse à l’ambassade de Sa Très Gracieuse Majesté britannique à Belgrade, Lawrence Durrell va y rester trois ans. Trois ans durant lesquels il observera tel un entomologiste le petit monde de la vie diplomatique. Tandis que la Yougoslavie tremble de peur sous la main de fer du maréchal Tito, les gaffes s’accumulent autour du narrateur : les coquilles foisonnent dans le Central Balkan Herald – un quotidien qui n’est jamais parvenu à rattraper un retard de vingt-quatre heures sur l’actualité –, le train des délégations étrangères se mue en convoi de la mort, la fête champêtre finit en naufrage, les repas cuisinés à l’ail virent à l’incident diplomatique… Dans ce bouquet de chroniques, il n’y a que du tordant, du loufoque et de l’impertinent. Et quand elle est britannique, l’impertinence est sans limites.

J’ai découvert Lawrence Durrell par le biais de la série britannique The Durrells, adaptation de la trilogie de Corfou écrite par Gerald Durrell, son frère cadet. Cet ouvrage-ci réunit trois recueils de nouvelles inspirées de l’expérience de l’auteur comme attaché de presse à l’ambassade anglaise de Belgrade entre 1949 et 1952. Comme il le dit lui-même, il s’est beaucoup ennuyé pendant ces trois années en Yougoslavie. Heureusement pour lui, des évènements drôles sont venus agrémentés son séjour et l’ont conduit à composer ces nouvelles. Ces dernières sont racontées par le biais d’un personnage fictif du nom d’Antrobus.

Lawrence Durrell nous introduit au sein de la diplomatie britannique avec humour, ironie et dérision. L’absurde n’est également jamais très loin. Dans un contexte assez tendu, nous assistons à des impairs qu’il faut absolument rattraper pour entretenir de bonnes relations entre les nations. Nous ne sommes finalement jamais très loin d’une crise diplomatique! J’ai beaucoup aimé l’écriture de Lawrence Durrell aussi vive qu’impertinente. Chaque nouvelle est un court sketch avec de nouveaux personnages et de nouvelles situations toujours très drôles. J’avoue bien volontiers m’être délectée de chacune d’entre elles et de leur chute.

Je suis assez friande de recueil de nouvelles. Celui-ci est réussi et m’a fait passer de belles heures de lecture. C’est très bien écrit et drôle. Je suis ravie d’avoir découvert le travail et la plume de Lawrence Durrell et j’espère bien ne pas m’arrêter là.

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Fanny

Le Seigneur des anneaux, Tome 1 : La fraternité de l’anneau de J. R. R. Tolkien [livre audio]

Résumé de l’éditeur : C’est un dangereux héritage que Bilbo Bessac cède à son neveu avant de disparaître : l’anneau de pouvoir forgé par Sauron et dérobé jadis à Gollum. Le mage noir n’aspire qu’à retrouver son arme et sa puissance, et déjà ses cavaliers font route vers le Comté… Pour leur échapper et détruire la menace que représente cet anneau, le jeune hobbit, Frodo, et ses compagnons commencent la périlleuse traversée de la Terre du Milieu, dans l’espoir d’atteindre la Faille du Destin, au cœur du Mordor.

Connaissant très très bien les adaptations, je souhaitais depuis longtemps découvrir l’œuvre originale du Seigneur des anneaux. L’opportunité s’est présentée grâce à la proposition d’Audiolib de me faire découvrir la lecture audio. Je me suis donc embarquée pour une aventure dont le retour est loin d’être une certitude. L’univers que J. R. R. Tolkien a imaginé est foisonnant de détails et d’anecdotes. Nous rencontrons d’abord les hobbits. Découvrir leur façon de vivre et leur Histoire dans les moindres détails est un vrai régal. Le récit s’assombrit ensuite petit à petit avec les effets de l’anneau maléfique, la traversée de terres hostiles et les premiers affrontements avec les orques.

J’ai particulièrement apprécié revivre la rencontre à Fondcombe de tous les personnages qui vont former la Fraternité de l’anneau. Ils sont tous si différents mais vont savoir s’unir pour une même cause et un intérêt commun. C’est ainsi que nous découvrons la culture et la langue enchanteresse des elfes, le savoir-faire et la loyauté des nains, la bonhomie et le courage des hobbits, la clairvoyance et la bravoure des hommes ainsi que l’intuition et le talent de Gandalf. Le moindre élément des us et coutumes des différents peuples est détaillé à l’extrême. Thierry Janssen réussit très bien à nous faire ressentir toute l’étendue du monde de Tolkien mais aussi et surtout de son style si poétique et finement ciselé.

J’ai adoré ma première expérience de lecture audio. Thierry Janssen a su m’emporter dans l’univers incroyable de J. R. R. Tolkien et dans une aventure palpitante. Les personnages sont comme je m’y attendais : charismatiques et hautement attachants. N’hésitez pas à profiter de l’offre d’un livre audio offert pour tester!

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Fanny

Une poignée de cendres d’Evelyn Waugh

Résumé de l’éditeur : Une lady saisie par la débauche, son nobliau de mari perdu dans la jungle amazonienne et condamné à lire à voix haute les œuvres de Dickens pour ne pas mourir de faim… D’une cruauté indicible, en même temps que d’une folle drôlerie, Une poignée de cendres propose un voyage sans complaisance dans l’âme humaine. Jamais sans doute l’impertinence de l’auteur du Cher disparu et de Retour à Brideshead à l’égard de l’aristocratie de son pays ne s’était exercée avec autant de virulence. Et la critique vaudrait aussi bien aujourd’hui, envers telle ou telle figure de nos sociétés contemporaines. Pour nombre des fidèles du « clan » des admirateurs de Waugh, ce roman iconoclaste, classique de l’humour anglais, reste son plus grand chef-d’œuvre.

Depuis ma très belle lecture de Retour à Brideshead d’Evelyn Waugh, je souhaitais découvrir d’autres ouvrages de cet auteur britannique. J’ai sauté sur la sortie toute récente d’Une poignée de cendre pour retenter l’expérience. L’une des thématiques fétiches de l’auteur est le déclin de l’aristocratie britannique. Elle est donc tout naturellement et sans surprise présente ici. Evelyn Waugh prend un malin plaisir à égratigner cette catégorie sociale. Derrière le vernis des apparences, le délitement de l’aristocratie a de réelles conséquences sur ses plus jeunes membres vite perdus et sans repères que nous suivons entre l’Angleterre et l’Amazonie.

Les personnages ne sont pas épargnés par l’esprit caustique de leur créateur. En effet, Evelyn Waugh ne les ménage pas et fait preuve d’une cruauté assez effrayante envers eux. Malheureusement, cela les rend assez insaisissables. Quand je repense au pauvre Toni malmené et manipulé, j’en ai des sueurs froides. Les dialogues sont, quand à eux, aussi délicieux qu’effarants. On assiste à des situations dramatiques sans pouvoir rien y faire. Le tout est servi par une plume simple et efficace. L’auteur nous propose non pas une mais bien deux fins.

Une poignée de cendre est un roman assez particulier entre la satire, un certain réalisme et une cruauté envers des personnages assez insaisissables. Je suis heureuse d’avoir lu ce roman et d’avoir constaté le peu de limite que s’impose Evelyn Waugh. J’imagine que dans les années 30, une certaine catégorie sociale a dû regarder d’un assez mauvais œil la sortie de ce roman.

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Fanny

3 romans, 3 avis, 1 billet [spécial Agatha Christie]

Je continue mon challenge de lire un ouvrage d’Agatha Christie par mois dans l’ordre chronologique de parution. Je vous propose aujourd’hui mes avis concernant les trois ouvrages lus en ce début d’année.

Le train bleu

Résumé de l’éditeur : À bord du luxueux Train bleu qui emmène ses élégants passagers de Londres à la Riviera, la fille gâtée d’un millionnaire est sauvagement assassinée et ses bijoux volés. La piste du Marquis, un célèbre voleur de joyaux est aussitôt privilégiée. Mais cela ne satisfait pas Hercule Poirot qui, se trouvant à bord par le plus grand des hasards, va examiner de près l’entourage de la jeune femme.

Ce roman est la sixième enquête du très célèbre Hercule Poirot. C’est un mystère de plus à résoudre pour notre fin limier à bord d’un superbe train. Les allées et venues de chacun sont décortiquées, les paroles analysées et les comportements observés. L’enquête est intéressante et bien ficelée. Elle est notamment rythmée grâce à un saut dans le temps qui fait avancer les investigations. Comme à son habitude, Hercule Poirot est en grande forme et nous fait mariner dans diverses fausses pistes avant de nous annoncer son verdict. Cette enquête se déroule majoritairement en France. Agatha Christie n’hésite pas à se moquer ouvertement de nous autres, mangeurs de grenouilles! Certains personnages nous font lever les yeux au ciel par leur mentalité et leur stupidité. La Reine du crime possède un vrai don pour croquer des personnages plein de faiblesse et de travers.

Les sept cadrans

Résumé de l’éditeur : Une bande d’amis passe le week-end à la campagne. L’un d’eux a les plus grandes difficultés à se réveiller le matin et ses compagnons décident de lui jouer un tour. Ils placent huit réveils autour de sa chambre. Mais le lendemain le jeune homme n’apparaît toujours pas au petit déjeuner : il est retrouvé mort dans son lit et des huit réveils, il n’en reste que sept… Les enquêteurs feront bientôt un lien avec le célèbre night club de la région, « Les sept cadrans », et découvriront qu’il est le quartier général d’une bien étrange société secrète. 

Que feriez-vous si une inquiétante société secrète semait la terreur dans votre entourage? Eileen Brent (ou Bundle) ne réfléchit pas longtemps avant de se lancer sur les traces de personnages bien mystérieux. J’ai beaucoup aimé cette héroïne moderne, forte et fonceuse. J’espère la retrouver dans une nouvelle histoire car elle m’a fait forte impression. A noter également, le retour du superintendant Battle, un brin nonchalant, qui apparait déjà dans Le Secret de Chimneys. L’ironie, l’humour et le sens aigu pour brouiller les pistes d’Agatha Christie m’ont amusée. Les romans de cette dernière sont parfois sympathiques sur le moment mais plutôt oubliables à long terme. Les sept cadrans me laisse un ressenti bien plus enthousiaste grâce à une idée de départ assez originale.

Associés contre le crime

Résumé de l’éditeur : Tommy et Tuppence s’ennuient. Quoi de mieux qu’une agence de déctectives pour rompre le train-train de la vie quotidienne? Et les voilà lancés dans quinze aventures exaltantes mais périlleuses, dont ils sauront se sortir avec humour.

Après Mr Brown, j’attendais particulièrement de revoir Tommy et Tuppence Beresford dans une nouvelle enquête car j’avais éprouvé une certaine affection pour eux. Le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas été déçue. J’ai adoré retrouver ce couple plein d’humour, d’ironie et de facétie. Ils sont drôles certes, mais aussi courageux et opiniâtres. Une enquête principale se joue dans l’intégralité du livre et plusieurs petites affaires sont à résoudre pour nos deux héros sous forme de nouvelles. Ces dernières comportent plus ou moins d’enjeux et quelques chutes sont bien vues. Elles n’ont rien d’exceptionnel mais restent vraiment plaisantes à lire. Les dialogues entre Tommy et Tuppence sont délicieux et toujours vifs. Il est aussi question de littérature policière, certains titres ou personnages célèbres sont cités.

Vous aimerez aussi découvrir ces autres romans d’Agatha Christie :

  • Dix petits nègres
  • La mystérieuse affaire de Styles
  • Mr Brown

Fanny

Un assassin de première classe de Robin Stevens

Résumé de l’éditeur : Hazel et Daisy partent en vacances à bord de l’Orient-Express avec M. Wong. Une seule interdiction : jouer les détectives. Alors qu’un espion se cache dans le train, une riche héritière est assassinée dans une cabine verrouillée de l’intérieur. Le club de détectives est obligé de reprendre du service ! Attention, elles ne sont pas les seules sur l’affaire…

J’aime beaucoup lire un roman jeunesse une fois de temps en temps. Ce type de littérature regorge de petite pépite qu’il est très agréable à parcourir. Un assassin de première classe fait partie d’une série (il s’agit du troisième tome) mais peut très bien se lire indépendamment, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait. J’ai fait la connaissance de deux jeunes filles de 14 ans complétement inconscientes mais tellement courageuses et perspicaces. Elles se sont découvertes des talents de fin limier et ont donc créé le club de détectives Wells & Wong. Entre moments de tension, d’émotion mais aussi d’humour, je les ai suivies avec beaucoup d’intérêt.

Comme le titre et l’enquête le laissent deviner, il s’agit d’un hommage à Agatha Christie et à son célèbre roman Le meurtre de l’Orient-Express. A l’image de ce dernier, ce train mythique est ici plus vraie que nature. Il y a également quelques références à Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle. Je ne me suis jamais ennuyée. Sous la plume d’Hazel, nous sommes entrainés au cœur d’une double enquête dont le dénouement est pour le moins incertain. J’ai beaucoup aimé les descriptions des différents protagonistes et notamment des suspects. Ces derniers ont tous une caractéristique ou un signe distinctif particuliers qui brouillent les pistes.

Un assassin de première classe est un bon petit roman jeunesse mais aussi policier. Je me suis beaucoup amusée à suivre Hazel et Daisy. Les autres personnages ne sont pas en reste et sont très bien croqués. Et puis, il faut le dire, le cadre de l’Orient-Express provoque un certain émerveillement. J’espère avoir l’occasion de lire une autre enquête du club de détectives Wells & Wong.

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Fanny

La chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan

Résumé de l’éditeur : 1940. Un paisible village anglais voit partir ses hommes au front. Restées seules, les femmes affrontent une autre bataille : sauver la chorale locale pour défier la guerre en chantant. Autour de Miss Primrose Trent, charismatique professeur de chant, se rassemble toute une communauté de femmes, saisie dans cet étrange moment de liberté : Mrs. Tilling, une veuve timide ; Venetia, la « tombeuse » du village ; Silvie, une jeune réfugiée juive; Edwina, une sage-femme qui cherche à fuir un passé sordide. Potins, jalousies, peurs, amours secrètes… Entre rires et larmes, Jennifer Ryan, s’inspirant des récits de sa grand-mère qui a vécu le conflit depuis un petit village du Kent, sonde les âmes de ce chœur que vous n’êtes pas près d’oublier.

La promesse d’un roman so british est toujours très attirante. Avec La chorale des dames de Chilbury, nous voilà directement transportés au cœur d’un petit village anglais. L’image bucolique de ce dernier est vite ternie par les troubles de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements allemands et les rumeurs d’invasion. Sauf exception, les hommes sont au front, les femmes se retrouvent donc maître à bord et vont devoir faire preuve de solidarité afin de continuer à faire vivre leur communauté. Jennifer Ryan navigue entre un ton badin (potins du village ou encore amourettes) et un ton plus grave (bombardements, décès d’habitants du village, mensonges, etc.).

Le style de l’auteur n’est pas ce que je retiendrais. Il est assez passe-partout. Le sujet est également assez classique et le contenu attendu. Ce roman reprend par exemple les mêmes ingrédients que la série Home fires, la chorale en plus. Cependant, j’avoue ne pas avoir boudé mon plaisir en lisant ce livre. Plusieurs personnages interviennent par le biais de leur journal intime ou de lettres. C’est assez vivant et permet de s’approcher au plus près des protagonistes et des évènements. L’auteur suggère bien que les cartes sont redistribuées et les vieilles traditions obsolètes. Certaines personnes vont bien devoir s’y faire et revoir leur copie.

J’ai passé un bon moment avec cette lecture détente même si elle ne ne révolutionne clairement pas le genre. La musique, par le biais de la chorale des dames de Chilbury, comme moyen d’adoucir les mœurs est au cœur du roman. Les petits et grands drames de cette époque troublée sont également bien présents.

Lu grâce à la masse critique Babelio et à Albin Michel.

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Fanny