Ciel d’acier de Michel Moutot

71kboci3fklRésumé de l’éditeur : Chalumeau en main, John LaLiberté, ironworker comme ses ancêtres, sectionne l’acier à la recherche de survivants. Les Twin Towers viennent de s’effondrer sous ses yeux. Depuis le premier rivet porté au rouge dans un brasero, jusqu’à la construction de la Liberty Tower, six générations de Mohawks ont bâti l’Amérique. La légende dit qu’ils n’ont pas le vertige. Peut-on apprendre à maîtriser sa peur ?

Je vous l’annonce tout de suite, ce roman m’a apporté de grands moments d’émotion. Dès les premières pages, j’ai su qu’il se placerait au rang des coups de cœur. Michel Moutot commence par nous plonger au plus près du chaos surréaliste des premières heures de la catastrophes du 11 septembre 2001 alors que les tours jumelles s’effondrent. On dit souvent que les images sont plus parlantes que les écrits. Cependant, je peux vous assurer que l’auteur nous immerge dans l’action avec brio et beaucoup de réalisme. Pour preuve, des frissons m’ont parcourue à plusieurs reprises. C’est l’histoire d’un pays meurtri dans ses symboles et de sa reconstruction. Mais c’est aussi et surtout le récit d’indiens du Canada ayant mis, au péril de leurs vies, leurs compétentes au service d’une nation. L’auteur rend un bel hommage à ces ouvriers trop souvent oubliés.

« Un pickup s’arrête, je saute à l’arrière. Sur Canal Street, dernier barrage, nous n’irons pas plus loin à pied. A partir d’ici, la chaussée, les trottoirs, les voitures, les arbustes, les lampadaires, les panneaux, les poubelles, tout disparaît sous dix centimètres de cendre grises, fines comme du talc. Un paysage d’hiver nucléaire, un film de science-fiction. Un Pompéi moderne. Comme les jours de neige sur New-York, la rumeur de la ville a disparu. Le silence est si profond qu’il bourdonne dans mes oreilles. Je n’entends pas le bruit de mes pas ; le mélange de poussières, de cendres, de feuilles de papier et de béton pulvérisé étouffe tout.«  (p. 22)

Nous suivons trois générations composées de personnages forts et ironworker de père en fils : du début d’une épopée d’assembleurs d’acier indiens d’une réserve Mohawk du Canada de la fin du XIXe siècle jusqu’à leur expatriation temporaire pour la construction des tours jumelles dans les années 60 et 70 pour finir avec le déblaiement suite aux attentats du 11 septembre 2001 et la construction du One World Trade Center dans les années 2000. A la fin du roman, la boucle est complète et se referme d’une superbe façon. C’est autant l’histoire d’une population, de ses croyances et d’un métier. Les techniques de construction et leurs évolutions nous sont expliquées. Michel Moutot s’y prend très bien en les insérant au roman sans aucune lourdeur, sans aucun ennui et en provoquant l’intérêt du lecteur vers un domaine auquel il ne se serait surement pas intéressé autrement.

Vous l’aurez compris à la lecture de cette chronique pour le moins dithyrambique, ce roman se positionne comme un véritable coup de cœur. J’ai tout aimé de la première page jusqu’à la dernière. La belle écriture et l’expérience de Michel Moutot en tant que correspondant durant les attentats du 11 septembre 2001 rehaussent le sujet et lui apporte un réalisme et une profondeur. J’ai appris beaucoup aussi bien historiquement que techniquement.

Retrouvez l’interview que l’auteur a bien voulu m’accorder :

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Points.

massecritiquelogo-point-createur-fdnoir-e1386848123480Vous aimerez aussi découvrir :

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Fanny

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12 commentaires sur « Ciel d’acier de Michel Moutot »

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