Ma grand-mère vous passe le bonjour de Fredrik Backman

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Résumé de l’éditeur : Elsa est une enfant solitaire. Sa seule amie est sa grand-mère, une femme fantasque, prête à tout pour faire rire sa petite-fille, même aux pires bêtises (entrer dans un zoo par effraction ; dire des insanités ; flirter avec des policiers) ! Moquée et persécutée à l’école, Elsa sait qu’elle trouvera toujours du réconfort auprès de Mamie, qui lui change les idées en lui racontant aussi de merveilleuses histoires. Puis, un jour, les contes s’arrêtent brutalement lorsque la vieille dame meurt. Elsa va alors faire son deuil en allant transmettre des lettres que sa grand-mère avait écrites pour de nombreux destinataires : lettres d’excuse, de regret et d’amour. Petit à petit, elle comprend que les contes de son aïeule s’inspiraient de personnages bien réels…

Voici un roman scandinave plutôt atypique où monde imaginaire et vie réelle s’entremêlent. L’un étant une métaphore de l’autre. Le récit se déroule principalement avec lenteur. Heureusement certains passages plein d’action et de révélations viennent redonner un peu de rythme à l’ensemble. J’ai regretté que l’histoire soit si longue à démarrer. En effet, dans la première partie du roman l’auteur prend beaucoup de temps à nous expliquer en détail le Pays Presqu’Eveillé qu’a inventé la grand-mère d’Elsa. C’est d’ailleurs parfois assez fastidieux à lire. J’avoue avoir largement préféré la seconde moitié de cette histoire où les personnages dévoilent ce qu’ils sont vraiment et où nous apprenons à mieux connaitre cette grand-mère si attachante.

Fredrik Backman nous embarque dans une véritable quête pour la petite héroïne qu’il nous présente. Elle va découvrir des secrets enfouis depuis des années. Son monde et ses certitudes vont se voir bouleverser et vont apposer une marque indélébile sur sa vie. Il s’agit d’un roman aux personnages extrêmement attachants. Elsa est une petite fille différente des autres enfants. Son intelligence, sa perspicacité mais aussi son caractère bien trempé en font une héroïne très forte qu’on prend plaisir à suivre. La grand-mère est un sacré numéro dans le genre impertinent, casse-cou mais avec un cœur énorme. De révélation en révélation, ce sont toutes les apparences qui volent en éclat.

Ce roman souffre de quelques défauts notamment à cause d’un récit inégal avec une seconde partie plus intéressante que la première ainsi qu’une lenteur dans la mise en place de l’histoire. Malgré tout, il s’agit d’une vraie leçon de vie où l’émotion, les révélations et les personnages charismatiques sont rois.

presse-citc3a9Fanny

Jeanne des falaises de Catherine Ecole-Boivin

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Résumé de l’éditeur : La belle Jeanne n’aime rien tant qu’arpenter les falaises sauvages de sa terre puissante, battue par les vents, caressée par les marées. Soumise depuis toujours aux ordres de sa mère, veuve inconsolable, et contrainte aux travaux des champs, Jeanne, d’une nature passionnée, s’évade grâce à ses lectures, à son amitié pleine de fantaisie avec Lara la voisine, et surtout à son amour pour Germain… Elle qui sera initiée par sa mère, accoucheuse à l’occasion, aux mystères de la vie n’enfantera jamais. Car il lui est défendu d’épouser Germain. Alors, dans le secret de leur presqu’île, les deux jeunes gens vont écrire leur singulière histoire

Aujourd’hui je vous retrouve avec un roman du terroir. Etant native de Normandie et passionnée par cette région, je ne pouvais tout simplement pas passer à côté de cette histoire qui se déroule dans le Cotentin. Ce genre de littérature nécessite forcément une plongée dans des coutumes, dans une époque, dans une autre manière de vivre. Ici, l’auteure a su retranscrire ce qu’était la vie durant la première moitié du XXe siècle dans une région battue par les vents. L’importance de la terre, de la famille, du respect des conventions sont des éléments centraux. Cependant, j’aurais adoré que Catherine Ecole-Boivin aille encore plus loin dans la description des paysages. Je n’ai pas suffisamment retrouvé la beauté sauvage de ce littoral.

Ce roman nous conte une histoire d’amour presque impossible. Jeanne est un personnage ambigu. Elle possède une certaine force de caractère tout en se laissant facilement manipuler et enfermer par sa mère. J’ai apprécié son attachement à son village et à ses falaises. Je connais bien ce sentiment même si j’ai fini par partir et suivre mon instinct. Pas un seul jour ne se passe sans que je ne pense à la Normandie et à l’océan. Je me suis finalement sentie proche d’elle. Je comprends son choix qui peut paraitre lâche et facile. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants. Le fil conducteur est clairement la découverte de la vie de Jeanne de sa naissance jusqu’à son décès. Il y a quelques rebondissements et une belle plume avec quelques mots de patois.

Il s’agit d’un livre qui m’a dans l’ensemble plutôt plu. Il aurait surement mérité un peu plus de profondeur et de descriptions. Jeanne est un personnage que j’ai su comprendre. Mention spéciale à la couverte qui est très réussie!

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Fanny

Bleu Gentiane de Madeleine Mansiet-Berthaud

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Résumé de l’éditeur : Fin du XIXe siècle. Seule ou presque, la belle Gentiane a désormais la lourde charge de la Vouivre, l’une des plus importantes fermes de la région. Son mari Clovis, père de leur petit Joris, n’est plus. Il est tombé des fameuses « échelles de la mort » lors d’une périlleuse tentative de contrebande, pratique alors courante dans ce pays franc-comtois niché entre montagnes et forêts. La jeune femme s’est résignée à accepter l’aide de Gildas, paysan expérimenté, qu’elle ne connaît que trop bien. En dépit de ses réticences, cette présence la rassure. Néanmoins, cette présence la rassure. Ce qui l’inquiète, ce sont ces étranges lettres anonymes qui lui parviennent, accompagnées de bouquets de gentianes…

Je lis très peu de romans du terroir. C’est surement une erreur puisqu’ils permettent souvent de faire connaitre une région de France ainsi que sa culture propre. Ce roman nous offre une belle plongée dans la campagne franc-comtoise du XIXe siècle. Les us-et coutumes de cette région nous sont dévoilés avec détails. L’est aussi la façon de vivre qui change en fonction des saisons. L’hiver on se retrouve autour du foyer et l’été les travaux des champs battent leur plein. La tradition des gabelous (ces personnes qui traverse la frontière vers la Suisse à leurs risques et périls pour rapporter des denrées en toute illégalité) est le point central mais aussi le point de départ du récit.

L’intrigue est plutôt intéressante dans l’ensemble même si elle manque tout de même de rythme et tire un peu en longueur. La chute est, quant à elle, prévisible. Mais le message qu’elle transmet est beau et donne un sens à l’histoire. La réaction de Gentiane face à la réception de lettres menaçantes d’un anonyme est assez crédible. Elle est inquiète et reste sur ses gardes. C’est une héroïne forte qui se bat contre les revers de la vie malgré l’omniprésence de la douleur. Elle est dans une période de transition et cherche sa place dans sa nouvelle vie. Les personnages secondaires ne sont pas en reste. J’ai beaucoup aimé la grand-mère Amélie. Il s’agit d’une personnalité bienveillante.

Malgré une intrigue prévisible et classique, j’ai passé un bon moment avec ce roman. J’ai apprécié les personnages, d’en apprendre davantage sur les habitudes des franc-comtois du XIXe siècle ainsi que les messages que délivre cette histoire. Dans la même collection, Jeanne des falaises m’attend. J’ai hâte de m’y mettre !

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Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle.

Fanny

Et toujours ces ombres sur le fleuve… de Nathalie de Broc / Rentrée littéraire 2014

9782258093270Résumé de l’éditeur : La petite Lucile a vu ses parents exécutés et jetés dans la Loire en cette tragique année 1793. Désormais, seul le désir de vengeance la tient en vie. Quel qu’en soit le prix… Lucile court. Sur les pavés de Nantes. Elle court pour oublier ce qu’elle vient de voir. L’innommable. Jamais elle ne parviendra à effacer le souvenir des siens jetés nus dans la Loire en cette année de Terreur 1793. Pas plus qu’elle n’oubliera l’homme qui a présidé au destin funeste de ses parents et de son frère Théo. Un seul but désormais pour la petite orpheline : assouvir sa vengeance.
A quel prix…?

Avec son nouveau livre, Nathalie de Broc a su me captiver et me donner l’envie d’en savoir toujours plus. Cependant, ce roman historique aurait peut-être mérité de mettre davantage en avant le contexte des noyades de Nantes sous la Terreur en nous offrant plus de détails et d’explications. De même qu’une cinquantaine de pages en plus n’aurait pas été de trop pour développer davantage certaines scènes ainsi que certains personnages. La fin est ouverte. C’est à nous d’imaginer un final heureux ou au contraire dramatique. L’intrigue est dans l’ensemble bien menée. Par contre le style ne m’a pas toujours paru très fluide. J’ai buté sur certains mots car l’auteure utilise un vocabulaire particulier qui nous plonge dans la fin du XVIIIe siècle dont elle nous distille pas mal de détails de la vie quotidienne.

Cette histoire nous présente une initiation à la vie. En effet, Lucile doit assumer une véritable quête afin de venger ses parents. Notre héroïne grandit et ceci pas seulement physiquement mais aussi moralement. Son point de vue sur la situation évolue. Elle est d’abord habitée par une vengeance dévastatrice pour se transformer finalement en une certaine sagesse. Certains personnages secondaires ne sont pas assez développer à mon goût. Par exemple, j’aurais beaucoup aimé en savoir davantage sur Louison, jeune fille que rencontre Lucile lors de son errance. Elle est très attachante mais finalement nous savons très peu de choses sur elle alors que l’auteure nous suggère un passé intéressant sans en dire davantage.

J’émets un avis plutôt positif sur ce livre. Il m’a franchement intéressé et tenu en haleine. J’ai aimé suivre la quête de l’héroïne. Cependant avec le recul il me laisse comme un goût de trop peu dans l’immersion historique et le manque de détails.

Lu grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Presse de la cité

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Fanny