Retour à Peyton Place de Grace Metalious

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Résumé de l’éditeur : Années 1950. Nouvelle-Angleterre. Après des débuts mouvementés, Allison MacKenzie connaît la gloire : son premier roman, Le Château de Samuel, est un immense best-seller. Mais le succès, si exaltant soit-il, peut avoir un goût amer quand l’adulation de la presse se mue en harcèlement quotidien. Seul l’amour clandestin qu’elle vit à New York avec Lewis, son éditeur, lui paraît sincère. Afin de se préserver, Allison se réfugie à Peyton Place, où vit toujours sa mère, Constance. C’est cependant à la haine de toute la ville qu’elle va se heurter une fois encore. Une haine féroce attisée par la jalousie…

Il y a un an, j’ai lu le premier opus de cette chronique acérée d’une petite bourgade des États-Unis. Très controversée à sa sortie en 1956, l’auteur a tout de même écrit la suite parue en 1959. Ce second roman est tout à fait différent du précédent. En effet, il est clairement autobiographique. Grace Metalious nous raconte la difficulté d’accepter un succès fulgurant ainsi que la critique parfois dure et acerbe par le biais de son héroïne Allison MacKenzie. Nous ne sommes plus uniquement dans un huis-clos à Peyton Place. Nous suivons Allison entre cette ville et New-York où une nouvelle vie et de nouveaux horizons s’ouvrent à elle.

Nous retrouvons Peyton Place comme nous l’avions laissé dans le premier opus. Les secrets, les commérages, les jalousies et les complots sont toujours de mise. Certains personnages secondaires sont toujours aussi agréable à détester. On voit l’évolution de chacun. J’ai d’ailleurs eu une sympathie particulière pour Selena que la vie n’épargne pas. De nouveaux protagonistes font également leur apparition. Grace Metalious défend ici les femmes et toutes les personnes qui ne cadrent pas avec une certaine normalité de façade. C’est très bien écrit. Ce livre se lit tout seul et très rapidement. Il manque tout de même la fougue et l’impertinence du premier tome.

C’est une bonne lecture lorsqu’on souhaite prolonger le voyage à Peyton Place. Ce second roman n’a certes pas le même ton coupant que l’original mais reste très agréable à lire. J’ai apprécié de retrouver Allison, sa famille mais aussi certains personnages secondaires. Les éléments autobiographiques sont une vraie valeur ajoutée.

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Fanny

Peyton Place de Grace Metalious

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Résumé de l’éditeur : Etats-Unis, années 40. Peyton Place est une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, aux apparences tranquilles. Le paysage est en réalité moins glorieux : derrière les façades proprettes des demeures victoriennes ou celles plus vétustes des maisons des faubourgs, de nombreux drames se jouent. Dans les beaux quartiers, la jeune Allison ignore tout du secret qui entoure sa naissance et du passé sulfureux de sa mère, la belle et froide Constance McKenzie. Tout ce qui lui importe pour le moment est l’amitié de la jolie Selena Cross, issue des taudis de la ville et qui subit les violences d’un beau-père alcoolique…

En Nouvelle-Angleterre, Peyton Place est une petite bourgade américaine imaginaire. Le récit débute en 1937 pour prendre fin en 1943. Grace Metalious met en place une ville qui parait banale dans les premières pages. Cependant elle ajoute avec brio du piment et secoue le tout pour en faire une critique acerbe de la société américaine des années 30 et 40. Le tout est bien écrit. L’auteure sait accrocher son lecteur et lui donner envie de savoir la suite des événements. Les rebondissements sont également nombreux. Il s’agit d’un beau pavé (presque 600 pages) qui se lit sans problème. Les chapitres sont courts et relancent sans cesse le rythme. L’écriture est acérée et franche. L’auteure n’épargne rien à ses personnages : ni les cas de conscience, les accidents, les violences, les trahisons.

Deux camps s’affrontent : les plus pauvres vivants dans des cabanes faites de bric et de broc dans une sorte de bidonville et les plus riches installés dans des rues cossues. Nous suivons tour à tour plusieurs protagonistes. Les points de vue sont donc multiples et permettent de découvrir le récit sous des angles bien différents. Il y a des personnages que j’ai préféré suivre : Allison MacKenzie, Selena Cross, Constance MacKenzie ou Matthew Swain. On se régale de tous ces petits vices, de toutes ces rumeurs et de certaines situations franchement ridicules. Par contre, à certains moments le lecteur rigole beaucoup moins tellement le tragique est présent. L’auteure brasse de nombreux thèmes : l’adolescence, les premières amours, la pression sociale, la place de la femme.

C’est un roman bien mené et sans langue de bois. La critique acerbe de la société y est très présente ainsi que certains thèmes difficiles. Les personnages sont pour la plupart attachants. Je comprends très bien qu’au moment de sa sortie dans les années 50 ce roman ait pu choquer.

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Fanny