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Le crime du golf de Agatha Christie

Il s’agit de l’Agatha Christie de mars lu dans le cadre de mon challenge personnel un Agatha Christie par mois. Cette seconde enquête d’Hercule Poirot m’a davantage convaincue que la première (La mystérieuse affaire de Styles). Cette histoire contient son lot de mystères et de personnages. Elle se déroule en France et est beaucoup plus maitrisée que la précédente mais aussi plus intéressante. L’humour est assez présent. Poirot et Hastings sont en grande forme et c’est peu de le dire! J’ai aimé le dénouement en lui même mais pas forcément la façon dont Agatha Christie le mène. En effet, la fin m’a paru un peu complexe. On passe rapidement d’une hypothèse à une autre. Ceci alourdit le récit dans les dernières pages. Elle s’évertue également un peu trop à perdre son lecteur et en oublie une certaine subtilité. Mis à part cela, ce fut une bonne lecture.

Stasi Child de David Young

Découvert il y a peu sur le blog de photographies Rotdenken, ce roman ne m’aura pas fait de l’œil très longtemps. Deux histoires parallèles amenées à se rejoindre nous sont exposées. Nous faisons d’abord la connaissance d’une enquêtrice de la RDA qui va devoir remonter le fil d’un meurtre mais aussi régler ses soucis maritaux. Son opinion à propos du régime pour lequel elle travaille va également évoluer au fil des pages. Puis, c’est au tour de Irma Behrendt de nous être présentée alors qu’elle se trouve dans la maison de correction de Prora. Le contexte spatio-temporel est très intéressant. Nous sommes en 1975 du côté Est du mur qui sépare Berlin mais aussi tout un pays. On apprend beaucoup à propos de la vie en RDA mais aussi de certaines pratiques. Il s’agit d’un roman à l’ambiance inquiétante mais franchement passionnant!

Les enquêtes d’Hercule Poirot de Agatha Christie

C’est maintenant le tour de l’Agatha Christie du mois d’avril. Ce premier recueil de nouvelles de la Reine du crime a été publié en 1924. Il regroupe 14 textes écrits en 1923. Le moins que l’on puisse dire est qu’Agatha Christie fut une autrice sacrément prolifique! Pour ses premières nouvelles et à mon sens, Agatha Christie ne se montre pas à la hauteur de l’exercice. De courts textes nécessitent d’être percutants tout comme leurs chutes doivent être marquantes. Ici, ce n’est pas le cas. Cela laisse malheureusement une impression de vite lu et vite oublié… Les thématiques et les types de personnage sont, à mon sens, trop redondants d’une nouvelle à une autre. Ces dernières restent tout de même divertissantes sur le moment et sont ponctuées d’humour, de bons mots et d’une ambiance délicieuse.

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Fanny

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Vice & vertu : Mon amie Odalie de Suzanne Rindell

97822650972231

Résumé de l’éditeur : Ce matin de 1924, quand Rose Baker, sténo-dactylographe au commissariat du Lower East Side, lève les yeux de sa machine à écrire, elle est saisie par la beauté, l’élégance et le magnétisme de sa nouvelle collègue. Elle n’est pas la seule, car Odalie envoûte tout le monde sur son passage. Pour Rose, jeune femme sans éclat, marquée par la rigueur de son éducation religieuse, cette rencontre signe le début d’une nouvelle vie. Et les deux femmes, pourtant aux antipodes l’une de l’autre, deviennent vite inséparables. Au contact d’Odalie, Rose perd ses repères, renie ses principes, découvre la grande vie et le monde interlope, celui des bars clandestins et des bootleggers. Mais bientôt, la fascination que Rose voue à son amie se meut en véritable obsession et les questions se bousculent : qui est vraiment Odalie ? D’où sort-elle tout cet argent qui lui permet de mener grand train ? Et pourquoi élude-t-elle toutes les questions sur son passé ?

Commençons par parler des personnages. Les deux héroïnes m’ont plu. Rose que nous rencontrons d’abord est le modèle type de l’« anti-héroïne ». Il s’agit de quelqu’un qui cherche absolument à être dans la norme et irréprochable. Elle souhaite surtout ne pas se faire remarquer et accomplir correctement son métier de dactylographe. A l’inverse, Odalie est mystérieuse, charmeuse et fêtarde. Aucun obstacle ne semble pouvoir l’arrêter. Ces deux femmes représentent vraiment ces années folles entre tradition et modernité de la société américaine. Cette dualité est d’ailleurs un point essentiel du roman. Elle va amener Rose à se poser beaucoup de question sur sa façon de vivre.

A certains moments, l’écriture a manqué pour moi d’un peu de style, de relief, de caractère et de personnalité. C’est d’ailleurs assez étrange car je suis allée lire plusieurs avis de lecteurs anglais. Ces derniers ne mentionnent pas ce que j’ai pu ressentir. Il s’agit peut-être de ma sensibilité ou de la traduction. Par contre, j’ai aimé le contexte historique décrit par petite touche ici et là. Nous sommes plongés dans le New-York de la prohibition qui provoque tout le contraire de l’effet souhaité. En effet, le lecteur se retrouve introduit dans des bars clandestins où l’alcool frelaté coule à flot.

L’auteure nous laisse mariner en nous dévoilant au compte goute le passé d’Odalie. Mais peut-on vraiment lui faire confiance ? Dit-elle la vérité ? Page après page le lecteur se rend compte que ce n’est pas si évident que cela. Une certaine tension s’installe au fur et à mesure avec un côté psychologique et noir dans certains passages. Les indices d’une future tragédie sont insérées avec subtilité. Dans l’ensemble j’ai trouvé ce roman bien mené. Il est également prenant car nous nous doutons bien que quelque chose se trame sans vraiment pouvoir le saisir. Finalement rien n’est clair ni limpide. La fin tragique m’a franchement convaincu et permet de réunir les pièces du puzzle.

Malgré une plume manquant d’un peu de personnalité, j’ai dans l’ensemble été surprise par cette lecture. L’ambiance, le contexte, les personnages et la chute ont su me tenir en haleine. Pour ma part, j’ai la couverture de l’épreuve non corrigé (ci-contre) que je trouve bien plus jolie que celle parue en librairie.

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Fanny