Le plus beau de tous les pays de Grace McCLeen / Rentrée littéraire 2013

Résumé de l’éditeur : « Mon nom est Judith McPherson. J’ai dix ans. Lundi, il s’est produit un miracle. »
Judith McPherson n’a pas grand-chose dans la vie. Elle vit avec son père John au pied des montagnes, dans une ville de « fenêtres cassées et d’hommes aux dents cassées », dans un pavillon silencieux, plein de reliques poussiéreuses, de souvenirs de sa mère qu’elle n’a jamais connue. Si la ville est entièrement gouvernée par l’économie des usines, les McPherson vivent sous l’autorité de la sainte Bible. Ils appartiennent à une secte, les Frères, qui étudient quotidiennement le texte et effectuent tous les dimanches du porte-à-porte dans les rues environnantes pour avertir de l’imminence de l’Apocalypse.

Victime de brimades à l’école, Judith trouve du réconfort dans la création, loin des regards, d’un monde en miniature avec des montagnes de papier mâché et des rivières en film alimentaire, des champs de velours côtelé marron et un miroir pour la mer. Judith l’appelle « Le Plus beau de tous les pays », d’après une phrase tirée du livre d’Ézéchiel. Un soir, Judith a une idée. Peut-être que si elle fait tomber la neige dans le plus beau de tous les pays, il n’y aura pas d’école le lundi. Lorsqu’elle ouvre les rideaux de sa chambre le lendemain, le monde par-delà sa fenêtre est devenu blanc. Et désormais, Dieu se met à lui parler. C’est là que les ennuis commencent. Les miracles ultérieurs de Judith sont plus équivoques que la neige, et surtout moins contrôlés… Et bientôt, c’est la situation des McPherson, déjà en butte au mépris du reste de la ville, qui s’en trouve bouleversée. Mais, diable, pourquoi Judith a-t-elle précisément été choisie par l’Être suprême ? Et que souhaite-t-Il réaliser grâce à elle ?

Attention chronique coup de cœur pour un roman atypique mais magistral !

Judith est une héroïne attachante et très sensible. Elle cherche une échappatoire à la culpabilité de la mort de sa mère que lui fait ressentir la grande tristesse de son père. On la suit dans ses doutes, ses pensées, ses peurs mais aussi tout l’espoir ou le désespoir qu’elle a en elle. Nous nous rendons vite compte de la difficulté pour elle de s’adapter au monde extérieur, de sortir de sa bulle, de grandir. Ce roman nous parle de tolérance, de pardon mais aussi de la difficulté de s’adapter à une certaine société et à un monde d’adulte. Elle apprend aussi beaucoup de ces erreurs et cherche à les réparer. Le père de la jeune fille est au départ plutôt antipathique. Mais nous apprenons, au fil des pages et par le biais de Judith, à l’apprivoiser, à l’apprécier et même à avoir de la sympathie pour ce personnage plein de faiblesses. Il agit souvent avec brusquerie avec sa fille mais on finit par comprendre quelles tracasseries le hantent et la protection maladroite qu’il veut apporter à sa chère Judith.

L’auteure a une magnifique écriture fluide et s’adapte à son personnage de petite fille de dix ans qui évolue et réfléchit très vite. J’ai vraiment aimé la mise en forme du récit avec ses chapitres courts qui ne permettent aucun temps mort et laisse place à un rythme soutenu et à une tension qui monte crescendo. Nous avons là un véritable page-turner que je n’ai pas pu lâcher pendant deux jours. Il se lit très vite car la sympathie pour Judith est tellement grande que nous voulons absolument connaitre son destin et la suite des évènements. Certains d’entre vous savent que je suis carrément hermétique à toute forme de religion (mais je reste très tolérante envers les croyants). Dans ce roman les allusions bibliques sont très nombreuses, elles sont toujours amenées avec beaucoup de délicatesse et donnent un sens à l’histoire et aux évènements à venir car Judith est en contact régulier avec Dieu.

Un roman touchant, atypique, haletant avec un suspens qui grimpe. Judith et son père sont des personnages attachants mais aussi étonnants. A eux deux, ils possèdent une force incroyable. Je le conseille à tous pour les leçons apportées qui remettent les pendules à l’heure. Notre petite Judith nous donne à travers sa vision des choses une belle leçon de vie. A lire et à réfléchir ensuite.

Merci aux éditions Robert Laffont – NiL, à Christelle ainsi qu’à Cécile pour l’envoi de ce roman.

 Fanny

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