Z, Le roman de Zelda de Thérèse Anne Fowler

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Lorsque les éditions Michel Lafon m’ont proposé ce livre pour un partenariat je n’ai pas hésité une seule seconde. Donc je tiens à les remercier chaleureusement pour cette envoi qui a largement comblé mes attentes. Ma chronique va être assez longue car j’ai beaucoup de choses à raconter. Veuillez m’en excuser…

1918, Zelda Sayre est une toute jeune débutante de 17 ans du sud des États-Unis qui fait son entrée dans le monde. Elle fait déjà les quatre-cents coups, charme les garçons de la région et développe un caractère bien trempé qui inquiète ses parents. Mais une rencontre va chambouler sa vie, celle de Francis Scott Fitzgerald. Ce jeune homme plein d’ambition rêve de devenir écrivain. Avec Zelda ils vont imaginer les projets les plus fous jusqu’au jour où tout ceci devient réalité. Et c’est à partir de là que la vie de Mrs Zelda Fitzgerald commence à New York dans un premier temps. Malheureusement, elle va vite se rendre compte que la vie d’épouse d’écrivain n’est pas ce qu’elle avait rêvé ni imaginé. Surtout quand on a à faire avec un mari possessif, alcoolique, mégalomane et séducteur. Cet homme va l’emmener dans une chute dont la seule issue sera la folie.

Zelda est un personnage très attachant. Sa vie houleuse a vraiment permis à l’auteur d’écrire sa biographie sous forme de roman. Nous la voyons d’abord naïve et croyant au grand amour. Puis elle mûrit et perd petit à petit de sa fraicheur face à ce mari autoritaire tantôt dépité par son manque d’inspiration tantôt euphorique à l’idée de son succés. On sent d’ailleurs un changement de ton dans le récit. En effet, Zelda devient de plus en plus frustrée car Scott la piège dans son rôle d’épouse et de mère alors qu’elle même a de nombreux talents à dévoiler (danse, peinture, écriture). Nous suivons notre héroïne dans les moments heureux, malheureux ou encore d’espoir. Ce roman est écrit à la première personne. C’est un peu comme si elle couchait ses pensées sur papier. Elle se confie à nous lecteur. On se sent vraiment proche d’elle.

En lisant ce livre, nous avons sous les yeux une véritable fresque des années folles et plus largement des années d’entre deux guerres. L’auteure a une grande capacité à nous décrire avec détails les intérieurs, les vêtements, les ambiances qui règnent dans les hôtels et autre endroits visités. C’est aussi un voyage permanent entre le sud des États-Unis, New-York, Paris, la Riviera française mais aussi l’Italie. L’auteure nous introduit également dans les cercles littéraires, cinématographiques et plus généralement artistiques de cette époque. Nous croisons Picasso, Serge de Diaghilev, Matisse et Hemingway pour ne citer que les plus connus.

La condition de la femme dans ces années est au cœur de ce roman. Zelda souhaite une émancipation sans l’obtenir. Il s’agit d’une période difficile pour la femme entre tradition et modernité. Par exemple, certains personnages secondaires sont lesbiens ou encore suffragettes engagées dans la lutte pour le droit de vote et l’entrée en politique des femmes. Nous rencontrons également Coco Chanel qui a participé à l’émancipation de la femme dans la mode avec des coupes de vêtements à la garçonne et l’adaptation du pantalon. La femme, et ici Zelda, fait aussi souvent l’objet de diagnostics médicaux et psychiatriques obscurs la plupart du temps erronés notamment en ce qui concerne les troubles dépressifs. Ceci m’a d’ailleurs laissé assez perplexe.

Passons aux quelques bémols qui n’ont pas vraiment entaché ma lecture. J’ai trouvé la fin assez précipitée. Les dix dernières années de la vie de Zelda ne sont résumées qu’en quelques pages. Elle concerne principalement sa dépression et ses nombreux internements en hôpitaux psychiatriques et en sanatorium. J’aurai beaucoup aimé que cette facette de son histoire soit plus développée. Il y a également parfois quelques longueurs mais très vite le rythme reprend donc rien de dramatique.

Pour conclure, ce roman est divertissant, instructif et très enrichissant. La traduction me semble excellente. Il possède de grandes qualités romanesques mais aussi biographiques et historiques. Je suis d’ailleurs allée lire d’autres textes sur ce couple par curiosité et il semblerait que ce roman se rapproche d’assez près de la réalité historique. Une très belle surprise!

Sortie le 2 mai 2013

Scott et Zelda Fitzgerald aux alentours du début des années 20

Fanny

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7 commentaires sur « Z, Le roman de Zelda de Thérèse Anne Fowler »

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